Fables de Florian

Florian · Chapitre 44 sur 100

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Fables de Florian

FABLE V. Le Rossignol et le Paon.

Dans les combats pourraient servir;

Et cependant l'homme nous chasse,

Nous méprise, nous hait, et nous force à le fuir.

Ami, répond le dromadaire,

De notre sort ne soyez point jaloux;

C'est peu de servir l'homme, il faut encor lui plaire. Vous êtes étonné qu'il nous préfère à vous: Mais de cette faveur voici tout le mystère,

Nous savons plier les genoux.

 

FABLE V.

Le Rossignol et le Paon.

L'aimable et tendre Philomèle,

Voyant commencer les beaux jours,

Racontait à l'écho fidèle

Et ses malheurs et ses amours.

Le plus beau paon du voisinage,

Maître et sultan de ce canton,

Élevant la tête et le ton,

Vint interrompre son ramage:

C'est bien à toi, chantre ennuyeux,

Avec un si triste plumage,

Et ce long bec, et ces gros yeux,

De vouloir charmer ce bocage!

A la beauté seule il va bien

D'oser célébrer la tendresse:

De quel droit chantes-tu sans cesse?

Moi, qui suis beau, je ne dis rien.

Pardon, répondit Philomèle:

Il est vrai, je ne suis pas belle;