Fables de Florian

Florian · Chapitre 56 sur 100

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Fables de Florian

FABLE XVII. Le Hibou, le Chat, l'Oison et le Rat.

FABLE XVII.

Le Hibou, le Chat, l'Oison et le Rat.

De jeunes écoliers avaient pris dans un trou

Un hibou,

Et l'avaient élevé dans la cour du collége.

Un vieux chat, un jeune oison,

Nourris par le portier, étaient en liaison

Avec l'oiseau; tous trois avaient le privilége D'aller et de venir par toute la maison.

A force d'être dans la classe,

Ils avaient orné leur esprit,

Savaient par cœur Denys d'Halicarnasse

Et tout ce qu'Hérodote et Tite-Live ont dit. Un soir, en disputant, (des docteurs c'est l'usage) Ils comparaient entre eux les peuples anciens. Ma foi, disait le chat, c'est aux Égyptiens

Que je donne le prix: c'était un peuple sage, Un peuple ami des lois, instruit, discret, pieux,

Rempli de respect pour ses dieux;

Cela seul à mon gré lui donne l'avantage.

J'aime mieux les Athéniens,

Répondait le hibou: que d'esprit! que de grace!

Et dans les combats quelle audace!

Que d'aimables héros parmi leurs citoyens! A-t-on jamais plus fait avec moins de moyens?

Des nations c'est la première.

Parbleu! dit l'oison en colère,

Messieurs, je vous trouve plaisans:

Et les Romains, que vous en semble?

Est-il un peuple qui rassemble

Plus de grandeur, de gloire, et de faits éclatans?

Dans les arts, comme dans la guerre,

Ils ont surpassé vos amis.

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