Toxic - t.2 (Dark romance) (French Edition)
Chapitre 55
Nass
The Hills – The Week-End
Notre trio a poussé les limites de la folie ce soir. Nous venons de
démembrer la bite du gouverneur de Memphis en semant sur notre passage
une dizaine de cadavres. J’ai autorisé la partie la plus sombre d’Helena
piloter, et elle m’a épatée. La manière dont elle a géré les opérations est
digne d’une vraie criminelle. Aucun détail n’a été laissé au hasard jusqu’au
sauvetage des gosses planqués dans la cave. À présent, nous avons l’homme
le plus important de l’État, le froc baissé, en train de se vider de son sang,
sans que cela affecte la femme occupée à prendre son pied sous mes doigts.
Cette scène est hallucinante, un immense sourire sincère me barre le
visage.
J’ai bien vu la façon dont Dimitri a dévisagé le corps d’Helena quand
nous sommes arrivés tout à l’heure. J’ai senti la tension sexuelle exploser
les records alors qu’elle déambulait jusqu’à nous, les yeux rivés aux miens.
Il n’y a qu’une seule raison pour laquelle je le laisse mater la femme de
ma vie presque nue, je veux offrir à mon épouse la partie de jambes en l’air
la plus folle de son existence et, au passage, montrer à Dimitri que je suis son unique possesseur. Mon ego m’incite à lui accorder les miettes d’une
part de gâteau qu’il n’aura jamais, ou alors ce sont les stigmates restants
d’une haine que nous nous sommes portés jusque-là, qui sait… Ses pupilles
dilatées me donnent envie de pousser le vice plus loin.
Regarde, Dimitri, qui va réellement baiser celle que tu n’auras jamais.
Amuse-toi, récupère ce que je veux bien te donner.
Le grognement d’excitation qui m’échappe prouve que ce qui se passe
m’anime plus que ce que je l’avoue. Mon cousin plaque le crâne contre le
mur sur lequel il est nonchalamment adossé, et la totalité des veines de son
cou gonfle sous l’effet de son appétit. Je sais qu’il rêve d’intervenir, de me
prendre en duel pour espérer ensuite me vaincre et gagner le corps
d’Helena. Dommage qu’il ne soit pas assez stupide pour le faire, je ne serais
pas contre un combat à mort, même si je ne peux camoufler l’étincelle de
contentement d’avoir retrouvé un très ancien ami.
Sans le quitter du regard, je glisse le majeur, ainsi que l’index dans le
vagin trempé de cyprine de MA femme, en appuyant sur son dos,
l’obligeant à se pencher en avant. Elle ne résiste pas, s’installe à quatre
pattes, avant que je me positionne à genoux derrière elle. Un feulement
perce dans ma bouche quand j’observe sa croupe et son sexe ruisselant qui
retient mes doigts en otage. Mon faciès est contracté par la difficulté de ne
pas la prendre immédiatement. Je vais perdre le peu de raison qui me reste à
cause du désir qu’elle provoque en moi.
— Dis-moi que tu aimes ce que je te fais, ordonné-je d’un ton
tranchant.
Je ne ralentis pas mon doigté, donc j’ignore si elle est capable de
m’entendre, tant elle semble emparée d’une frénésie.
— Helena, dis-le où j’arrête tout.
— Je… je… j’aime ce que tu me fais.
— Plus fort !
— J’aime ce que tu me fais, rugit-elle d’une voix saturée.
Satisfait, je fixe mon cousin, qui me lance un rictus sournois, identique
au mien. Il voit clair dans mon jeu. Je n’ai pas jamais pu enterrer cette
soirée au casino où le regret s’est insinué dans mes veines pour ne plus
jamais en ressortir. Aujourd’hui, je l’extirpe de mon organisme. À l’image
d’une saignée, je purifie mon âme de ces réminiscences qui me martèlent la
mémoire. En la prenant en levrette devant lui, j’inverse les rôles. J’exige
que ce moment se grave dans ses souvenirs pour qu’il n’oublie jamais à qui
cette femme appartient.
Je reporte mon attention sur le plaisir que j’octroie à ma partenaire,
sans lui laisser de temps d’avoir les idées claires, dans le cas où elle
souhaiterait stopper cet assaut douteux. Mes mouvements s’intensifient, ses
muscles se rigidifient, elle ne se contrôle plus.
— Je veux que tu hurles mon prénom quand tu jouiras sur mes doigts.
