Fables de Florian

Florian · Chapitre 69 sur 100

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Fables de Florian

FABLE IX. La Fauvette et le Rossignol.

De travail et d'économie,

Je peux t'offrir cet or. Voici mes douze enfans, Voilà douze soldats: malgré mes cheveux blancs, Je ferai le treizième: et, la guerre finie,

Lorsque tes généraux, tes officiers, tes grands, Viendront te demander, pour prix de leurs services,

Des biens, des honneurs, des rubans,

Nous ne demanderons que repos et justice: C'est tout ce qu'il nous faut. Nous autres pauvres gens, Nous fournissons au roi du sang et des richesses;

Mais, loin de briguer ses largesses,

Moins il donne et plus nous l'aimons.

Quand tu seras heureux, nous fuirons ta présence,

Nous te bénirons en silence:

On t'a vaincu, nous te cherchons.

Il dit, tombe à genoux. D'une main paternelle Philippe le relève en poussant des sanglots; Il presse dans ses bras ce sujet si fidèle,

Veut parler, et les pleurs interrompent ses mots.

Bientôt, selon la prophétie

Du bon vieillard, Philippe fut vainqueur,

Et sur le trône d'Ibérie

N'oublia point le laboureur.

 

FABLE IX.

La Fauvette et le Rossignol.

Une fauvette, dont la voix

Enchantait les échos par sa douceur extrême, Espéra surpasser le rossignol lui-même,

Et lui fit un défi. L'on choisit dans le bois

Un lieu propre au combat: les juges se placèrent;

C'étaient le linot, le serin, J'ai lu, je ne sais où, qu'autrefois en Syrie