Toxic - t.2 (Dark romance) (French Edition)
Chapitre 54
Helena
Machine - Neoni
Helena, moment présent.
— C’est bon ? questionné-je Dimitri.
Il fronce le front et son air se rembrunit.
— Ouais, acquiesce-t-il après un instant de mutisme.
Même s’il a repris constance, mon estomac se tord. Le mafieux est
descendu dans la cave suite à mes instructions. Dans mon message, je lui ai
demandé de contribuer à sauver la vie des enfants et des femmes qui
devaient être enfermés dans la résidence du pédophile. Apparemment, j’ai
vu juste, pourtant j’aurais préféré me tromper. Imaginer ce que Dimitri a pu
découvrir pour le troubler autant donne l’essence au moteur de ma noirceur
pour l’aider à exploser les compteurs. Maintenant que les victimes ont été
extradées de la demeure et que les fidèles de cette pourriture sont tous
crevés, nous n’avons plus qu’à nous mettre en action, avant que les forces
de l’ordre arrivent.
— Tu ne trouves pas étrange qu’aucun flic ne soit déjà là ? interrogé-
je mon époux dont le regard acide était toujours posé sur le blessé.
— C’est exactement ce que j’étais en train de me dire, intervint
Dimitri. J’ai comme dans l’idée que notre petit gouverneur n’avait pas très
envie que la police vienne dans le coin, n’est-ce pas, Wilty ?
Je réprime un sourire en entendant ce surnom ridicule qui contribue à
humilier le politicien.
— Hein que tu voulais pas qu’ils mettent leur truffe par ici ? ricane
Dimitri en s’accroupissant pour parler à Wilton qui est affaissé contre son
fauteuil.
Ses orbites se révulsent, témoignant de l’horreur qui le saisit quand il
comprend qu’on a deviné qu’aucun flic n’interviendrait. Cette fois, je laisse
mon sourire m’écarteler les lèvres. Parfait.
— Pauvre Wilton, susurre Nass. Ta mort aurait dû être rapide… il faut
croire que tes travers sexuels t’auront mis dans la merde jusqu’à la fin. Le
karma, le karma…, un si joli mot pour une si lourde signification.
Le supplicié grogne de rage.
— C’est toi qui me parles de karma, rétorque-t-il avec un rire sans joie.
Je ne serai plus là pour le voir, mais ta déchéance est toute proche.
Nass me contourne pour se positionner debout, face à lui, un rictus
méprisant aux lèvres.
— On se retrouvera en enfer dans ce cas-là.
Sur ces paroles, il extirpe une paire de menottes de la poche de son jean
noir avant de l’agripper par sa chemise écarlate pour le jeter avec violence
au sol.
Il se penche pour placer un genou contre la colonne vertébrale du
pédophile, ce qui le fait rugir de douleur. D’un geste, il récupère ses
poignets pour les joindre derrière ses reins et les attacher. Les entraves sont
si serrées que la peau boursoufle au bord des bracelets métalliques. Le petit couinement qui glisse du larynx de gouverneur garantit que le lancinement
doit être cinglant.
D’un coup de pied, le gangster l’oblige à basculer sur le dos.
À mon tour.
Les effluves de la clope de Dimitri qui se consume englobent nos
silhouettes. Si seulement j’étais autorisée à boire… à ce stade, j’aurais bien
besoin d’un remontant pour engourdir la frénésie qui monte en puissance
dans mon système nerveux. Je ne dois pas aller trop vite. Je veux qu’il
souffre. D’autant plus en sachant maintenant que personne ne viendra nous
déranger. Les employés ont tous été kidnappés par les hommes de Dim.
Nous sommes donc seuls et libres de faire tout ce qui nous passe par la tête.
— Sais-tu qu’il faut approximativement quatre heures pour mourir
d’une hémorragie ?
Les sourcils de notre victime se froncent, et je devine qu’il se retient de
m’adresser un regard plein de dédain. Le sang de ses plaies au visage n’en
finit pas de couler, ce qui m’impressionne sur sa capacité de combativité.
— C’est faux, crache-t-il malgré tout. On peut en mourir en quelques
minutes.
Pendant que je l’observe, silencieuse, il gigote, mal à l’aise face à mon
attitude étrange.
