Toxic - t.2 (Dark romance) (French Edition)
Chapitre 20
Dimitri
Ils pensaient nous surprendre en s’introduisant par l’arrière du domaine
qui donne sur le jardin, ils ignorent qu’on les surveille depuis des jours et
qu’ils sont suivis comme une mouche au cul d’un cheval.
L’exécration que je ressens envers Nass n’a fait que décupler ces
dernières semaines, c’est pourquoi lorsque je l’ai vu arriver avec toute son
armée de bouffons, j’ai eu toutes les peines du monde à ne pas leur dire
d’aller se faire foutre et de retourner d’où ils venaient. Néanmoins, nous
avions besoin d’effectif humain. Vlad ne m’a pas laissé le choix, car si ça
n’avait tenu qu’à moi, j’aurais préféré crever plutôt que demander de l’aide
au gangster qui a renié sa famille pour se muer en un vulgaire bandit. Si,
lorsqu’il a quitté la Russie, j’ai fait la fête pendant des jours, croyant
sincèrement qu’il ne deviendrait qu’une merde américaine et que notre clan
le répudierait pour toujours, j’ai rapidement déchanté en le voyant évoluer à
la vitesse de la lumière. Il a réussi, en un temps record, à se créer une place,
jusqu’à être en mesure de négocier avec Borya pour réaliser des contrats
entre nous.
Nass s’est imposé partout où il en a eu besoin, et voilà que la seule
femme pour laquelle j’ai eu le moindre intérêt n’a d’yeux que pour lui,
malgré ce qu’il lui a fait subir. Et pour couronner le tout, elle porte son
rejeton.
Ce connard se pointe dans ma demeure, comme un putain de chevalier
de mes deux pour m’aider à repousser des ennemis qu’il m’a lui-même
foutus dans les pattes. Nos retrouvailles n’ont pas été froides, elles ont été
glaciales, pire, je jure d’avoir été à deux doigts de lui exploser le crâne
lorsque je l’ai vu lancer un coup d’œil furtif vers l’étage donnant sur la
chambre d’Helena. J’ignore d’où est née cette possession viscérale que
j’éprouve pour la brunette qui pourrait me porter préjudice si je n’arrive pas
à m’en défaire. Je l’évite comme la peste pour ne pas m’embourber dans
une situation qui me ferait défaut et prendre le risque de contrer mes
projets. Pourtant, j’ai craqué lorsqu’elle m’a annoncé sa grossesse. Savoir
que si cette information remontait à ses oreilles, il déclencherait une guerre
pour la récupérer m’a mis dans un état de transe. Il s’agit de son enfant, je
sais ce que ça représente pour lui, et il faudrait être fou pour s’interposer
entre eux, ça tombe bien, je le suis. D’ailleurs, ma proposition de l’épouser
tient d’une aliénation évidente. Je m’en rends compte, ça n’a pourtant pas
atténué la rage de son rejet. Tout à l’heure, je lui ai rendu verbalement les
coups qu’elle m’a infligés, je suis sûr d’avoir réussi…
Mon entente avec l’Amerlock sera de courte durée puisqu’il doit
repartir dès que le clan des D16 sera exterminé, et je jure devant Dieu que
ce sera fait en moins d’une heure. Il doit continuer à croire que je vais me
marier avec Helena, parce qu’il faut que le repas de « fiançailles » qu’il a
lui-même organisé soit haut en spectacle, et même si le fait qu’elle soit
enceinte me complique la tâche, je dois en faire abstraction pour le bon
déroulé de mon plan.
Les frappes de nos ennemis sont ridicules comparées aux nôtres. Est-ce
que ce fameux Stan s’est au moins renseigné sur qui il attaquait,
sérieusement ? Quand je disais que tous les gangsters sont des branques…
je me jure de tous les saigner, jusqu’aux derniers. Nous sommes tous en tenue de combat, camouflés sous nos cagoules noires, nous nous fondons
dans la nuit, à peine éclairée par un croissant de lune timide. Nass est à plat
ventre, en embuscade sur le toit. Je fronce les sourcils au moment où je
remarque qu’il a choisi de se placer, comme de fait exprès, juste au-dessus
de la chambre d’Helena. J’espère que c’est une coïncidence. Je suis forcé
d’avouer que c’est un tireur d’élite, une vraie machine à tuer avec un sniper
HDR en main. Quant à moi, je suis dans le fond de la propriété, à l’endroit
même où ils débarquent en s’imaginant faire un coup de maître. Les tirs de
Nass les surprennent, donc nous en profitons pour les attaquer de front. Je
pourrais user de mes flingues, mais je préfère mille fois les corps à corps.
Sentir la peau craquer, la chair se meurtrir, les tendons se sectionner sous
mon arme me fait bander. J’ai seulement aperçu le visage du Stan sur une
photo, alors je peine à le reconnaître au milieu de ses compères. Ce soir,
j’utilise une machette, pour intensifier le spectacle. Ceux qui me voient
étriper leurs potes tentent de s’enfuir, hélas, la mort les attend juste au-delà,
sous les balles de mon cousin. Nous sommes une trentaine contre les D16,
pourtant à nous deux, nous décimons quasi l’intégralité du groupe rival. Les
cadavres s’entassent dans cette partie du parc, tués en majeure partie par
notre duo meurtrier. Lorsque je distingue l’un faire demi-tour, devant
l’échec évident de son équipe, je sors de l’ombre. Au loin les tirs, les coups
de feu, les hurlements sifflent comme une douce mélodie qui me transporte
dans mon monde parfait.
Le revers de ma main qui vient s’abattre contre ses cervicales
l’assomme quelques secondes et son corps s’effondre à mes pieds. Je souris
en l’observant. Je n’ai même pas eu le temps de m’essouffler pour le mettre
K.O. Je l’attrape par la cheville et le traîne vers la lumière des lampadaires
qui jouxtent la piscine. Les balles fusent autour de moi, mais je n’y prends
pas garde. Dès que j’y vois plus clair, je le lâche pour l’empoigner par les cheveux. Je respire fort. Au fond du terrain et dans l’urgence de la situation,
je n’ai pas pu faire dans la dentelle. À présent, ils sont presque tous
exterminés, je peux m’amuser un peu. Le type se débat, cherche à me fuir,
me supplie de l’épargner en beuglant comme un porc à l’abattoir. Il pourrait
tout aussi bien hurler dans l’eau, tant j’y suis hermétique. J’attaque avec
l’agilité d’un félin. Cependant, un mouvement vers l’une des pièces de
l’étage m’interpelle, c’est à ce moment que j’aperçois les grands yeux verts
d’Helena s’écarquiller alors que ma machette vient de décapiter mon
ennemi et que son crâne repose dans ma main qui le retient par la tignasse.
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