Toxic - t.2 (Dark romance) (French Edition)
Chapitre 51
Helena
Bring Me Down – B3lla, Chenda
La robe tombe à mes pieds en un bruit sinistre, laissant apparaître mes
sous-vêtements. Je me couvre la poitrine de mes avant-bras simulant une
intention de préserver mon intimité. Mon ventre légèrement arrondi ressort,
je prie pour qu’il ne le remarque pas. Heureusement, ses pupilles se dilatent
à la vue que je lui offre, et sa mâchoire se décroche presque.
— Dégagez de là, braille-t-il à ses salariés qui déguerpissent aussitôt,
nous laissant seuls pour ma plus grande sérénité. Et toi, tourne sur toi-
même.
Il répète les ordres donnés lors de notre rencontre, comme si Nass avait
su avec précision comment l’appâter la dernière fois. Répondant à son
injonction, je pivote sur moi-même, soulagée de lui cacher mon abdomen.
Le vent léger fait voler mes cheveux longs qui frappent mes clavicules pour
glisser derrière mes épaules. Je ferme les yeux avant de respirer un grand
bol de cet air tiède apaisant.
Je sens à peine ses paumes se poser sur mes fesses pour les peloter sans
douceur. Dans la foulée, mon postérieur reçoit un soufflet provoquant un
claquement sourd. Je plisse un peu plus les paupières tandis qu’un pic d’adrénaline que j’ai de plus en plus de mal à contrôler me vrille
l’organisme.
Un peu de patience, Helena.
Je suis brusquement retournée pour lui faire face, et sa bouche
immonde se plaque sur la mienne. Je révulse un hoquet de répulsion, mais
ne m’oppose pas. Mué par une excitation digne d’un ado de quinze ans, le
pervers se frotte contre moi en me tripotant partout où il peut placer ses
paluches. Je tente de le repousser, il me dégoûte. Sauf que cela ne lui plaît
pas du tout.
— Ah, tu ne vas pas commencer, ma petite.
D’un revers de la main, il m’expédie une gifle qui me sonne presque.
Heureusement que j’y suis habituée depuis l’enfance et que la mafia a
intensifié mon expérience, sans quoi, je serais sans doute à terre. D’ailleurs,
l’étonnement qui lui barre les sourcils me confirme qu’il cherchait à
m’assommer.
Ah, c’est certain, c’est plus facile de s’en prendre à des gamins…
Je ne peux pas contre-attaquer, sinon tout mon plan tombera à l’eau.
— Non, pardon, crié-je comme si j’étais terrorisée à l’idée qu’il réitère
son geste. Excusez-moi, je ne recommencerai plus.
À moitié satisfait, mais sans répliquer davantage, il m’agrippe la taille,
puis me rapproche à nouveau de lui pour m’embrasser furieusement. Dès
qu’il est contenté, son torse s’écarte enfin du mien, pourtant je défaillis en
le voyant attraper un martinet qui avait échappé à mon observation.
— Passons à la partie que je préfère, grommelle-t-il.
Je recule, non pas de peur, mais par crainte de perdre la maîtrise de
moi-même s’il ose me… Et merde, ma poitrine vient d’être flagellée des
lamelles de cuir. La douleur a irradié jusqu’à mes orteils, et j’ignore par
quel miracle je n’ai pas hurlé tant l’attaque a été soudaine. Juste après, une gifle me percute la pommette. Ce salopard me donne du fil à retordre, car je
ne m’attendais pas à ses penchants sadomasochistes. Son infamie va plus
loin que je le pensais. Il prend son pied en torturant des femmes, des
enfants, peut-être même des animaux. Tout être vivant se trouve dans sa
ligne de mire. Malheureusement pour lui, cette fois, il a pêché le mauvais
poisson, et il va vite le découvrir.
La douleur cuisante sur ma poitrine couplée à celle de mon faciès
allume le brasier alimentant mes démons. Je m’en réjouis, je vais avoir
besoin d’eux pour que ma riposte soit à la hauteur. Je n’en peux plus. Tant
pis, j’abrège. D’un geste dont je tente de contrôler la force, je le pousse
gentiment afin qu’il s’assoie sur son fauteuil, tout en affichant un air
provocateur. Ma lèvre se retrousse en un sourire taquin, avant que je la
mordille sensuellement, comme si toute cette violence m’avait excitée. Je
mise sur le fait qu’il a vu à l’œuvre ma propre perversion pour être
crédible.
