Procès-verbaux de l'Assemblée générale de la section des Postes / 4 Décembre 1790 - 5 Septembre 1792

Assemblée du 9 Aout 1792 Séance Permanente

ASSEMBLÉE DU 9 AOUT 1792

SÉANCE PERMANENTE

 

L'an mil sept cent quatre-vingt-douze, le neuf août, et l'an quatrième de la liberté;

 

L'Assemblée générale des Postes, légalement convoquée en vertu de la loi du vingt-huit juillet dernier;

 

MM. Blondel, président, Desvieux, vice-président;

 

La séance ouverte, il a été fait lecture du procès-verbal de la veille, qui a été adopté.

 

Il a été successivement fait lecture d'un arrêté de la section de l'Observatoire, d'un autre de la section de la Grange-Batelière, d'une

adresse de la section des Gravilliers à l'Assemblée nationale[494].

 

Il a été également fait lecture d'une lettre de M. le Maire, aux

citoyens, par laquelle il les invite à la tranquillité[495].

 

Il a été fait lecture d'une lettre de M. le Procureur de la Commune qui invite l'Assemblée, au nom des commissaires recenseurs relativement aux camps et aux moyens de défense de l'extérieur de Paris, à nommer des commissaires pour concourir à la rédaction du

projet relatif à ces deux objets[496].

 

L'Assemblée, en adoptant ces mesures, a arrêté qu'elle nommait pour son commissaire M. Desvieux qu'elle a autorisé pour (sic) concourir à la rédaction du dit projet.

 

M. Lavau a rappelé à l'Assemblée, par une lettre, une réclamation qu'il lui avait déjà faite plusieurs fois pour le payement d'une somme de trente livres, pour la portion des frais relatifs aux Assemblées pour les subsistances, qu'il avait avancée pour les sections.

Il a été aussi fait par M. Payen (sic), l'un des membres de l'Assemblée, la réclamation d'une somme de quatre livres quatre sols, qu'il a avancée, d'après ses ordres, pour les frais du procès-verbal, qu'il a retiré au point central, relatif à la dame Doumer.

 

Comme la somme accordée par la Municipalité pour les dépenses du Comité sont insuffisantes (sic), qu'il (sic) est même en avance pour la section, l'Assemblée a arrêté qu'il serait fait séance tenante une souscription volontaire pour remplir ces deux objets, que le tout serait remis à M. Payen (sic) pour libérer l'Assemblée tant à son égard qu'à celui de M. Lavau, et que M. Payen (sic) en remettrait ou ferait parvenir les quittances; et, comme la souscription a excédé de trois livres douze sols (sic), l'Assemblée a chargé M. Payen (sic) de remettre cet objet à M. Desvieux, pour être ajouté à la souscription des fédérés.

 

Il a été fait lecture d'une lettre, signée Clément, sur laquelle[497] on a passé à l'ordre du jour.

 

M. Bachelard, l'un des commissaires du Comité central[498], a fait part à l'Assemblée de différents arrêtés de section qui y avaient été envoyés.

 

M. Desvieux, l'un des commissaires chargés de la rédaction de l'adresse des sections aux quatre-vingt-deux départements, a fait

lecture de cette adresse [499].

 

L'Assemblée, en adoptant le contenu, a arrêté par amendement que la classe indigente qui y est désignée y serait présentée sous une dénomination plus convenable; elle a en même temps chargé son commissaire de manifester son vœu pour que cette adresse soit imprimée à une telle quantité que la distribution puisse en être faite à un grand nombre de citoyens.

 

On a annoncé à l'Assemblée qu'il se faisait un rappel dans tout

Paris [500]; cette nouvelle ayant fort agité l'Assemblée, il a été arrêté que M. le commandant serait invité au nom de l'Assemblée de vouloir bien s'y rendre, afin de lui exposer de quel ordre le rappel était ordonné.

