Procès-verbaux de l'Assemblée générale de la section des Postes / 4 Décembre 1790 - 5 Septembre 1792

Vingt-Troisième Assemblée.—du 19 Septembre 1791

VINGT-TROISIÈME ASSEMBLÉE.—DU 19

SEPTEMBRE 1791

 

Assemblée générale de la section des Postes

du lundi dix-neuf septembre mil sept cent quatre-vingt-onze.

 

La section des Postes [221] convoquée en la manière accoutumée et, aux termes de la loi, sur la demande de plus de cinquante citoyens actifs, M. Deslauriers, commissaire de la section et ancien président, a été invité à présider l'Assemblée en l'absence de M. Pichard, président du Comité de la section.

 

Il a été fait lecture du procès-verbal de la dernière séance, du neuf de ce mois, lequel, s'étant trouvé conforme, a reçu la sanction.

 

Les citoyens assemblés au nombre de plus de cent, ainsi qu'il est

constaté par la liste d'enregistrement annexée au présent [222];

 

Il a été fait lecture de la pétition formant le sujet de la

convocation, laquelle avait pour sujet [223] d'entendre le rapport des commissaires nommés par la délibération du vendredi neuf du

présent mois [224], et délibérer sur plusieurs propositions qu'ils sont chargés de faire relativement aux blés et farines.

 

M. Desvieux, l'un des commissaires nommés en ladite Assemblée, a demandé la parole, laquelle lui étant accordée, M. Desvieux a fait rapport, en substance, des arrêtés des sections

d'Henri-IV, [de][225] [226] [227] l'Oratoire , des Gravilliers, de Bondy, [de] Sainte-Geneviève, [de] la Bibliothèque, du Louvre, du Ponceau, de

la Croix-Rouge, du Palais-Royal [228] [229] et des Lombards, toutes (sic) concernant l'approvisionnement de Paris en blés et farines, et

qui, ( [230] sic ), conformément à leurs arrêtés avaient envoyé des

commissaires au point central choisi à la section des Lombards [231].

Le même commissaire a ensuite fait lecture du projet de délibération que les commissaires des dites sections réunies ont cru devoir proposer, afin qu'il n'existe qu'un seul et même vœu pour la convocation générale de la Commune, en ses quarante-huit

sections[232]. La matière mise en délibération, l'Assemblée, en persistant dans son arrêté du neuf de ce mois, a émis son vœu pour que la convocation de l'Assemblée générale de la Commune en ses quarante-huit sections, fût demandée, à l'effet de délibérer:

 

1o Sur la demande à former à la Municipalité (sic) pour qu'elle rende compte de l'approvisionnement, qui a été fait, des subsistances pour le compte de la capitale depuis la Révolution, avec publicité;

 

2o Que ce compte soit rendu en recettes et dépenses, tant en matière qu'en espèces, avec pièces justificatives; que le compte indique le lieu des achats et de la consommation des ventes, et que les ordres donnés aux agents soient représentés.

 

3o Qu'il soit nommé par les sections des commissaires chargés de s'instruire concernant les arrhes supposées données par la Municipalité de Paris dans les départements voisins, pour poursuivre, s'il y a lieu, la punition des coupables, dans le cas d'un accaparement de grains et farines;

 

4o Que les commissaires seront chargés de faire la vérification des comptes et des subsistances actuellement existantes, pour que, d'après le vœu de la majorité des sections en résultat des délibérations de la Commune convoquée, les marchandises jugées viciées soient distraites et employées suivant la destination qui sera

convenue, sur ( [233] sic ) la surveillance des commissaires nommés;

 

5o Que les mêmes commissaires seront autorisés à s'assurer, d'après l'émission du vœu de la Commune, de l'état actuel des subsistances, ainsi que des moyens pris par la Municipalité.

 

6o Également à veiller à ce que tous les blés et farines, achetés pour le compte de la Municipalité, soient, à l'avenir, transportés à la Halle pour éviter tout mélange; et que la Municipalité se fera désigner par le Département les lieux qu'elle occupera, dans le cas où la Halle ne suffirait pas; et que, dorénavant, la Halle et les magasins d'approvisionnement qui seront indiqués, soient surveillés par des commissaires nommés dans les sections;

 

7o Que la Municipalité fasse connaître l'état actuel de ses employés ou commis, et leur traitement;

 

8o En cas que la Municipalité, par quelque motif qu'on ne peut prévoir, se refusât au vœu de huit sections, légalement exprimé suivant la loi, pour la convocation de la Commune, que lesdits commissaires chargés de poursuivre cette convocation seront autorisés à se retirer par devers le Département, après l'emploi des moyens prescrits par la loi vis-à-vis de la Municipalité, pour faire ordonner cette convocation, et successivement, s'il y a lieu, par les mêmes motifs, à l'Assemblée nationale, pour l'exécution de la loi.

