Plus on est de fous…

Zoe Brisby · Chapitre 41 sur 57

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Plus on est de fous…

Chapitre 41

– 41 –

 

 

L’après-midi fut consacré à l’élaboration d’un plan. Chacun savait désormais ce qu’il avait à faire. Leur stratégie était plutôt audacieuse. Ils allaient sortir par la grande porte !

Jarod, en tenue de combat et visage grimé sous un maquillage noir, réexpliquait les dernières consignes.

– Je répète : à sept zéro zéro, tout le monde se retrouve dans le couloir qui mène à la cantine. À sept zéro cinq, on se dirige vers le bureau des infirmiers…

– C’est quoi, tous ces chiffres ? l’interrompit Robin.

– Il est vrai que ce n’est pas très clair, renchérit Ernest.

– L’heure, voyons ! s’énerva Jarod qui n’aimait pas être interrompu en pleine explication tactique.

– Ah ! Fallait le dire.

Jarod adressa un regard noir aux fauteurs de troubles.

– Je reprends. Nous allons au bureau des infirmiers…

– Pourquoi sept heures ? demanda Calixte. C’est un peu tôt.

– On peut dire dix heures plutôt ? compléta Robin.

– Oui, comme ça, nous aurons eu le temps de prendre un bon petit déjeuner, intervint Jeanne-Élisabeth.

– Ventre plein, meilleur pour l’attaque est.

Jarod allait s’arracher les cheveux ! Il savait qu’il aurait dû prendre les armes factices qui accompagnaient le déguisement, au moins la cravache…

– Sept heures, un point c’est tout ! C’est la seule fenêtre de libre que nous ayons.

– On va passer par la fenêtre ? s’étonna Robin.

Luc, voyant Jarod au bord de la crise de nerfs, prit la suite.

– C’est le moment où l’équipe de nuit est relayée par celle de jour. Mais il y a un battement de quinze minutes durant lequel Malik est tout seul à l’entrée car Marguerite n’est pas encore arrivée. Nous allons en profiter pour…

– Lui faire la peau ? le coupa Jeanne-Élisabeth.

– Non !

– Lancer une grenade assourdissante ? hasarda Calixte.

– Non plus.

– Le suicider ?

– N’importe quoi !

– Duel au sabre laser, entamer ?

– Jamais de la vie !

– L’assommer ? tenta Robin.

– Avec tes théories du complot, ça peut marcher, se moqua Ernest.

– Vous êtes complètement fous !

Ils se regardèrent et haussèrent les épaules.

– Ben, oui.

Jarod reprit les choses en main. Il fallait bien être deux pour expliquer leur plan.

– Nous allons l’endormir.

– Ah, j’y avais pensé aussi, se félicita Jeanne-Élisabeth.

– Nous allons le droguer en utilisant les médicaments que Luc a mis de côté.

– Tu ne prends pas ton traitement ? demanda, étonné, Ernest à Luc.

– Comment veux-tu aller mieux si tu ne prends pas tes médicaments ? le réprimanda Calixte avec un air de premier de la classe.

– Je ne suis pas fou ! Je n’ai pas besoin de prendre de médicaments.

Calixte n’eut pas l’air convaincu mais laissa le bénéfice du doute à Luc. Jarod put reprendre :

– Malik s’endormira et nous aurons le champ libre. Nous sortirons par l’entrée principale et nous prendrons la voiture. Ensuite, direction Paris ! D’abord le cimetière pour l’enterrement de la tante de Luc, puis le siège du groupe qui gère la clinique pour aider le Dr Petitpas.

– Super plan ! complimenta Robin.

– Tope là ! fit Ernest qui se voulait dans le coup.

Tous jouèrent le jeu et lui tapèrent dans la main. Sauf Calixte qui refusait, bien évidemment, tout contact physique.

– Ne devrait-on pas prévenir Marguerite ? proposa Jeanne-Élisabeth. Après tout, elle est de notre côté. Elle déteste le nouveau directeur autant que nous. Même si elle cherche à le cacher, cela se voit comme le trône au milieu de la figure.

– Et puis, elle sait conduire, compléta Calixte.

– Moi aussi ! se vexa Jarod.

– Depuis combien de temps n’as-tu pas mis les mains sur un volant ?

– C’est comme le vélo, ça ne s’oublie pas.

– Une fois, j’étais dans un bus qui a été pris en otage par un homme qui y avait placé une bombe. Si quelqu’un descendait ou si la vitesse baissait en dessous des quatre-vingts kilomètres heure, le bus allait exploser.

– Situation complexe, c’est.

– Speed ! cria Ernest.

– C’est vrai, il fallait aller vite.

– Mais, non ! C’est Speed, le film.

Le complotiste incompris haussa les épaules.

– Connais pas.

Luc tenta de ramener les esprits vers ce qui comptait vraiment : leur évasion.

– Je conduirai.

– Tu as ton permis ? interrogea Robin, suspicieux.

– Bien sûr.

– Tu peux nous le montrer ?

– Je ne l’ai pas sur moi. Les infirmiers ont gardé mes affaires personnelles quand je suis arrivé ici.

– C’est réglé ! intervint Jarod qui se dit qu’il aurait bien l’occasion de conduire un peu lui aussi.

Marguerite passa devant eux à ce moment. Avec leurs mines de conspirateurs et leurs chuchotements, ils ressemblaient à des enfants en train de préparer une bêtise.

– Qu’êtes-vous en train de comploter ?

Ils prirent tous un visage angélique avant d’entonner en chœur :

– Rien.

– Vous avez l’air bien contents de vous pour des personnes qui ne font rien.

– On prépare une surprise pour le Dr Petitpas, lança Robin.

– Une surprise ? Qu’est-ce que c’est ?

– Si on le dit, ce ne sera plus une surprise, répliqua Calixte.

– Bon, très bien. Vous connaissant, je suis certaine qu’il s’agira d’une très belle surprise.

Luc lui adressa un sourire énigmatique.

– Oh oui ! Une vraie surprise.

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