Fables de Florian
FABLE IV. L'Habit d'Arlequin.
Enfin aucun oiseau n'avait l'art de lui plaire; Et, dès qu'ils commençaient leurs joyeuses chansons, Par des coups de sifflet répondant à leurs sons,
Le perroquet les faisait taire.
Lassés de tant d'affronts, tous les oiseaux du bois Viennent lui dire un jour: Mais parlez donc, beau sire, Vous qui sifflez toujours, faites qu'on vous admire; Sans doute vous avez une brillante voix,
Daignez chanter pour nous instruire.
Le perroquet, dans l'embarras,
Se gratte un peu la tête, et finit par leur dire: Messieurs, je siffle bien, mais je ne chante pas.
FABLE IV.
L'Habit d'Arlequin.
Vous connaissez ce quai nommé de la Féraille, Où l'on vend des oiseaux, des hommes et des fleurs: A mes fables souvent c'est là que je travaille; J'y vois des animaux, et j'observe leurs mœurs. Un jour de mardi-gras j'étais à la fenêtre
D'un oiseleur de mes amis,
Quand sur le quai je vis paraître
Un petit arlequin leste, bien fait, bien mis,
Qui, la batte à la main, d'une grace légère, Courait après un masque en habit de bergère. Le peuple applaudissait par des ris, par des cris.
Tout près de moi, dans une cage,
Trois oiseaux étrangers de différent plumage,
Perruche, cardinal, serin,
Regardaient aussi l'arlequin.
La perruche disait: J'aime peu son visage; Mais son charmant habit n'eut jamais son égal; Il est d'un si beau vert! Vert! dit le cardinal: