Toxic - t.2 (Dark romance) (French Edition)

Joyce Kitten · Chapitre 21 sur 59

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Toxic - t.2 (Dark romance) (French Edition)

Chapitre 18

Dimitri

 

C’est la merde. Je ne m’attendais pas à ce qu’Helena soit capable de

buter un mec quasiment à mains nues. Je découvre certaines facettes d’elle

qui sont loin de me laisser de marbre. Et ça, c’est un vrai problème. Non

seulement parce qu’elle peut tuer des membres de mon clan et que ça me

fait bander, mais en plus, elle devient dangereuse même me concernant.

Elle aurait dû y passer. N’importe qui d’autre serait mort, et si jamais l’info

que je l’ai épargnée vient à se répandre, je suis foutu. Mon rêve de monter

au sommet de la mafia tombera dans le néant. Je pourrais faire une croix sur

toute l’organisation qui régit ma vie depuis l’enfance.

J’ai préféré couper court hier soir pour éviter : soit de la tuer, soit de

l’enculer à sec. Elle me fait un effet de fou, et je pressens qu’il est impératif

que je m’en éloigne. Je dois conserver mon plan initial qui est de l’exploiter

pour détruire Nass, elle doit uniquement rester le pion d’un échiquier de

grande échelle. Je pars tôt ce matin, le soleil n’est même pas encore levé.

Nous devons nous rendre dans un hangar près des docks pour récupérer la

marchandise qui nous servira ce soir. Les gars me suivent en voiture

puisque j’ai décidé d’utiliser ma moto. Les 242 chevaux du moteur de la

Midalu me propulsent sur l’asphalte avec tant de puissance que j’en ai

l’impression de voler.

Les vieux bâtiments dont les couleurs ont terni, balayés par les vents

marins, sont visibles à des kilomètres à la ronde. Lorsque je m’y engouffre,

je repère d’emblée Vlad, adossé contre son Range Rover. Le mafieux

discute avec notre fournisseur, Patrick, un élément majeur de nos affaires

américaines, puisqu’il contrôle une bonne partie de la contrebande navale.

Je les rejoins d’un pas vif, pressé d’en finir. L’impatience me met à cran, la

journée s’annonce longue.

— Ah, Dimitri, me salue mon oncle. On était justement en train de

parler de toi.

Je serre la main que me tend Patrick avant de répondre d’un ton bourru.

— Effectivement, c’est une sacrée coïncidence, ce n’est pas comme si

on avait rendez-vous.

Vlad s’esclaffe, comme à son habitude, loin d’être décontenancé par

mon ironie.

— Ne fais pas attention à lui, Patrick. Dimitri est un peu stressé en ce

moment.

Puis, il se penche vers son interlocuteur, comme pour lui confier un

secret, un petit sourire hypocrite aux lèvres.

— Les femmes… tu sais ce que c’est…

Je maîtrise les pulsions de violence qui soufflent dans mon organisme.

Vlad est un parfait exemple de sournoiserie. Il ne répondra que rarement par

la brutalité à mes manques de respect. Il préfère l’humiliation, se contentant

de parler de moi comme d’un ado de 17 ans et je suis sûr qu’il adorerait que

je m’énerve pour illustrer sa moquerie.

— Exactement, répliqué-je. Je déteste traiter d’affaires quand je n’ai

pas eu mes trois pipes matinales.

Au tour de Patrick de s’esclaffer, alors que le visage de Vlad se crispe

subtilement.

— Bon, sur ce, montre-nous ce que t’as pour nous, tranché-je, mettant

fin à ce combat de coqs que je viens de toute évidence de gagner.

Aussitôt, le trafiquant se dirige vers l’entrée d’un container, nous

invitant à le suivre. Je fais un bref signe aux hommes éparpillés autour de

nous pour leur intimer l’ordre de se disperser afin d’assurer un périmètre de

sécurité. Je ne fais confiance à aucun de ces fils de putes d’Américains,

même s’il faudrait être suicidaire pour s’en prendre à la famille de l’un des

parrains les plus craints de la planète.

L’entretien et la transaction se passent sans accroc. Vlad et moi

retournons à nos bolides, satisfaits. J’allume une clope, puis exulte lorsque

la nicotine s’engouffre dans mon système sanguin. La vapeur opaque

m’occulte les voies respiratoires, toutefois enfin, mon rythme cardiaque

s’apaise.

— J’ai appris que mon neveu préféré allait devenir un honnête

homme ? glisse la voix perfide à l’accent russe qui me hérisse les poils.

Un rire nasal m’échappe en même temps que la fumée fraîchement

inhalée.

— Finalement, je me demande si je ne vais pas l’épouser pour de vrai,

répliqué-je mi-amusé, mi-sérieux.

Mon oncle secoue la tête avec dépit, je rive mon regard au sien.

— J’espère qu’elle ne deviendra pas un problème plus important,

reprend-il, le ton soudain bien plus menaçant. Si cette petite guerre entre

Nass et toi dégénère, compte sur moi pour y mettre un terme efficacement.

On n’a pas le temps avec ces conneries, syn[6].

Je détourne les pupilles vers le ciel grisâtre de cette journée de fin mars

qui signe la future trêve hivernale malgré tout. Vlad sous-entend que la vie

d’Helena est en jeu, pourtant je ricane intérieurement. Pense-t-il

sincèrement qu’il nous faut une excuse pour nous détruire alors que nous en rêvons depuis plusieurs décennies ? Pour une femme ou une part de pizza,

nous trouverions de quoi nous étriper.

Sans une réplique, je jette mon mégot au sol avant d’enfourcher ma

moto pour repartir vers le sujet de toutes les discordes.

 

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