Fables de Florian

Florian · Chapitre 67 sur 100

Pages du PDF

Fables de Florian

FABLE VII. Le Pacha et le Dervis.

Que notre sort est différent!

On vous cherche, on me fuit: si l'on peut, on me tue;

Et vous, aussitôt qu'on vous prend,

Loin de craindre votre blessure,

L'homme vous donne de son sang

Une ample et bonne nourriture:

Cependant vous et moi faisons même piqûre.

La citoyenne de l'étang

Répond: Oh que nenni, ma chère,

La vôtre fait du mal, la mienne est salutaire. Par moi plus d'un malade obtient sa guérison. Par vous tout homme sain trouve une mort cruelle. Entre nous deux, je crois, la différence est belle:

Je suis remède, et vous poison.

Cette fable aisément s'explique:

C'est la satire et la critique.

 

FABLE VII.

Le Pacha et le Dervis.

Un arabe, à Marseille autrefois, m'a conté

Qu'un pacha turc dans sa patrie

Vint porter certain jour un coffret cacheté

Au plus sage dervis qui fût en Arabie.

Ce coffret, lui dit-il, renferme des rubis,

Des diamans d'un très-grand prix:

C'est un présent que je veux faire

A l'homme que tu jugeras

Être le plus fou de la terre.

Cherche bien, tu le trouveras.

Muni de son coffret, notre bon solitaire

S'en va courir le monde. Avait-il donc besoin