Toxic - t.2 (Dark romance) (French Edition)

Joyce Kitten · Chapitre 56 sur 59

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Toxic - t.2 (Dark romance) (French Edition)

Chapitre 53

Dimitri

 

Dimitri, 3 heures avant.

 

Notre regard mutuel a changé. C’est ce qui me saute aux yeux quand je

rentre, quand bien même son canon est dirigé sur ma personne, comme très

souvent dès qu’on se trouve l’un avec l’autre.

Comme s’il lisait dans mes pensées, il l’abaisse avant de me rejoindre.

— J’ai le plan de sa villa, m’annonce-t-il.

J’arque un sourcil.

— Eh bien, je présume que j’avais raison de me douter que tu mijotais

quelque chose contre Wilton.

— C’est pour ça que tu le surveillais, n’est-ce pas ? Tu voulais faire

foirer mes projets.

J’inhale une longue taffe de la clope que j’ai allumée juste avant de

débarquer, et prends mon temps pour recracher la fumée, réfléchissant à ce

que je vais répondre.

— En effet, cousin. La perche était trop belle. Quel meilleur moyen

pour te détruire que de s’attaquer aux BM ?

— En t’en prenant à Helena ! Mais je suppose que c’était la suite du

plan, questionne-t-il d’une voix blanche dans laquelle aucune de ses

pensées ne perce.

— Plutôt le premier, en fait. Cependant, je dois avouer que tu sais bien

les choisir. Elle est trop intelligente, trop maligne pour toi et moi. Aucun de

nous ne la mérite, ricané-je.

— Promis, j’y songerai quand je la prendrai en levrette.

Mes dents se dévoilent pendant que je secoue lentement la tête. Nos

jouxtes verbales m’avaient plus manquées que je l’imaginais. Notre feeling

n’a pas disparu. Je le sens encore là, tout près, alors que lui aussi affiche

un sourire narquois.

— On peut être là-bas dans vingt minutes si je pousse le moteur,

reprend-il en empruntant la direction du parvis. On peaufinera notre plan

d’attaque sur la route. Dis à tes hommes de dégager, ils ne nous seront

d’aucune utilité, car plus on sera, plus on aura de risques de se faire

remarquer.

Nous arrivons, phares éteints, au moment où mon équipe vient de se

retrancher. Nous les surprenons, telles des ombres, se diriger vers leur SUV.

Seul mon sniper est resté en place pour nous informer en temps réel de la

situation d’Helena. La hauteur du mur est impressionnante, nous avons

donc besoin d’un harpon pour l’escalader. Nous redescendons de l’autre

côté dans un silence parfait, malheureusement, un garde situé trop près de

nous croise mon regard. Avec une douceur maîtrisée à la perfection, Nass

lui fracture les cervicales, le cadavre retombe mollement à ses pieds sans

avoir eu l’opportunité d’exprimer sa surprise. Notre discrétion est

primordiale pour tuer suffisamment d’hommes avant que l’assaut soit lancé

et que le bruit alerte le gouverneur. Helena nous a prévenus qu’elle se

débrouillerait pour faire ouvrir les fenêtres afin qu’on s’y engouffre.

Pendant que nous progressons, je comprends pourquoi la jeune femme

a tenu à ce que nous accomplissions cette mission tous les deux. Nous

sommes aussi doués l’un que l’autre, et nos compétences font de notre duo une arme nucléaire. Je n’aurais jamais imaginé, il y a encore quelques

jours, commanditer une offensive à l’aide de mon cousin.

Nous nous séparons. Je prends l’aile gauche pendant qu’il s’occupe de

la droite. Des gardes sont postés aux extrémités. Nos 9 mm sont pourvus de

silencieux, mais même ce dispositif ferait trop de bruit. Ce ne sont pas des

gosses sortis de l’école du FBI, eux aussi sont redoutables. Ils ne protègent

pas le gouverneur d’un État pour rien. Si nous sommes remarqués et qu’ils

sont trop nombreux, nous risquons la catastrophe. C’est pour cette raison

que je m’empare de mon cran d’arrêt avant d’en égorger un tout en lui

comprimant la bouche dans le but que ses gargouillements d’agonie ne

soient pas perceptibles. Son sang ruisselle sur mon torse, néanmoins,

j’attends qu’il cesse de gigoter pour le repousser. Je peste en observant

mon haut noir trempé d’hémoglobine. Au loin, Nass me lance un signe,

confirmant que la voix est libre de son côté également. J’avance

subtilement, mais suis stoppé dans mon élan en entendant le talkie-walkie

du mort résonner derrière moi.

— Kevin, tout se passe bien pour toi ?

Je rebrousse chemin puis récupère l’objet à la taille de ma victime.

— Ouais, nickel.

Silence. Quelques grésillements, mais aucune réponse en retour. Fait

chier, ça pue.

— Reçu, finit par répliquer l’interlocuteur.

Pas de temps à perdre, je dois rejoindre Nass à l’arrière, et

rapidement.

Tout à coup, un peu plus loin, des exclamations d’homme se font

entendre. Et merde ! Ça s’agite et le boîtier derrière moi m’apprend ce que

j’ignorais.

— Philippe, viens à l’aile 3, Daniel et Jack ont été tués, beugle son

collègue. Magne-toi le cul.

Philippe ne vous rejoindra jamais les mecs, mais moi, je suis dispo. À

tout de suite.