Je crains que ce soudain changement de comportement lui mette la
puce à l’oreille, mais quand sa bouche s’entrouvre pour m’offrir un rictus
complice, je manque de m’esclaffer. Quel putain d’abruti !
Je m’approche de manière érotique, rentrant le ventre au maximum,
puis m’installe à califourchon sur ses genoux avant d’agripper sa cravate
des mains pour l’attirer à moi. Comme je le présumais, le criminel me laisse
prendre le contrôle. Alors, j’avance mon visage à quelques millimètres du
sien, poussant le vice jusqu’à taquiner sa mâchoire rugueuse de ma langue.
Son grondement sonore résonne pendant que mon bassin se plaque contre
son entrejambe dont je ne sens même pas la bite ramollie.
— J’aime ce que tu me fais… susurré-je.
— Ce connard de gangster avait raison. Tu méritais bien ce qu’il me
demande en échange.
Je me force à l’embrasser du bout des lèvres alors que la nausée me
saisit de plus en plus.
Tu vas très vite déchanter, fais-moi confiance.
J’ondule contre lui, histoire de rendre mon coup de force plus puissant
encore.
— Dis-moi, sale fils de pute, est-ce vrai que tu utilises des gamins pour
assouvir tes déviances sexuelles ?
Évidemment, son visage se décompose aussitôt pour se tordre dans un
rictus maléfique. Ses paluches virent de mon cul pour m’agripper les bras.
Trop tard. La lame de rasoir que j’avais dissimulée dans mon string est
désormais sur sa trachée.
— Pas un geste, « mon petit », glissé-je tout contre son nez.
— Espèce de salope, je vais te…
J’appuie le métal plus profondément contre sa peau ridée.
— Chut… ne perds pas ton temps avec les insultes. Tu n’en auras
aucune d’originale à m’affubler.
Mais, alors qu’il est menacé, une expression de défi brille dans ses iris.
J’aperçois trop tard sa main posée sur le côté du fauteuil, il vient d’appuyer
sur un bouton d’alerte censé interpeller son peloton de sécurité. À mon
regard, il devine que j’ai saisi, son rire triomphant explose donc près de mes
oreilles.
En effet, peu de temps après, des pas d’individus nous parviennent.
— Je vais te massacrer, petite pute. Tu vas souffrir comme jamais. Je
laisserai toute la ville t’enculer et te baiser par tous les trous.
— Je peux commencer ? intervient une voix d’homme qui le fait
sursauter de terreur.
Son cou se dévisse instantanément pour lui permettre de s’assurer qu’il
ne rêve pas. Dans son empressement, il oublie l’arme collée à sa pomme d’Adam et cette dernière lui incise l’épiderme pour mon plus grand délice.
— Avec plaisir, bébé, ricané-je à l’adresse de mon mari, dont le
silencieux est dirigé vers le crâne dégarni de mon prisonnier.
— Je passe en deuxième, susurre Dimitri qui vient se planter à côté de
son cousin.
Le filet de sang provoqué par la coupure glisse jusqu’à la chemise de
l’homme qui se liquéfie sur place. Je peux sentir l’intégralité de ses muscles
se contracter sous les miens. Quelle sensation exquise. Pressée de
m’éloigner de cette pourriture, je m’écarte, puis rejoins le duo, un sourire
franc sur les traits. Aucun des deux n’arrive à se contenir d’examiner mon
corps presque nu, et cela m’amuse. À mon tour, je détaille la tenue que
revêt mon époux en me retenant de ne pas me lécher les babines.
Décidément, j’adore quand il porte ses jeans qui lui vont à la perfection.
Son gilet pare-balles, qui par ailleurs se trouve être troué, repose sur un t-
shirt gris à manches courtes. Ses bras athlétiques, ruisselants de sang, me
font tourner la tête. Cependant, Dimitri aussi saigne. Apparemment, la
riposte a été rude.
Quand je pivote pour revenir à notre sujet de prédilection, je remarque
que le gouverneur a levé les mains en l’air. Il lance des œillades agitées par-
dessus son épaule, dans l’incompréhension.
— Tu te demandes pourquoi aucun de tes hommes n’intervient ?
questionne Dimitri en ricanant.
— Ils sont morts, enchaîne Nass.
Les pupilles de notre cible se remplissent de terreur. Sa lâcheté n’a
d’égal que son insanité. Le gangster, quant à lui, braque le regard sur ma
poitrine, puis sur mes joues rosies.
