Procès-verbaux de l'Assemblée générale de la section des Postes / 4 Décembre 1790 - 5 Septembre 1792

Assemblée Générale du 31 Aout 1792

 

L'an 4e er de la liberté, et le 1 de l'égalité, vulgairement 1792, le 31 août;

 

L'Assemblée a nommé M. Gibert, président, et Langlois, secrétaire.

 

Un membre ayant demandé que l'Assemblée fit une pétition pour

l'extradition des prisons de MM. Laurent et Chignard [677], après de longs débats l'Assemblée est passée à l'ordre du jour.

 

M. le Président ayant, de son propre mouvement et la première fois contre le règlement, ordonné au citoyen qui disait la vérité de descendre de la tribune, on a demandé que M. le Président fût tenu de quitter le fauteuil. La proposition mise aux voix, l'Assemblée a bien voulu que M. le Président continuât ses fonctions.

 

On a admis une députation de la section du Louvre qui annonce qu'elle continue sa confiance à ses commissaires à la

Commune[678], se réservant [le] droit de les rappeler à son désir. Ensuite M. Dubois de Chemau a fait don à la nation d'un cheval pour monter un des défenseurs de la liberté et de l'égalité.

 

M. Jams (sic) a déposé sur le bureau une lettre de M. Desvieux dont on a fait lecture et qui recommande aux commissaires de faire des visites exactes. M. Jams (sic), pour attester cette lettre, l'a paraphée.

 

Une députation de la section des Sans-Culottes, ci-devant du Jardin-des-Plantes, invite l'Assemblée à nommer des commissaires

pour prendre à la société fraternelle[679] le nom des signataires de la

pétition des 20 mille[680].

 

On a lu ensuite une lettre apportée en ordonnance, qui invite les jurés de jugement et d'accusation de la section à se trouver demain,

4 heures, à la salle des requêtes du Palais[681].

 

M. le Président ayant jugé à propos de quitter l'Assemblée sans mot dire, l'Assemblée a nommé M. Gillet.

 

On a demandé la censure du président fuyard et l'envoi d'un extrait du procès-verbal à la Municipalité. Adopté.

 

Un citoyen a demandé que l'ordre du jour de demain fût

imprescriptiblement la nomination des électeurs [682] et d'ajourner toute autre discussion après les nominations; la proposition, mise aux voix, a été adoptée.

 

L'Assemblée a arrêté la convocation pour 4 heures précises.

 

Signé: D , président.

NOTES:

[677] Citoyens de la section. L'initiative de ce membre indiquerait-elle

que certains se doutaient de l'imminence des massacres? En tout cas, le

postulant dont il est question ici devait attacher une grande importance à

la mise en liberté immédiate des sieurs Chignard et Laurent, si c'est bien

lui qui retourna le lendemain à la Législative faire à nouveau la demande

repoussée le 31 août par la section des Postes. Voici en effet ce qu'on lit

au er Procès-verbal de la Législative , séance du 1 septembre soir (tome

XIV, p. 137): «Un citoyen de la section des Postes vient réclamer contre

l'arrestation faite de deux citoyens à qui on a enlevé leurs armes et que

l'on tient au secret pour avoir signé la pétition des 20.000: cette

réclamation est renvoyée au pouvoir exécutif».—On remarquera

cependant que, d'après le procès-verbal de la section des Postes (séance

du 2 septembre; cf. ci-après, p. 237), les sieurs Chignard et Laurent

auraient été emprisonnés à la suite d'une difficulté qu'ils auraient eue avec

un des commissaires de la section. Mais le procès-verbal ne dit pas à quel

sujet s'était élevée cette difficulté.

[678] La Commune avait été cassée, le 30 août au soir, par la

Législative. Aussitôt plusieurs sections avaient confirmé leurs

commissaires; la section du Louvre, avant d'en faire autant, avait été

demander à la Commune confirmation du décret qui cassait la Municipalité

(cf. F. B , La Commune du 10 août 1792, p. 449 en bas, et pp. 459-

460).

[679] La société fraternelle séante à la Bibliothèque des Jacobins-

Saint-Honoré.

[680] Sur cet incident, voici un passage du procès-verbal de la séance

de la Commune, du 29 août, cité par M -T (Histoire de la

Terreur, t. III, p. 195, n. 2), d'après les registres mêmes des procès-

verbaux aujourd'hui disparus: «La section des Sans-Culottes se présente

au Conseil pour demander un local où les députés des sections nommés

ad hoc puissent se réunir pour constater les signatures des vingt mille. On

applaudit à leur zèle et on leur accorde la salle de la Société fraternelle,

aux Jacobins, avec invitation à la Société des Jacobins de vouloir bien

accéder à cette mesure.»

[681] Le tribunal du 17 août ne fut en effet installé définitivement que le

1er septembre (voyez F. B , La Commune du 10 août 1792, p. 414

et n. 4).

[682] Les électeurs des députés à la Convention nationale.