Seuls ses gémissements bruyants trahissent le bien que je lui
administre, pourtant j’ai besoin de plus, beaucoup plus. Comme si son corps
répondait à mes attentes, je sens son antre se contracter sur mes phalanges
que ma queue rêve de remplacer.
— Yebena mat’[18], grogné-je dans ma langue maternelle.
— NAAAAAASSSSS !
Et elle jouit. Si fort, si violemment que ses jambes flageolent et que je
manque de ne pas la rattraper avant qu’elle s’écroule. Hors de question
qu’elle m’abandonne maintenant. J’ai d’autres projets pour elle. Impossible
d’attendre plus longtemps. Ma verge gonflée à l’extrême perfore ses parois
vaginales dans un puissant coup de reins destructeur. Helena bredouille des
sons à peine audibles. Une chaleur sans précédent s’engouffre dans mon
bassin. C’en est presque douloureux. Une nouvelle vague de plaisir dont aucun mot ne pourrait décrire la véhémence m’oblige à ralentir le rythme si
je ne veux pas éjaculer dans la seconde. Elle pousse un râle de satisfaction
qui doit se répercuter dans son entrejambe, car il se resserre sur ma hampe,
me faisant rugir à mon tour.
Mes va-et-vient deviennent brutaux, d’une vigueur ravageuse. Mes
mains abandonnent ses hanches pour aller jouer avec sa poitrine. Mes
doigts trouvent très vite ses tétons durcis sous le soutien-gorge en dentelle.
Cette sensation divine accentue mon appétit. Dans le même élan, j’abaisse
le bonnet pour les laisser apparaître, et j’entends Dimitri lâcher un
grognement d’impuissance. Mon rictus s’élargit en même temps que mon
gland bute contre son antre. La belle brune n’est plus qu’une poupée de
chiffon entre mes mains. Jamais je ne me suis senti si influent. Avoir une
telle maîtrise de son plaisir à elle et de sa frustration à lui m’électrolyse.
Je suis le seul qui puisse autoriser ou interdire.
Plus personne au monde n’aura l’occasion de scander avoir pu observer
ma femme quasi nue. Par ce geste, non seulement je prouve à Dimitri
qu’Helena m’appartient viscéralement, mais aussi que la hache de guerre
est enterrée. Nous avons perdu de nombreuses années à tenter de nous
entretuer. Avec ce moment, je lui transmets le message de mon expiation. Je
ne peux étouffer les remords d’avoir jugé trop vite un contexte, sans même
faire confiance au frère que j’aimais plus que tout à l’époque. Je n’ai eu
aucun problème à me venger sans avoir pris la peine de voir la situation
sous tous les angles. Grâce à Helena, je lui fais comprendre que les tensions
entre nous viennent de prendre fin. Elle a dû le saisir, et a l’air ravie d’être
utilisée de la sorte. Dimitri a une place importante dans sa vie, même si elle
ne l’aime pas et ne l’appréciera jamais comme elle m’adore. D’ailleurs,
sans cette certitude, j’aurais préféré mourir plutôt que de lui permettre
d’assister à ce moment où elle est le plus vulnérable. Si j’avais un doute sur son amour pour moi, le fait qu’elle mette au monde mon enfant
prochainement, sans avoir cherché à mettre fin à cette grossesse, me
l’assure.
Un nœud dans mon bas-ventre se réveille, caractéristique de la montée
en puissance de mon orgasme. Dimitri continue de nous toiser avec une
expression qui me laisse présager qu’il ne serait pas loin de jouir lui aussi,
s’il en avait la possibilité. Ses sourcils froncés mêlés à la contracture de ses
avant-bras en témoignent.
Je quitte mon cousin du regard pour tendre le front vers le ciel et clore
les paupières, l’orgasme d’Helena explose sur ma queue, que je sors
entièrement pour la réinsérer avec virulence. Une, deux, trois fois avant de
pousser si fort que nous tombons tous les deux. Mon cerveau se meut en un
milliard de cellules gorgées d’un plaisir sauvage et primitif. Le monde se
voile de noir, des étoiles dansent devant mes iris, des acouphènes ont
remplacé le brouhaha ambiant, jusqu’à couvrir les plaintes d’agonie de
Wilton qui se vide de son sang à nos côtés. Mon torse contre son dos
l’écrase, alors que je rugis comme un animal, ensevelissant ma semence
dans ses entrailles.