 

Et, à cet effet, l'Assemblée a confirmé les pouvoirs qu'elle a donnés, le neuf de ce mois, à ses commissaires, et a ajourné sa

séance à vendredi prochain [234], heure ordinaire pour entendre le rapport qu'ils feront de leur mission.

 

L'Assemblée, instruite qu'il avait été donné avis à Madame

Becquet, maîtresse boulangère, demeurant [235] dans l'étendue de la section, qu'elle était notée pour la déclaration qu'elle avait faite dans l'Assemblée du neuf de ce mois; considérant qu'une telle note, si elle existe, est attentatoire aux droits de l'homme, base fondamentale de notre Constitution; a mis la dame Becquet et tous autres citoyens sous la sauvegarde de la loi, et la surveillance de MM. les

commissaires de la section, et de M. le commissaire de police [236].

 

Fait et arrêté en l'Assemblée générale de la section des Postes, les jour et an susdits.

 

D [237] J. M . .

NOTES:

[221] L (VII, 229-230) reproduit in-extenso le procès-verbal de

cette séance en remplaçant les présents mots du texte: «La section des

Postes», par les suivants: «L'assemblée générale».

[222] Cette liste n'est pas jointe au procès-verbal manuscrit.

[223] L , VII, 229: «... pour objet...».

[224] L : «... de ce mois...».

[225] Les mots: de, entre crochets, manquent au manuscrit original. Ils

ont été rétablis par Lacroix.

[226] Arrêté de la section de l'Oratoire, en date du 12 septembre, p.

imp. in-8o 40 o de 3 p., Bib. nat., Lb 2019 (T , n 8561); texte

reproduit par L , VI, 383-384.

[227] Délibération du 10 septembre, dont le texte n'a pas été retrouvé,

mais qui est mentionnée aux procès-verbaux des séances du 12

septembre du Bureau municipal et du Corps municipal (L , VI, 295

et 299).

[228] Arrêté de la section du Palais-Royal, du 12 septembre, p. imp.

aff. in-fol. plano. Bib. nat, Lb40 o 2024 (T , n 8589); texte reproduit

par L , VI, 384.

[229] Il s'agit sans doute d'un nouvel arrêté postérieur à celui du 3 dont

il a été question ci-dessus (Cf. p. 56 et n. 201).

[230] C'est-à-dire: et toutes sections qui...

[231] Parmi les différentes sections citées ici et qui, avec la section des

Postes, sont au nombre de douze, huit sections se rendirent, le lendemain

20 septembre, auprès du Corps municipal, pour demander «la

convocation de la Commune pour délibérer sur l'état actuel des

subsistances de la capitale» (L , VI, 372). Les quatre sections qui

figurent ici et ne participèrent pas à cette démarche sont les suivantes:

Bondy, Sainte-Geneviève, Bibliothèque et Louvre. A cette démarche de

huit sections, le Corps municipal répondit en chargeant deux de ses

membres d'examiner la question. Comme on le verra par la suite du

présent procès-verbal (voyez plus loin, p. 64 et n. 242), le Corps municipal

convoqua la Commune dans ses 48 sections, dès le lendemain 21

septembre, pour examiner la question le 28 septembre. Entre temps, les

réunions d'une partie des sections au point central choisi à la section des

Lombards, dont il est question ici, se continuèrent comme on le verra par

la suite (cf. p. 64 n. 241).

[232] C'est sans doute ce projet qui, adopté après l'arrêté de

convocation du Corps municipal, du 21 septembre, fut imprimé sous le

titre de Vues générales et réflexions à soumettre aux 48 sections... etc.

(Voyez plus loin, p. 64 n. 241.)

[233] L , VII, 229: «... sous la surveillance».

[234] L : «... à vendredi prochain (23 septembre).»

[235] Le manuscrit original paraît porter: «... demeurante...». J'ai

corrigé.

[236] L , VII, 230, a omis les mots: «... de MM. les commissaires

de la section et...». Voici son texte: «...; a mis la dame Becquet et tous

autres citoyens sous la sauvegarde de la loi et la surveillance de M. le

commissaire de police.»

[237] L , loc. cit. «Signé: D ».