Fables de Florian

Florian · Chapitre 57 sur 100

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Fables de Florian

FABLE XVIII. Le Parricide.

Tout doit céder le pas aux vainqueurs de la terre. Chacun des trois pédans s'obstine en son avis, Quand un rat, qui de loin entendait la dispute, Rat savant, qui mangeait des thêmes dans sa hutte, Leur cria: Je vois bien d'où viennent vos débats:

L'Égypte vénérait les chats,

Athènes les hibous, et Rome, au capitole, Aux dépens de l'état, nourrissait des oisons: Ainsi notre intérêt est toujours la boussole

Que suivent nos opinions.

 

FABLE XVIII.

Le Parricide.

Un fils avait tué son père.

Ce crime affreux n'arrive guère

Chez les tigres, les ours; mais l'homme le commet. Ce parricide eut l'art de cacher son forfait, Nul ne le soupçonna: farouche et solitaire, Il fuyait les humains, il vivait dans les bois, Espérant échapper aux remords comme aux lois. Certain jour on le vit détruire, à coups de pierre,

Un malheureux nid de moineaux.

Eh! que vous ont fait ces oiseaux?

Lui demande un passant: pourquoi tant de colère?

Ce qu'ils m'ont fait? répond le criminel:

Ces oisillons menteurs, que confonde le ciel, Me reprochent d'avoir assassiné mon père. Le passant le regarde: il se trouble, il pâlit,

Sur son front son crime se lit:

Conduit devant le juge, il l'avoue et l'expie.

O des vertus dernière amie,

Toi qu'on voudrait en vain éviter ou tromper, Conscience terrible, on ne peut t'échapper!