Toxic - t.2 (Dark romance) (French Edition)

Joyce Kitten · Chapitre 59 sur 59

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Toxic - t.2 (Dark romance) (French Edition)

Épilogue

Dimitri

 

Deux mois se sont écoulés depuis mon départ de Memphis. Quatre

semaines où mes relations avec Nass se sont reconstruites. Nous nous

appelons régulièrement. C’est d’ailleurs avec lui que j’ai peaufiné les

derniers détails du scénario que j’ai élaboré il y a des années.

Le retour en Russie m’a fait un bien fou. Vlad est ravi que je sois en

meilleurs termes avec mon cousin, même s’il peste contre celle qu’il a

choisie en tant qu’épouse. Sa haine envers elle n’est pas raisonnable, et je

me demande ce que ça cache. Il ne fait que rabâcher qu’il n’imaginait pas

son neveu tomber dans les filets d’une pouilleuse de bas-fonds. Moi, en tout

cas, j’ai adoré être dans les siens, d’ailleurs, quand je repense à nos ébats

sexuels, je bande aussitôt comme un cheval.

La pute qui est en train de me sucer en paie les frais. J’agrippe sa

tignasse en tentant de visualiser la belle brune à sa place. L’effet est radical.

Je jouis dans la minute. Je n’éprouve pas de sentiments autres qu’amicaux

pour Helena, pourtant j’admets qu’un ultime coït ne serait pas de refus.

Pourtant, j’ai comme dans l’idée que même morte, Nass ne me le laisserait

plus poser un doigt sur elle.

Je souris dans ma barbe en repensant à cette soirée d’anthologie. Nous

avons scellé nos retrouvailles en présence de la jeune femme, mais elle

restera désormais le trésor caché du plus grand gangster du siècle. En

parlant des BM, leur trafic va rapidement s’étendre, avec mon aide. Je vais

m’atteler à réaliser une tâche qu’il aurait adoré faire de sa main. Cependant,

il a fini par accepter que je m’en charge pour les préserver d’un long

voyage, alors que son épouse attend de donner naissance à leur f… Merde,

il est temps que je me grouille, je n’avais pas vu l’heure.

Je ne dispose que d’une courte fenêtre pour agir. D’un coup de genou,

je fais signe à la prostituée qu’elle doit se casser. Elle se relève, vexée,

avant de se rhabiller. Rien à foutre, qu’elle sorte à poil s’il faut, je l’expédie

dehors, puis claque la porte derrière elle. Pendant que je remonte l’aile

gauche de la résidence, je croise au moins une dizaine de nos hommes. S’ils

savaient ce que je m’apprête à faire, tenteraient-ils de m’arrêter ?

Prendraient-ils le risque de m’affronter ?

La discrétion est l’un des rudiments de base de notre « métier », or,

pas de chance pour ma cible, c’est une capacité où j’excelle. J’entre à pas

de loup dans le couloir. Mon ombre me traque, trahissant sa présence sur le

mur que je longe. Qu’elle reste, qu’elle m’observe… le spectacle va bientôt

commencer.

J’ai dû ruser pour que Maxim et Peta quittent leur poste de

surveillance. Sans ça, il aurait été compliqué de me faufiler en douce dans

la chambre principale. Quand je suis à l’intérieur, même un fantôme ferait

plus de bruit, si bien que les paupières de ma proie demeurent closes. Sa

respiration profonde et régulière ne le sera plus très longtemps. Aucun de

mes membres ne tremble. Je suis parfaitement à ma place. Tant de temps à

attendre ce moment, tant d’années gâchées par sa faute.

Lentement, je m’empare du couteau glissé dans ma ceinture, avant

d’avancer plus près.

— Réveille-toi, connard.

Illico, ma proie émerge, à l’affût, comme le veut son statut.

— Dimitri ? Ai-je bien entendu comment tu viens de m’appeler ?

Même s’il sort tout juste du sommeil, ses billes se voilent d’une brume

opaque, ruisselante d’agressivité. Malheureusement pour lui, cela fait belle

lurette que je ne suis plus impressionné.

— Quoi donc ? Connard ? Oh, pardon, j’oubliais, toi tu préfères :

gryaznaya sobaka[19].

Un rugissement violent s’échappe de ses cordes vocales, alors qu’il

cherche son arme près de lui. Il s’essouffle en un misérable gémissement

quand il se réalise en être dépourvu.

— Je suis peut-être un fils de traître, mais je ne suis pas complètement

idiot, me marré-je.

— Poshel na khuy, ty, der'mo, ya dolzhen byl ubit' tebya, kogda ty byl

prosto ublyudkom, gadivshim v svoi podguzniki[20].

En haussant les épaules, je lui adresse une moue faussement attristée

qui le fait rugir de plus belle.

— Je ne peux qu’être d’accord avec toi, vu ce que je m’apprête à te

faire, confirmé-je.

D’un bond, le vieil homme se relève, prêt à bondir sur moi. Dans le

même mouvement, j’en profite pour lui envoyer un revers qui le rallonge

illico.

— Va pourrir en enfer, Borya ! C’est de la part de Nass, Mayka et

moi.

Il hoquette de surprise au moment où ma lame plonge dans son nombril

pour glisser jusqu’à son sternum, vidant l’intégralité du contenu de son

abdomen sur la soie orangée de ses draps.

Je réprime une grimace de dégoût quand l’odeur des boyaux me monte

au nez, mais ce désagrément est vite compensé par les bruits d’agonie de

l’ancien dirigeant. Il est presque poétique que le fameux bâtard du traître

soit celui-là même qui, trente ans plus tard, exécute le parrain.

Les mains sur ses tripes, il tente vainement de contrôler son

éviscération, et je me marre en me retirant de la chambre. Sa mort est

imminente. Dorénavant, c’est moi et moi seul qui serai à la tête du réseau, si Vlad essaie de s’interposer, il connaîtra un sort identique. C’est l’unique

membre de ma famille que j’apprécie, néanmoins, cela ne suffira pas à

freiner mon désir d’ascension.

En gérant la filière russe, je permets à la mafia de récupérer Nass

comme allié commercial, à nous deux (trois, si je compte son épouse), nous

contrôlerons très bientôt le monde entier.

Le jour de notre réunification est arrivé, et je crains que nos

retrouvailles soient… explosives.

 

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