Toxic - t.2 (Dark romance) (French Edition)

Joyce Kitten · Chapitre 55 sur 59

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Toxic - t.2 (Dark romance) (French Edition)

Chapitre 52

Nass

 

Nass, 3 heures avant.

 

La journée a été fructueuse, mais longue. Les discussions avec Vlad à

propos de mon investissement avec le réseau mafieux pour apporter des

billes à la filiale américaine me tapent sur les nerfs. J’ai conscience que les

BM me servent de tremplin pour un avenir bien plus florissant, mais croiser

mon business avec Borya ne m’intéresse pas. Du moins, pas tant qu’il en

est à la tête. Je ne suis pas stupide, si Vlad se donne tant de mal à me

convaincre de me rallier à eux, c’est qu’il connaît parfaitement mon

potentiel pour en avoir été l’un des formateurs. Mon oncle a été le plus

honnête de toute la clique et le seul qui ait un tant soit peu accordé

d’affection à Dimitri. Même s’il faisait partie de l’équipe qui a assassiné

mon village natal, j’ai appris à tolérer sa présence parce qu’il s’occupait

de mon cousin et que ce dernier était le centre de mes priorités à l’époque.

Penser à ça me fait grimacer. Les révélations de Vlad ont creusé leurs

sillons dans ma conscience, ce que j’ai découvert change la donne. Nos

relations ne seront plus jamais ce qu’elles étaient, néanmoins…

Je n’ai presque pas fermé l’œil de la nuit. La soirée a été riche en

annonces ou confessions dont j’étais le sujet principal. Je vais devenir père,

et Helena a préféré confier cette information cruciale à Dimitri. Toutefois,

elle n’avait pas tort. Je n’aurais jamais toléré qu’une de mes putes tombe

enceinte, elle aurait été envoyée illico chez le premier gynécologue du coin.

Je suppose que la jolie brune avait peur que je fasse de même la

concernant. Je me pince l’arête du nez en plissant le front.

Comment ma vie a pu tourner de cette façon en à peine un an ? Il y a

encore six mois, j’aurais pu buter une nana si j’avais appris qu’elle était en

cloque de moi. Les paroles d’Helena résonnent en boucle dans ma tête : «

Un bébé serait une cible idéale. Avec lui, on pourrait facilement te menacer

et te soumettre ». C’est exact et c’est précisément pour ce motif

qu’entretenir une relation avec une femme était rédhibitoire. Or à ce jour,

j’en ai obligé une à m’épouser et suis le géniteur de l’enfant qu’elle porte…

La savoir près de Dimitri, avoir conscience qu’il lui était possible de la

toucher m’a fait agir avec précipitation. La jalousie, la folie ont perverti

ma raison et mon discernement. Ou alors, je suis juste obnubilé par cette

femme, depuis la seconde où j’ai posé mes yeux de détraqué sur elle. Ce

triste constat m’oblige à avouer que cette grossesse me galvanise, car elle

assied une conquête qu’aucun homme ne pourra me soustraire. Avec ma

progéniture, je la possède totalement et rien que d’y penser, ma queue

gonfle sous ma braguette. D’une main, je la repositionne avant de sortir de

ma voiture, puis de me diriger vers la porte d’entrée. Je fronce les sourcils

en remarquant que la M4 n’est plus garée à sa place, et mes sens se

dézinguent lorsque l’image de mon épouse à son volant en train de fuir

suite à notre dispute s’impose à mon esprit.

Une fois débarqué en trombe dans le vestibule, j’aperçois une lettre sur

la table basse. Mes dents se serrent si fort que ma mâchoire craquelle aussi rapidement que ma respiration s’intensifie. Elle n’a pas intérêt à avoir fait

ça. Que Dieu m’entende, si Helena s’est barrée, je la traquerai jusqu’à ce

que mort s’ensuive. D’un geste hargneux, je la déplie. Au fur et à mesure

que j’avance dans la lecture, je passe par une multitude de sentiments.

D’abord, le soulagement. Non seulement elle ne m’a pas quitté, mais en

plus, elle me déclare une seconde fois son amour. Cependant, l’ascenseur

émotionnel fait une chute libre et je cligne des paupières à plusieurs

reprises pour être sûr de ne pas inventer ce que je suis en train de

déchiffrer.

Elle est chez le gouverneur. Cette cinglée s’est livrée pour le piéger et

nous demande notre aide commune avec Dimitri pour que son projet

aboutisse.

Je comprends qu’elle veut faire d’une pierre deux coups. M’assurer la

prospérité en retirant Wilton du jeu, puis venger les victimes de ce fumier

par la même occasion. Vu son passé, il était évident qu’agiter l’odeur d’un

pédophile sous son nez la ferait sortir de ses gonds et activerait son mode

sociopathe. Toutefois, comme je ne lui ai rien dit à ce propos, je suppose

que Dimitri s’en est chargé pour moi. Je grogne de rage en empoignant

mon téléphone. Heureusement, mon interlocuteur décroche à la première

sonnerie.

— Je vais te tuer, Dim. Je te jure que j’aurai ta peau, fulminé-je.

Pourquoi t’as ouvert ta grande gueule, bordel de merde ?

Son petit ricanement reconnaissable entre mille précède sa réponse.

— Tu t’es marié à Xena, que veux-tu que j’te dise ? se marre-t-il.

Je ne suis en revanche pas du tout amusé.

— Dans la lettre qu’elle m’a écrite, elle indique que tu es au courant.

Apparemment toi, tu as reçu un message vocal. Pourquoi tu ne m’as pas

appelé aussitôt ? fulminé-je.

— Parce qu’elle m’a expressément demandé de ne pas le faire. Il me

semble que ta jolie nana a établi un plan très détaillé, or, toi comme moi

savons à quel point il est impératif de suivre les ordres fixés par le

commanditaire.

— Fait chier, bordel ! Il faut qu’on y aille et vite. S’il s’aperçoit que

quelque chose cloche, il l’abattra comme un chien.

Il souffle de dépit et si je l’avais en face de moi, je lui éclaterais le

visage contre un mur.

— J’ai respecté certaines de ses demandes, mais tu ne croyais quand

même pas que j’allais rester là, à poireauter, avant que tu trouves enfin le

chemin de ta maison ?

Mon front se plisse.

— Mes hommes sont sur place, planqués, m’informe-t-il. Un sniper est

prêt à tirer sur la gueule de ce fils de pute au moindre signe de danger.

Je ne prends pas la peine de camoufler mon soupir de soulagement,

alors que je plaque la main contre le mur face à moi pour supporter mon

poids.

— Rejoins-moi au plus vite. Il faut qu’on attaque.

Au même instant, j’entends la porte de la maison s’ouvrir et

m’empresse de sortir mon arme, que je pointe vers l’entrée jusqu’à voir

apparaître la tête blonde du mafieux qui éclate de rire en raccrochant.

— Je te l’ai dit, Nass, j’aurais toujours une longueur d’avance sur toi,

ironise-t-il. Maintenant, allons sauver le cul de ta mère porteuse.

 

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