Toxic - t.2 (Dark romance) (French Edition)

Joyce Kitten · Chapitre 13 sur 59

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Toxic - t.2 (Dark romance) (French Edition)

Chapitre 10

Dimitri

 

MAYHEM – Neoni, Easy McCoy

 

Comme je le présumais, Nass n’a pas mis plus de quatre heures à

retrouver sa très chère Helena. Je me hâte de le voir devenir si fou qu’il

commette l’irréparable. Le clou du spectacle serait qu’il bute sa jolie brune

ou mieux encore qu’il tente de me tuer moi. Je serais plus que ravi que nous

nous livrions un combat à mort. Je suis paré à cette éventualité, c’est

pourquoi j’ai averti mes hommes qu’aucun d’eux ne devrait intervenir, si

l’affrontement avait lieu. Il faut qu’il ait le champ libre, que nous soyons à

égalité pour que je le détruise avec loyauté, le credo de la mafia.

Hors de question d’agir comme un traître, de lui planter un couteau

dans le dos en ordonnant à mes gars de lui tirer une balle s’il prend le

dessus. Si je dois mourir, je mourrai. Toutefois, mon décès entraînera

indéniablement le sien puisque Vlad ne laissera pas mon meurtre impuni,

car Nass aurait rompu le traité qu’ils ont signé pour l’autoriser à s’exiler sur

le continent américain. En effet, mon cousin et les Ivankov collaborent dans

une paix toute relative qui oblige le bandit à n’être mêlé à aucune attaque

sur l’un des nôtres.

La mafia est bien plus puissante que n’importe quel gang. Cette

affluence est un avantage énorme pour le chef des BM, même si mon rival

cherche au contraire à s’éloigner de nous. Le parrain a accepté de le laisser voler de ses propres ailes à la seule condition qu’il signe ce pacte, puis

s’engage à respecter les règles de fraternité et de loyauté de son ancienne

famille. Ses trafics d’armes et de proxénétisme doivent également passer

exclusivement par notre réseau, or cela ne le dérange pas outre mesure

puisque la Russie est le plus grand fournisseur d’armes du monde. Cela lui

assure d’avoir de la marchandise de qualité, en quantité suffisante. Nass est

malin et arriviste. Deux compétences qu’a su déceler Borya. Ce dernier le

considère comme le fils qu’il n’aura jamais eu.

Je l’attends de pied ferme, au bas des marches de mon perron, et

lorsque ses phares apparaissent dans l’allée de la propriété, j’ordonne à l’un

des gardes d’ouvrir le portail pour le laisser pénétrer dans ma résidence.

— Je le répète, personne ne tire, c’est compris ? tonné-je d’une voix

suffisamment élevée pour être sûr d’être entendu de tous.

Sans perdre une seconde, le bolide, pleins phares, fonce droit sur moi.

Mon plus fidèle ennemi est au summum de sa forme. Le coup de frein qui

provoque un crissement de pneus arrive in extremis avant que le capot ne

me touche, en soulevant un nuage de poussière.

Je me tourne pour prendre la direction de l’entrée, persuadé d’être imité

par le gangster. Le bruit du tir qui fuse m’arrête dans mon élan. Un sinistre

rictus m’étire les lèvres. Que le jeu commence.

Je pivote avec lenteur pour faire face au regard abyssal de Nass. Ses

prunelles, si elles le pouvaient, vireraient au rouge sang. Sa fureur qu’il

tient encore en cage consume ses traits qui reflètent plus que jamais la

cruauté qui nous habite. Malheureusement, très vite, il revêt son masque

d’impartialité, me bloquant l’accès à ses pensées les plus sombres. Il se

contrôle à la perfection, quand même bien il vient de tirer en sommation.

C’est un adversaire redoutable, mais j’ai une arme qu’il n’a plus, et qu’il la

convoite dangereusement.