Un instant après, M. Julliot, commandant, s'est présenté et a dit qu'il tenait cet ordre du commandant général.

 

Il a été de suite nommé des commissaires à la Ville pour s'informer de ce que l'ordre de battre le rappel était donné; à leur retour, ils ont dit qu'il ne leur paraissait point [y] avoir de dangers dans la ville, que tout était tranquille et que l'ordre était émané de l'autorité; ils ont exposé qu'il était nécessaire de nommer des commissaires à la Municipalité pour y passer la nuit. MM. David, Genty et Charmot, en ayant fait l'offre généreuse, ils ont été acceptés et invités d'en (sic) vouloir bien rendre compte à la séance

du lendemain des nouvelles qu'ils auraient apprises[501].

 

Dans le cours de la séance, il a été fait lecture, tant du procès-

verbal de vente des postes du château[502], faite la nuit du cinq de ce mois, que de l'arrêté du Corps municipal du 6 août touchant le

nouvel ordre de service[503], et de divers autres imprimés.

 

La séance a été levée à deux heures après minuit.

 

NOTES:

[494] Je ne connais pas autrement ces trois documents.

[495] Proclamation fameuse dont on trouvera la cote à la note 4 de la

page 190 de mon ouvrage sur La Commune du 10 août 1792.

[496] Sur le projet d'une adresse à la Législative pour la création d'un

camp sous Paris (voyez ci-dessus, pp. 139 et n. 421, 142 et n. 422, et

156).—Un exemplaire de la circulaire de Manuel, procureur de la

Commune, dont il est question ici, circulaire en date du 8 août, a figuré à

la vente Charavay de 1862 (voyez le catalogue de cette vente, p. 49). Par

cette circulaire la réunion des délégués des sections était fixée au

vendredi 10 août. Comme l'observe M. Charavay, «ce jour-là, on eut bien

autre chose à faire».

[497] Le texte original porte «sous laquelle», faute évidemment due à

l'inattention du copiste.

[498] Il s'agit toujours du bureau central de correspondance des

sections.

[499] C'est la deuxième des deux adresses proposées, le 18 juillet, par

la section de La Fontaine-de-Grenelle et dont il a été question ci-dessus

(voyez pp. 132 à 134). L'autre, qui fut d'abord rédigée et adoptée par les

sections, était l'adresse au Corps législatif, sur la déchéance de Louis XVI,

présentée à l'Assemblée nationale dans sa séance du 3 août. L'adresse

aux départements devait être rendue inutile par la révolution du 10 août.

[500] Voici le premier indice de l'imminence de la révolution: ce rappel

était battu, comme l'indique la suite du présent procès-verbal, par ordre de

l'état-major, et par conséquent pour le compte de la résistance légale. On

remarquera qu'il n'est pas question dans le présent procès-verbal de la

sonnerie du tocsin révolutionnaire.

[501] Il n'y a point d'heure indiquée ici; mais, la lecture des pièces dont

il est fait mention à l'alinéa suivant ayant été faite «dans le cours de la

séance», il est vraisemblable que la présente nomination de commissaires

pour aller «à la Municipalité» a terminé la séance. Elle a donc dû avoir lieu

peu avant 2 heures du matin. A ce moment et depuis minuit déjà, les

représentants d'une vingtaine de sections étaient présents à l'Hôtel de

Ville (voyez F. B , La Commune du 10 août 1792, pp. 221-222).

C'est évidemment cette réunion de délégués de sections qui avait dit aux

commissaires de la section des Postes qu'il était nécessaire «de nommer

des commissaires à la Municipalité pour y passer la nuit».

[502] Sic. J'ignore ce dont il s'agit ici.

[503] C'est sans doute l'arrêté du Corps municipal prescrivant la

formation de la garde du roi par un nombre déterminé d'hommes pris dans

chaque bataillon de la garde nationale. (P. imp., aff. in-fol. plano; Bib. nat.,

rec. fac. Lb40 1.)