Fables de Florian

Florian · Chapitre 37 sur 100

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Fables de Florian

FABLE XX. * Le Chat et le Moineau.

Myson fut connu dans la Grèce

Par son amour pour la sagesse;

Pauvre, libre, content, sans soins, sans embarras, Il vivait dans les bois, seul, méditant sans cesse,

Et parfois riant aux éclats.

Un jour deux Grecs vinrent lui dire:

De ta gaîté, Myson, nous sommes tous surpris:

Tu vis seul; comment peux-tu rire?

Vraiment, répondit-il, voilà pourquoi je ris.

 

FABLE XX.

* Le Chat et le Moineau.

La prudence est bonne de soi;

Mais la pousser trop loin est une duperie:

L'exemple suivant en fait foi.

Des moineaux habitaient dans une métairie. Un beau champ de millet, voisin de la maison,

Leur donnait du grain à foison.

Ces moineaux dans le champ passaient toute leur vie Occupés de gruger les épis de millet.

Le vieux chat du logis les guettait d'ordinaire, Tournait et retournait; mais il avait beau faire; Sitôt qu'il paraissait, la bande s'envolait.

Comment les attraper? Notre vieux chat y songe,

Médite, fouille en son cerveau,

Et trouve un tour tout neuf. Il va tremper dans l'eau

Sa patte dont il fait éponge.

Dans du millet en grain aussitôt il la plonge;

Le grain s'attache tout autour.

Alors à cloche-pied, sans bruit, par un détour,

Il va gagner le champ, s'y couche