Toxic - t.2 (Dark romance) (French Edition)
Chapitre 32
Nass
Après qu’elle a récupéré le souffle qu’elle avait perdu, ses grands yeux
émeraude me contemplent d’une drôle de manière, juste avant que son rire
cristallin explose à l’image d’une assiette en porcelaine projetée sur le sol.
— Bien sûr, quand et à quelle heure ?
Je souris à mon tour avec l’envie sournoise de la baiser sauvagement.
Ses réparties cinglantes, son irrespect, sa façon bien à elle de s’adresser à
moi ne me mettent plus hors de moi. Bien au contraire.
— T’as été facile à convaincre, je réponds avec le plus de sérieux
possible. Puisque tu le demandes, ce sera demain à la première heure.
Son attitude victorieuse s’efface, remplacée par une réelle inquiétude.
Ses traits se ferment et, à présent, les émeraudes m’envoient des balles
chemisées[9], du même acabit que celles que j’utilise dans des situations
moins sensuelles. Mon rictus renaît.
— Quoi donc, Helena ? Aurais-tu une protestation quelconque à
faire ?
Elle respire profondément en me sondant avec une telle intensité qu’il
m’est difficile de rester concentré sur notre discussion pourtant lourde
d’importance. C’est une décision à double tranchant, toutefois, il est hors de
question de la laisser libre d’épouser n’importe qui ou pire, Dimitri. Depuis
que l’un de mes indics m’a prévenu qu’il l’avait touchée contre sa volonté
dans sa bagnole, une frénésie sanglante remplace ma conscience. C’est cette
fureur qui a été le moteur de mon plan diabolique pour évincer ce fils de
pute. Et ce n’est pas fini… Je joue avec les nerfs de ma poupée brune pour
la punir d’y avoir pris du plaisir. Rien que d’y penser, je me sens perdre le
contrôle à nouveau. Ma vue se brouille et des images d’eux s’imposent à
mon esprit, me provoquant des courants électriques jusque dans les reins.
J’ai eu envie de la dépecer, de lui planter mon couteau en plein cœur pour
avoir joui dans les mains d’un autre homme que moi, avant de me rappeler
qu’elle a aussi eu un orgasme au casino, alors que, de toute évidence, elle
vivait extrêmement mal ce viol en bande organisée. Mon cousin a autant de
savoir-faire que moi pour déclencher n’importe quelle réaction sexuelle sur
une femme. La tonne de putes que nous avons baisée en Russie a été une
bonne source d’apprentissage.
Pourtant, avec mon projet de mariage, je me tire une balle dans le pied,
car le gouverneur va à coup sûr très mal prendre la nouvelle. Si mal, que la
tête de ma future épouse risque rapidement d’être mise à prix.
Bien sûr, maintenant qu’elle va être affiliée d’une manière aussi
puissante au plus gros gangster de la côte Est, elle fera la plus jolie cible
que Memphis ait connue. Cependant, il faudra me tuer avant d’espérer
toucher un seul de ses cheveux, or moi, je suis bien moins facile à atteindre
que la biche en colère qui me fait face à cet instant.
Elle va refuser pour rendre ce petit jeu encore plus amusant et excitant.
Sa rébellion me fait bander d’avance, à moins que ce ne soit sa présence près de moi, de surplus dans une telle tenue. Je suis si étroit que c’est de
plus en plus difficile de résister.
— Absolument aucune, répond-elle contre toute attente.
Sa réaction me surprend tant que je hausse les sourcils. Décidément,
elle sait me stupéfaire et y prend un malin plaisir.
— Néanmoins, ôte-moi d’un doute, es-tu au courant que la polygamie
est interdite dans cet État des États-Unis. Pas que je sois contre un plan à
trois, mais Célia ne sera peut-être pas du même avis…
Sans pouvoir lui faire regretter son attitude provocatrice, je lui saute
dessus. J’agrippe sa lèvre inférieure de mes dents, avant qu’elle ait
l’opportunité de se soustraire à mon attaque, je l’enserre de mes avant-bras.
