Fables de Florian
FABLE V. Le Rossignol et le Paon.
Dans les combats pourraient servir;
Et cependant l'homme nous chasse,
Nous méprise, nous hait, et nous force à le fuir.
Ami, répond le dromadaire,
De notre sort ne soyez point jaloux;
C'est peu de servir l'homme, il faut encor lui plaire. Vous êtes étonné qu'il nous préfère à vous: Mais de cette faveur voici tout le mystère,
Nous savons plier les genoux.
FABLE V.
Le Rossignol et le Paon.
L'aimable et tendre Philomèle,
Voyant commencer les beaux jours,
Racontait à l'écho fidèle
Et ses malheurs et ses amours.
Le plus beau paon du voisinage,
Maître et sultan de ce canton,
Élevant la tête et le ton,
Vint interrompre son ramage:
C'est bien à toi, chantre ennuyeux,
Avec un si triste plumage,
Et ce long bec, et ces gros yeux,
De vouloir charmer ce bocage!
A la beauté seule il va bien
D'oser célébrer la tendresse:
De quel droit chantes-tu sans cesse?
Moi, qui suis beau, je ne dis rien.
Pardon, répondit Philomèle:
Il est vrai, je ne suis pas belle;