Quand j’arrive, les agents galopent dans tous les sens, arme au poing.

Plus le choix. Je dégaine mon flingue, puis vise l’un des individus. En plein

dans le mille. L’homme s’écroule, un trou à l’arrière du crâne.

Malheureusement, mon coup de feu a révélé ma position, alors aussitôt des

ordres sont hurlés et une ribambelle de gardes courent dans ma direction.

Je me concentre, m’ancre au sol avant de viser. Un, deux, trois, quatre. Ils

tombent comme des mouches, mais les survivants ne perdent pas le rythme.

On me tire dessus, j’évite les projectiles en me camouflant derrière un

arbre. Ils sont trop nombreux. Je n’ai aucune échappatoire et pas le temps

de remplir mon chargeur.

— Merde, attention, ça fuse à l’arrière, ils sont plusieurs, ces enculés,

hurle l’un des leurs. Couvrez-vous.

Je profite de la distraction pour me décaler du tronc afin de continuer

à tirer. Cependant, comme je manque de visibilité, mes missives ratent leurs

cibles. Bien entendu, je suis cerné en moins de temps qu’il en faut pour le

dire. Si je tente d’attaquer, je me prendrai une balle en pleine tronche avant

de les atteindre, je n’ai pas d’autre choix que de baisser mon arme.

Toutefois, je suis étonné de n’en voir que deux m’approcher, les yeux

révulsés de terreur et de fureur.

— On en a un, gueule l’un de mes adversaires dans son talkie-walkie

pendant que son collègue m’envoie un crochet du droit dans l’estomac.

Je grogne, mais encaisse.

— Espèce d’enculé, on va vous faire la peau à toi et tes potes, me

crache-t-il alors que je lui adresse un sourire victorieux qui décuple sa rage.

En réplique, il essaie de m’en coller un deuxième, mais j’esquive avant

de frapper mon crâne contre son nez. Les mains pressées sur sa cloison

nasale qui pisse le sang, il rugit en m’affublant de tous les noms d’oiseaux

américains qu’il connaît. L’autre, que je soupçonne être plus novice,

bascule le regard de son collègue à moi d’un air paniqué. Il ne sait pas

comment réagir, alors il tente un nouvel appel sur sa radio qui est restée

silencieuse la première fois.

— Je répète, on en a chopé un. Il nous faut des renforts, Tom est blessé.

— Ferme-la, siffle « nez pété » en se redressant et en reniflant dans

un vacarme sonore répugnant. On n’a pas besoin d’aide.

Sur ces mots, il pointe son flingue dans ma direction, mais avant qu’il

ait le temps d’appuyer sur la détente, il reçoit une flopée de balles qui lui

fait exploser le visage. Dans un bruit mat, le corps choit comme une poupée

de chiffon.

Nass.

Le novice couine en reculant, le regard vissé sur le cadavre. Ni une ni

deux, je relève mon arme pour tirer sans sommation. Une bonne chose de

faite, je peux respirer. Il me faut une clope…

— Grouille-toi, chuchote le gangster. Ils ont forcément prévenu les

forces de l’ordre.

Encore une fois, si on m’avait dit que le leader des BM me sauverait la

peau, je me serais esclaffé à cœur joie. Sans un mot de plus, je le suis, et

nous nous dirigeons vers le salon du propriétaire. Grâce au plan de Nass,

nous trouvons rapidement les fenêtres correspondant à la pièce. Pour

l’instant, la baie vitrée est encore fermée, mais au moment où nous

approchons quelqu’un l’ouvre juste après que nous nous sommes camouflés. D’un coup d’œil à mon allié, je confirme que le signal est lancé.

Toutefois, dans mon oreillette, mon sniper me dérange.

— Ça dégénère là-dedans, m’informe-t-il.

— Comment ça ? murmuré-je, ce qui n’échappe pas à Nass qui se

retourne à moitié.

— Je crois qu’il va la violer, il vient de la gifler et s’apprête à la

fouetter. Je fais quoi ?

Je répète les propos au criminel dont les traits se métamorphosent. Je

reconnais cette expression. Elle était présente le jour où il a découvert

Maika…

— Je lui ordonne de tirer ou pas ?

Contre toute attente, il secoue la tête.

— Non, laisse-la gérer. Elle est forte, elle saura se débrouiller. C’est sa

vengeance après tout.

Je confirme d’un signe du menton.

— Attends mes directives, je réponds à mon gars.

Dans la foulée, alors que je sens Nass tendu comme un ressort, nous

nous engouffrons dans la pièce, vidée de toute présence humaine à

l’exception des deux protagonistes. Le regard émeraude de la bombe en

sous-vêtements se glisse brièvement dans nos prunelles, et ma poitrine se

comprime sous l’excitation qui naît dans mon bas-ventre.

Positionnée à califourchon sur lui, la belle brune est en pleine phase de

séduction sur Wilton. Elle a réussi à reprendre la situation en main. Cela

doit demander un effort herculéen à Nass de ne pas intervenir, mais fidèle à

lui-même, et à sa maîtrise que j’ai toujours jalousée, il se planque derrière

l’un des murs, pendant que je l’imite, attendant le bon moment.

— Je vais te massacrer, petite pute. Tu vas souffrir comme jamais. Je

laisserai toute la ville t’enculer et te baiser par tous les trous.

— Je peux commencer ?

 

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