Fables de Florian

Florian · Chapitre 70 sur 100

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Fables de Florian

FABLE X. L'Avare et son Fils.

Le rouge-gorge et le tarin.

Tous les autres oiseaux derrière eux se perchèrent. Deux vieux chardonnerets et deux jeunes pinsons Furent gardes du camp; le merle était trompette, Il donne le signal. Aussitôt la fauvette

Fait entendre les plus doux sons;

Avec adresse elle varie

De ses accens filés la touchante harmonie, Et ravit tous les cœurs par ses tendres chansons. L'assemblée applaudit. Bientôt on fait silence;

Alors le rossignol commence:

Trois accords purs, égaux, brillans,

Que termine une juste et parfaite cadence,

Sont le prélude de ses chants;

Ensuite son gosier flexible,

Parcourant sans effort tous les tons de sa voix, Tantôt vif et pressé, tantôt lent et sensible,

Étonne et ravit à la fois.

Les juges cependant demeuraient en balance. Le linot, le serin, de la fauvette amis,

Ne voulaient point donner de prix:

Les autres disputaient. L'assemblée en silence

Écoutait leurs doctes avis,

Lorsqu'un geai s'écria: Victoire à la fauvette!

Ce mot décida sa défaite:

Pour le rossignol aussitôt

L'aréopage ailé tout d'une voix s'explique.

Ainsi le suffrage d'un sot

Fait plus de mal que sa critique.

 

FABLE X.

L'Avare et son Fils.