Fables de Florian

Florian · Chapitre 82 sur 100

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Fables de Florian

FABLE III. Le Procès des deux Renards.

FABLE III.

Le Procès des deux Renards.

Que je hais cet art de pédant,

Cette logique captieuse,

Qui d'une chose claire en fait une douteuse, D'un principe erroné tire subtilement

Une conséquence trompeuse,

Et raisonne en déraisonnant!

Les Grecs ont inventé cette belle manière: Ils ont fait plus de mal qu'ils ne croyaient en faire. Que Dieu leur donne paix! Il s'agit d'un renard, Grand argumentateur, célèbre babillard,

Et qui montrait la rhétorique.

Il tenait école publique,

Avait des écoliers qui payaient en poulets. Un d'eux, qu'on destinait à plaider au palais, Devait payer son maître à la première cause

Qu'il gagnerait: ainsi la chose

Avait été réglée et d'une et d'autre part.

Son cours étant fini, mon écolier renard

Intente un procès à son maître,

Disant qu'il ne doit rien. Devant le léopard

Tous les deux s'en vont comparaître.

Monseigneur, disait l'écolier,

Si je gagne, c'est clair, je ne dois rien payer;

Et cela par votre sentence,

Puisque par la sentence

J'aurai droit de ne pas payer.

Si je perds, nulle est sa créance;

Car il convient que l'échéance

N'en devait arriver qu'après

Le gain de mon premier procès:

Or, ce procès perdu, je suis quitte, je pense:

Mon dilemme est certain. Nenni,