Quel moment incroyable. Hors du temps. Récupérer mon souffle me
paraît insurmontable. Vais-je réussir à me relever, à marcher, à revivre après
ça ? Mais au même moment, ma diablesse gesticule sous moi, me faisant
comprendre qu’elle souhaite se retourner. Avec un effort surhumain, je me
porte sur mes poignets et nous nous retrouvons face à face. Ses bras menus
s’enroulent autour de moi pour me serrer contre elle, avant de m’embrasser
sauvagement. Mon érection n’est pas redescendue et, vu notre nouvelle
position, je n’aurais qu’à la glisser pour que nous repartions dans un second
round.
La coquine grogne de frustration quand je m’écarte d’elle, me relève et
range mon engin dans mon jean que je reboutonne.
— Nous n’avons pas fini notre boulot, espèce de petite dévergondée,
me marré-je.
Dimitri, quant à lui, reprend la parole d’une voix enrouée.
— Tu es démente. Nass sera le roi du monde avec toi, lui dit-il sans une
once de jalousie dans les prunelles.
La nonchalance et la sérénité qu’il affiche me confirment que seule sa
haine envers moi était le moteur de son intérêt pour Helena. Je ne lui en
veux pas, le comprends même. Son rire résonne pendant qu’il s’approche de
nous. Quand nous nous retrouvons assez près l’un de l’autre, il me tend sa
poigne, que j’accepte en utilisant la mienne qui a servi à recueillir la
jouissance de ma femme. Cela n’a pas l’air de le déranger.
Ce geste, sans paroles, est plus éloquent que n’importe quel discours.
Nous nous parlons en russe, établissant la suite du plan sans qu’il y ait
la moindre trace de gêne après ce que nous venons de vivre. Wilton nous
observe, sans nous voir, les yeux dans le vide. Il a arrêté de gémir pour
naviguer dans l’inconscience.
Attends, tu n’es pas au bout de tes peines et tu vas très bientôt revenir
parmi nous.
D’ailleurs, la justicière l’approche, puis le gifle de toutes ses forces.
— Je te disais tout à l’heure qu’il faut environ quatre heures pour
mourir d’une hémorragie de la veine dorsale du pénis. Malheureusement, ce
sera bien trop long, donc tu seras encore vivant pour le grand final.
Ses lamentations redémarrent. La bave qui lui coule du menton se
mélange au sang qui commence à sécher, à l’inverse de celui qui se déverse
sur le tapis. Elle prend ensuite le temps de se rhabiller avant de se caresser le ventre, ce qui me provoque une puissante vague d’émotion que je peine à
décrypter.
— Je te protégerai jusqu’à ma mort, lui promet-elle.
On sera deux.
Puis, je quitte la maison et me place dans la cour, observant mon
épouse qui me rejoint. Dimitri est resté à l’intérieur pour déverser du liquide
autour du futur cadavre. Le vent frais contraste avec la chaleur ardente de
ma peau. Helena m’adresse un sourire qui pourrait me faire vriller. Ses
cheveux se soulèvent grâce au courant d’air. Elle est sublime.
— Je t’aime, chuchote-t-elle, me ramenant à cette autre nuit où ces
mêmes paroles étaient sorties de sa jolie bouche.
J’ai l’impression que des années se sont écoulées entre ces deux
moments. Tant d’évènements se sont passés depuis, me certifiant qu’il ne
me sera plus jamais possible de vivre sans sa folie qui complète
parfaitement la mienne.
— Alors tu es prête ? la questionné-je.
Derrière nous, une intense chaleur se propage alors que des flammes
prennent vie dans un vacarme assourdissant. Je pivote pour observer ce
spectacle saisissant et tenter d’écouter Wilton brûler vif. Malheureusement,
le feu est trop impressionnant, je n’aurais pas cette satisfaction. La seule
chose que j’entends sont les craquements du bois qui éclate à cause de sa
combustion.
Dimitri s’éclipse dans le noir de la nuit, et je surprends Helena à poser
un regard nostalgique sur son ombre. Je lui pince durement le menton,
agacé de l’attention qu’elle lui porte, mais aussi rapidement qu’elle s’en est
détournée, elle me la redonne.
— Prête à quoi ? réplique-t-elle.
L’orangé des flammes brille dans ses prunelles à l’instar du reflet du
royaume des enfers qui vivent en nous, attendant notre mort pour nous
engloutir. Je me fais la réflexion que c’est tout à fait de circonstance.
— Prête à devenir la reine de Memphis ?
Ses lèvres s’étirent dans un éclat cruel.
— Plus prête que jamais.
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