Oh, oui, mon ami, tu as enfin une brèche et je te promets de l’exploiter

au maximum.

— Je vois que tu es aussi heureux que moi de ces retrouvailles. Tu es

venu chercher quelque chose peut-être ?

Ses billes charbonneuses n’expriment plus aucune émotion en dehors

de la couleur de ses iris qui tiennent tant de ses rivaux en respect. Je sais

que même certains de mes hommes le craignent.

— Va te faire foutre, sale fils de pute.

L’arme pointe maintenant vers mon front.

— C’est toi ? me questionne-t-il d’un ton placide. C’est toi qui as buté

l’un de mes gars, n’est-ce pas ? Tu n’imagines pas comme ça me réjouit

que tu aies enfreint le contrat, ça me donne une bonne raison pour flinguer

ta putain de cervelle de mes deux.

— Oh, pas à nous, Nass, ironisé-je. Ne nous fais pas croire que t’es là

pour venger ton larbin. Toi et moi savons très bien ce que tu viens faire ici.

Malheureusement, pas sûr que tu repartes avec.

Avant qu’il ait le temps de répliquer, j’entends la porte de la chambre

d’Helena s’ouvrir. Comme nous sommes toujours dans l’entrée, le gangster

n’a qu’à lever les yeux pour la voir apparaître près de la rambarde du

balcon.

Je la trouvais déjà particulièrement jolie, mais je manque de

vocabulaire pour décrire la demoiselle qui nous fait face. Elle est si

époustouflante qu’elle pourrait en réveiller les morts. Je suis tant ébahi que

j’en oublie quelques secondes la jouxte verbale que j’ai engagée avec notre

« invité ».

Elle descend les marches avec une sensualité que je lui découvre et

s’approche de nous jusqu’à s’accoler à mon épaule. Un frisson me

comprime les reins, je prie pour que ce détail leur échappe. Si je ne le connaissais pas bien, je peinerais à savoir s’il est au courant de l’existence

de celle qui vient de nous rejoindre, tant sa posture est imperturbable.

Pourtant le masque de fureur qui déforme légèrement sa mâchoire le trahit.

— Bonsoir, Nass, susurre-t-elle. Ravie de te revoir.

Le gangster reprend aussitôt contenance. Il range lentement son arme

dans son holster, et un sourire aux lèvres, extirpe son paquet de cigarettes

qu’il me tend avant de se servir lui-même. Toujours sans un mot, il allume

sa clope, puis me passe le briquet pour que je fasse de même. Je sens la

jolie brune se contracter face à l’attitude déroutante de son ex-amant. Loin

de s’avouer vaincue, elle fait glisser ses doigts fins dans les miens, ce qui ne

loupe pas à Nass. Ce dernier tire une latte en la toisant si intensément que

c’est à se demander s’il ne va pas la tuer dans la seconde. Je veux qu’il

explose, qu’il devienne fou, mais là encore, le maître en la matière me

contre en restant quasiment de marbre.

— Plaisir partagé, répond-il finalement. Je vois que tu as trouvé le

pigeon parfait. Félicitations.

Mes dents se dévoilent face à cette attaque personnelle. À mon tour…

Délicatement, je détache nos mains pour venir glisser la mienne sur la

croupe de la jeune femme. D’un coup sec, je la ramène contre mon torse,

avant de lui caresser les cheveux.

— En effet, cousin. Dorénavant, Helena vivra sous mon toit. Mieux

encore, nous tenions à t’annoncer que d’ici quelques mois, cette charmante

demoiselle deviendra ma légitime épouse.

Je pensais que mes mots contracteraient ma partenaire de comédie,

toutefois au contraire, celle-ci plonge ses grandes billes émeraude dans mes

pupilles pour m’accorder un sourire ravageur. Elle pivote ensuite et tend

l’avant-bras vers Nass, qui découvre en même temps que moi, la bague

trônant fièrement à son annulaire.

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