Son corps s’empale sur le mien. Mes sens s’emballent. Ma main gauche
s’enroule autour de sa nuque, la droite toujours en place contre ses reins, je
nous plaque contre le mur et cette perception détruit une nouvelle fois
toutes les pensées rationnelles qui m’ont un jour traversé l’esprit. Me marier
avec elle est stupide, irresponsable, d’un égoïsme sans nom. Je
m’interromps pour reprendre mon souffle et croiser son regard transcendé
par un désir que je suis le seul à comprendre. Cette fusion, cette alchimie
indicible qui nous pousse l’un vers l’autre n’a aucune justification, aucune
raison. Il y a des tonnes d’interrogations auxquelles je ne pourrais jamais
répondre la concernant. La première, surclassant les autres, étant
l’explication pour laquelle son toucher m’embrase au lieu de me rebuter,
comme c’est le cas pour chaque personne de cette putain de planète.
Hormis, une. Lorsque j’étais enfant. Dimitri. Le seul dont le contact ne
m’agressait pas, au contraire, me rassurait. C’était il y a longtemps, une
époque dont on ne parle plus. Une époque morte, calcinée par les flammes
de notre haine mutuelle.
Très vite, ses jolis doigts se saisissent du premier bouton de ma
chemise pour le défaire, mais je n’ai ni le temps ni l’envie de prolonger le
plaisir. D’un mouvement du poignet, cette dernière est arrachée et projetée
au sol, alors enfin, sa putain de bouche divine se pose sur mon torse. Je
bascule la tête en arrière pendant qu’elle dessine de sa langue les contours
des cicatrices qui courent derrière les tatouages. Impossible de me retenir
plus longtemps sans jouir dans mon caleçon comme un puceau de quatorze
ans. Dans la même hâte, je déboucle ma ceinture, pour ensuite sortir ma bite
et la plaquer contre son pubis. Il m’en faut plus, j’agrippe le bord de son
sous-vêtement, qui rejoint le reste de nos fringues attestant de la violence de
notre désir, toutefois, elle me prend de court en me repoussant avant
d’esquisser un pas sur le côté.
Frustré, un grognement de rage émerge de mon larynx, le visage
transcendé par l’impossibilité qu’elle m’échappe. Pourtant, au moment où
j’amorce une enjambée vers elle, dans une attitude si hostile qu’elle ferait
frémir le KGB, elle s’agenouille, me déconcertant totalement.
— Voyons voir si je suis plus ou moins douée que ton épouse.
Et elle hausse un sourcil avant de caresser du bout de la langue mon
gland tendu à l’extrême.
Je halète et mes yeux roulent dans leur orbite. J’aurais adoré soutenir
son regard provocant, mais mes paupières se plissent d’elles-mêmes sous la
puissance des sensations.
— Est-ce qu’elle te faisait ça pendant que je t’observais ?
Elle joint sa question à ses actes, en plaquant les paumes contre mes
testicules pendant qu’elle englobe ma hampe dans l’entièreté de sa cavité
buccale. Je m’entends rugir de plaisir. C’est si bon que je ne sais plus si je
respire ou non et que je m’étonne que mon muscle cardiaque batte encore.
— Dis-moi, Nass, reprend-elle alors que ma queue est déjà en manque
de sa moiteur. T’emmenait-elle aussi loin que j’arrive à le faire ?
Sans me quitter des yeux, elle ouvre la mâchoire en tirant la langue,
m’invitant à m’y réinsérer. Je ne me fais pas prier et m’enfonce d’un coup
de bassin puissant qui, je l’espère, répond à toutes ses questions. Ses allers-
retours sont tantôt sensuels, tantôt vigoureux. Elle s’amuse à accaparer un
contrôle que j’admets lui céder l’espace de quelques minutes. Mais très vite,
mes bas instincts reprennent le pouvoir, et je lui empoigne les cheveux pour
l’entraîner dans mon propre tempo.
Mon envie est devenue si violente, si dangereuse que j’ai toutes les
peines du monde à me dominer et à ne pas l’étouffer sans remords. Malgré
tout, elle tient le rythme, continuant à m’observer avec une attitude aux
antipodes de la soumission que cette position représente.
Quand je jouis sauvagement en grondant comme un diable dans ce
bureau qui ne pourra jamais effacer l’acte qui vient de s’y dérouler, j’ai une
pensée pour mon abruti de cousin.
T’as vraiment été le roi des cons de la laisser t’échapper.
J’oublie de mentionner que j’ai été le premier à commettre cette erreur.
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