— Je vais t’offrir une dernière gâterie, annoncé-je.
Loin d’être réceptif à mes avances, l’homme se contracte, tentant de se
replier sur lui-même. Nass et Dimitri viennent à mon renfort en empoignant
chacun une de ses cuisses, pour le forcer à rester sur place. Je m’assieds sur
mes mollets, les cheveux me caressent la croupe des reins pendant que je le
toise sans rien manifester, puis déboutonne son pantalon de costume. À
l’aide de mon rasoir, je m’attelle à trancher son caleçon sous son expression
furibonde.
— Dégage salope ! vocifère-t-il, ce à quoi je réponds par un rictus
malsain.
Son sexe ramolli, à peine plus grand que mon majeur est exposé à nos
yeux. Je me penche vers la droite jusqu’à toucher l’épaule robuste de
Dimitri afin de récupérer sous sa ceinture l’instrument qui m’intéresse. Mon
acolyte me laisse faire, mais je peux voir son souffle s’accélérer au contact
de mon torse à moitié nu contre son corps. Quand Wilton aperçoit la lame,
il comprend et part alors dans un hurlement si aigu que je me retiens
d’éclater de rire.
— Est-ce le bruit que faisaient tes victimes quand tu les pénétrais ? lui
demandé-je faussement curieuse. Quel âge avait le plus jeune des gamins
que tu as baisés de force avec ce bourgeon qui te sert de pénis ?
— Je vous en supplie, pas ça, implore-t-il.
Il pourrait tout aussi bien parler au vent, tant ses jérémiades
m’indiffèrent.
— J’ai moi-même été abusée lorsque j’étais enfant, continué-je sur le
même ton calme. Sais-tu combien de fois j’ai rêvé de faire ce que tu vas
subir ? Tu dois sûrement trouver ça très injuste que je te punisse toi pour
tous les autres, mais bon… La vie l’est souvent, je l’ai appris de bien des
façons.
La vigueur avec laquelle il essaie de nous échapper est impressionnante
pour quelqu’un de salement blessé. Les lésions infligées par Nass doivent
être plus superficielles qu’elles y paraissent. Finalement, il se contrôlait
pour laisser mon cadeau presque intact. Cet homme m’aime, j’en ai eu la
certitude ce soir. Si moi, j’ai couché mes sentiments sur papier, lui le prouve
par ce moment que nous vivons. Son alliance avec Dimitri, l’exécution de
mes volontés et maintenant ça : ma vengeance sur un plateau. Il n’a pas
prononcé des paroles en l’air. Un jour prochain, il tuera les hommes qui m’ont violée ou mieux encore, il me permettra de le faire moi-même, à ses
côtés. Avec lui, je serai une impératrice, une impératrice du mal, toxique,
mais une impératrice reconnue.
Je reviens au moment présent, et contracte la paume sur le manche du
poignard. Cette perception m’aide à me sentir puissante. J’approche la lame
du pénis que j’agrippe comme s’il s’agissait d’un morceau de viande
lambda. J’entends les grognements produits par l’effort de camisole de mes
deux compagnons de crime. La mâchoire de mon mari se serre alors qu’il
met toute sa force sur la cuisse et le torse du futur eunuque. Je ne fais pas
languir le suspense et pose le couteau sur la peau sensible, avant de la
trancher d’un coup franc.
Depuis que je connais Nass, j’ai entendu des personnes crier de
douleur, mais jamais à ce point. Même Jasmine était silencieuse quand son
père enfonçait son poignard dans ses chairs meurtries. Peut-être était-ce
parce qu’elle était déjà morte à mon arrivée…
Les tendons du cou de Wilton deviennent apparents. Ses yeux se
révulsent tant et si bien qu’il risque de s’énucléer. Je lui dirais bien de faire
gaffe, mais j’ai peur qu’il soit incapable de comprendre quoi que ce soit. Je
me redresse, l’abandonnant avec son martyr pour aller jeter le moignon
dans le feu de la cheminée, qui crépite un peu plus fort en avalant le pénis
grisâtre, sous les yeux de son ancien propriétaire.
