Fables de Florian
FABLE VI. Hercule au ciel.
Et, si je chante dans ce bois,
Je n'ai de titre que ma voix.
Mais vous, dont la noble arrogance
M'ordonne de parler plus bas,
Vous vous taisez par impuissance,
Et n'avez que vos seuls appas.
Ils doivent éblouir sans doute;
Est-ce assez pour se faire aimer?
Allez, puisqu'Amour n'y voit goutte,
C'est l'oreille qu'il faut charmer.
FABLE VI.
Hercule au ciel.
Lorsque le fils d'Alcmène, après ses longs travaux, Fut reçu dans le ciel, tous les dieux s'empressèrent De venir au-devant de ce fameux héros.
Mars, Minerve, Vénus, tendrement l'embrassèrent. Junon même lui fit un accueil assez doux. Hercule transporté les remerciait tous,
Quand Plutus, qui voulait être aussi de la fête, Vient d'un air insolent lui présenter la main. Le héros irrité passe en tournant la tête.
Mon fils, lui dit alors Jupin,
Que t'a donc fait ce dieu? D'où vient que la colère,
A son aspect, trouble tes sens?
—C'est que je le connais, mon père,
Et presque toujours, sur la terre,
Je l'ai vu l'ami des méchans.