— Je vois que tu t’es amusé avec ma femme Wilton.
Le teint du gouverneur vire au verdâtre, alors qu’il tremble de tout son
corps.
— Ta… ta femme ? bredouille-t-il.
— Ma femme, oui.
Il a répondu avec une tout autre intonation. Lui aussi peine à contrôler
la fureur qui ne demande qu’à s’échapper de nous. Je plaque une main sur
sa poitrine, puis me colle à son corps bouillant.
— Calme-toi, mon chéri. Nous avons tout notre temps…
Ses pupilles ne quittent pas Wilton.
— Que ferais-je sans sa sagesse ? le questionne-t-il en soulevant les
épaules, un sourire cruel au coin de la bouche
Je ricane en posant la tête sur son biceps. Le lancinement de ma peau
fouettée s’estompe aussitôt qu’une sensation bien particulière m’emplit au
contact de son corps. Je croise le regard bleu polaire de Dimitri qui réagit
par un petit haussement de sourcils espiègle.
— Il a une cave, lui dis-je en maintenant le lien visuel.
— Intéressant, répond-il en s’éclipsant.
— Où va-t-il ? clame notre future victime.
— Ferme ta gueule.
Nass a perdu son sourire. La rage de ses iris peine à se voiler. Il va
mordre, et ça va saigner.
— Helena, passe-moi le martinet avec lequel il t’a frappée.
— Non, non, je vous en supplie, tente-t-il de plaider tandis que je
déambule jusqu’à l’objet.
Quand je me baisse pour le ramasser, j’en profite pour me cambrer et
ainsi offrir une vue plongeante de mon entrejambe à mon âme sœur.
Dans la lettre que je lui ai écrite, en plus de lui exposer mes sentiments,
j’ai détaillé tout mon plan et ce que j’attendais de lui. J’ai réalisé la même missive à Dimitri. Leur coopération était indispensable pour le succès de la
mission. Comme j’avais absolument besoin d’eux pour survivre ici, je me
doutais qu’ils feraient le nécessaire. Nass m’a assuré que j’avais les rênes
de son pouvoir, je m’en suis emparée. Je considère avoir bien fait puisque
les deux hommes sont à mes côtés.
Lorsque je pivote pour rapporter le fouet à Nass, je me réjouis de voir
une étincelle lubrique se mêler aux démons qui dansent dans le bleu océan
de ses iris. J’ai réussi à allumer son désir et m’en délecte. Une fois
l’instrument posé dans sa paume, je lui adresse mon expression la plus
coquine, alors en réponse, il me chope par l’arrière du crâne pour
m’embrasser sauvagement. Son odeur virile remplace celle du porc, et ma
langue s’empresse de rejoindre la sienne. Nous sommes si brutaux que nos
dents s’entrechoquent. Nos paupières grandes ouvertes nous permettent de
nous délecter de la vision de l’autre, mais d’un coup, ses pupilles dévient
des miennes. L’instant d’après, il m’écarte et son bras qui tient le fouet
s’élance dans les airs.
Le bruit caractéristique du cuir qui claque contre la peau résonne dans
la pièce, suivi de près par un hurlement de douleur masculin. Je comprends
que pendant notre rapprochement, le filou a tenté de nous échapper.
Maintenant, il a les mains posées sur son minois, Nass l’ayant atteint en
plein visage.
— C’en est fini de vous, braille Wilton. Je vais vous faire enfermer
pour les trente prochaines années.
Mon mari avance à pas mesurés vers le politicien qui continue à se
tenir le front en coupe. Il lève à nouveau le poing pour le frapper une
seconde fois à l’aide de son propre maillet. Les coups pleuvent sous les
vociférations sinistres de l’homme dont la peau s’écartèle à mesure que le
cuir la cingle.
Très vite, sa chemise devient écarlate, et son visage ne ressemble plus
qu’à une immense plaie. Je suis obligée d’arrêter Nass, sinon l’autre crèvera
avant la fin des hostilités.
— Tu as osé la toucher ? rugit le bourreau.
— Je savais… pas… balbutie la victime entre deux étranglements de
supplice.
D’une main sur son dos, je le ramène au moment présent. Nass
comprend le message et lâche l’arme qui percute le sol au moment où
Dimitri remonte. Quand il voit l’état du gouverneur, il arque un sourcil
avant de s’allumer une clope et d’en tendre une à son cousin.
— Vous auriez pu m’attendre, plaisante-t-il en inspirant une taffe de
nicotine.
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