Fables de Florian
FABLE XIII. Le Phénix.
Ces deux noms sont-ils différens?
Le père méditait une réponse sage,
Lorsque son fils cadet, transporté de plaisir, Après tant de travail, d'avoir pu parvenir
A placer son second étage,
S'écrie: Il est fini! Son frère murmurant
Se fâche, et d'un seul coup détruit son long ouvrage;
Et voilà le cadet pleurant.
Mon fils, répond alors le père,
Le fondateur c'est votre frère,
Et vous êtes le conquérant.
FABLE XIII.
Le Phénix.
Le phénix, venant d'Arabie,
Dans nos bois parut un beau jour:
Grand bruit chez les oiseaux; leur troupe réunie
Vole pour lui faire sa cour.
Chacun l'observe, l'examine;
Son plumage, sa voix, son chant mélodieux,
Tout est beauté, grace divine,
Tout charme l'oreille et les yeux.
Pour la première fois on vit céder l'envie
Au besoin de louer et d'aimer son vainqueur. Le rossignol disait: jamais tant de douceur
N'enchanta mon ame ravie.
Jamais, disait le paon, de plus belles couleurs
N'ont eu cet éclat que j'admire;
Il éblouit mes yeux et toujours les attire.
Les autres répétaient ces éloges flatteurs,
Vantaient le privilége unique
De ce roi des oiseaux, de cet enfant du ciel, Qui, vieux, sur un bûcher de cèdre aromatique, Se consume lui-même, et renaît immortel. Pendant tous ces discours la seule tourterelle