Comme je suis toujours en sous-vêtements, je ferme les paupières, puis
rejette la nuque en arrière, laissant la chaleur du bois consumé me lécher la
peau. Le subtil effluve de chair grillée me dérange légèrement, néanmoins
cela ne gâche pas l’ambiance et la plénitude du moment.
Mon ricanement se mêle aux plaintes hystériques de Wilton. J’en
frissonne de délice, mais ce n’est rien comparé à ce que j’éprouve quand je
sens un torse se coller à mon dos. Aussitôt, mes fesses se cambrent sur l’entrejambe de l’inconnu, dont le grognement résonne contre ma peau.
L’obscurité produite par mes paupières accentue mon plaisir quand ses bras
viennent m’entourer la taille et que ses doigts se joignent au niveau de mon
string. Je halète dans l’impatience de la suite.
— Tu me rends dingue, souffle Nass.
Je gémis de plus belle et m’appuie un peu plus fort contre son érection.
D’un tour sur lui-même, il me porte pour nous repositionner face au
gouverneur. Ce mouvement me fait rouvrir les yeux et je discerne deux
tableaux très distincts. D’un côté, un prisonnier à terre qui pleure, la morve
au nez dans une flaque de sang répugnant qui s’écoule de son sexe disparu,
de l’autre, un mafieux dont les billes incandescentes me torpillent d’un
désir si virulent qu’il semble douloureux. J’en perds la parole en plongeant
mes prunelles brumeuses dans les siennes pendant que Nass m’embrasse la
peau du cou. Je vais me consumer sur place. Notre contact visuel ne réduit
pas en intensité quand, enfin, les doigts de mon mari glissent dans ma
culotte. Je tremble de plaisir, alors que Dimitri peine à déglutir.
Ce dernier, dont les pupilles deviennent lubriques et d’une nuance que
je n’ai jamais vue, s’accoude au mur, les bras croisés. Son menton se
redresse, laissant apparaître sa pomme d’Adam. Il est beau, encore plus
avec cet air sauvage qui déforme son minois. À cet instant précis, il me fait
penser à un prédateur prêt à bondir sur sa proie. Je suppose que la proie,
c’est moi. Malheureusement pour le loup, je suis déjà entre les mains de
l’alpha, et il ne commet pas l’erreur de s’y opposer.
Le bassin de Nass se presse plus vigoureusement contre le mien,
comme pour confirmer mes pensées. Le signal est clair : je lui appartiens. Je
lève les bras à l’aveuglette puis laisse mes doigts glisser contre sa mâchoire
jusqu’à les joindre derrière sa nuque. Il saisit le message et fond sur la
mienne pour la couvrir de sa langue chaude et sensuelle. Je m’électrise, tandis qu’un son guttural explose de sa gorge. À mon grand désespoir, il
écarte ses lèvres de ma peau, puis relève le visage. À son corps qui se tend
contre le mien, je comprends que Dimitri et lui échangent un regard lourd
de sens.
Dans ma posture, je ne peux que tenter de décrypter leur conversation
muette sur les traits du Russe, pourtant son expression, hormis l’évident
désir qui la traverse, est indéchiffrable. Leur combat visuel doit être intense
puisque le mafieux ne repose pas l’œil sur moi et, à ce moment enfin, Nass
glisse ses phalanges sur mon pubis. Sous le pic d’excitation de ce geste,
mon cœur menace de flancher et un gémissement franchit la barrière de mes
lèvres.
— Tu aimes ça, bébé ? susurre-t-il en frictionnant mon clitoris avec
une maîtrise parfaite.
Je n’entends même plus les beuglements de l’autre pourriture qui va
bientôt mourir dans d’atroces souffrances. Qu’il s’estime heureux, nous lui
offrons un tableau particulièrement sympa avant de trépasser. Les gestes de
Nass se font plus brutaux, plus incisifs, me poussant au bord du précipice.
Je fonds littéralement, si bien qu’il doit me tenir par la taille pour ne pas
que je m’écroule sous le plaisir brut que je reçois. Je plie le cou pour
trouver sa bouche, malgré une position peu confortable. Nos langues
s’enroulent l’une sur l’autre, en un ballet démoniaque. Je profite de toutes
ses sensations sans vergogne, quand bien même nous sommes observés.
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