Fables de Florian

Florian · Chapitre 63 sur 100

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Fables de Florian

FABLE III. Le Perroquet.

Les écureuils ne sont pas bêtes,

Et le mien était fort malin.

Il reconnaît le patelin,

Et répond d'un ton doux: Je meurs d'impatience

De vous embrasser, mon cousin;

Je descends: mais, pour mieux lier la connaissance, Je veux vous présenter mon plus fidèle ami, Un parent qui prit soin de nourrir mon enfance; Il dort dans ce trou-là: frappez un peu; je pense Que vous serez charmé de le connaître aussi.

Aussitôt maître renard frappe,

Croyant en manger deux: mais le fidèle chien

S'élance de l'arbre, le happe,

Et vous l'étrangle bel et bien.

Ceci prouve deux points: d'abord, qu'il est utile Dans la douce amitié de placer son bonheur; Puis, qu'avec de l'esprit, il est souvent facile Au piége qu'il nous tend de surprendre un trompeur.

 

FABLE III.

Le Perroquet.

Un gros perroquet gris, échappé de sa cage,

Vint s'établir dans un bocage;

Et là, prenant le ton de nos faux connaisseurs, Jugeant tout, blâmant tout d'un air de suffisance, Au chant du rossignol il trouvait des longueurs,

Critiquait sur-tout sa cadence.

Le linot, selon lui, ne savait pas chanter;

La fauvette aurait fait quelque chose peut-être,

Si de bonne heure il eût été son maître,

Et qu'elle eût voulu profiter.