Fables de Florian

Florian · Chapitre 76 sur 100

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Fables de Florian

FABLE XVIII. Le Miroir de la Vérité.

Prendre leur repas ordinaire.

L'angora ne bougeait. Alors mes étourdis

Pensent qu'ils lui font peur; l'orateur de la troupe

Parle des chats avec mépris.

On applaudit fort, on s'attroupe,

On le proclame général.

Grimpé sur un boisseau qui sert de tribunal: Braves amis, dit-il, courons à la vengeance. De ce grain désormais nous devons être las, Jurons de ne manger désormais que des chats: On les dit excellens, nous en ferons bombance. A ces mots, partageant son belliqueux transport, Chaque nouveau guerrier sur l'angora s'élance,

Et réveille le chat qui dort.

Celui-ci, comme on croit, dans sa juste colère,

Couche bientôt sur la poussière

Général, tribuns et soldats.

Il ne s'échappa que deux rats

Qui disaient, en fuyant bien vîte à leur tanière:

Il ne faut point pousser à bout

L'ennemi le plus débonnaire;

On perd ce que l'on tient quand on veut gagner tout.

 

FABLE XVIII.

Le Miroir de la Vérité.

Dans le beau siècle d'or, quand les premiers humains,

Au milieu d'une paix profonde,

Coulaient des jours purs et sereins,

La Vérité courait le monde

Avec son miroir dans les mains.

Chacun s'y regardait, et le miroir sincère

Retraçait à chacun son plus secret desir

Sans jamais le faire rougir: