Toxic - t.2 (Dark romance) (French Edition)

Joyce Kitten · Chapitre 25 sur 59

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Toxic - t.2 (Dark romance) (French Edition)

Chapitre 22

Nass

 

Faible. Voilà le mot qui me vient à l’esprit pendant que je descends en

rappel le long de la bâtisse hors de prix que s’est payé Dimitri pour fuir la

Russie quand l’envie lui prend. Ce qui reste assez ironique si on sait qu’il

fait partie de ceux qui m’ont le plus reproché d’avoir déserté la mafia dès

que j’en ai eu l’occasion.

Je n’ai pas résisté au chant des sirènes. J’avais prédit avant même

d’arriver que je ne tiendrais pas sans la voir, par contre, il n’était pas prévu

au programme que je la baise jusqu’à en oublier que j’étais en plein combat.

Il me semblait garder un peu plus de contrôle sur mes pulsions sexuelles,

mais lorsque j’ai aperçu son corps à peine camouflé par sa lingerie, j’ai

vrillé. Pire encore, dès qu’elle s’est redressée dans le coin de cette foutue

pièce qu’elle s’est approprié, dans le but de lutter contre moi, l’idée de la

kidnapper pour la ramener de force à Memphis m’a traversé l’esprit.

Elle m’attire comme un putain d’aimant. Mon regard ne s’est fixé sur

elle que l’espace d’une seconde avant que je m’enflamme d’un désir ardent.

Si Dimitri s’imagine qu’il va réussir à l’épouser, il est plus abruti que je le

pensais. Ce fils de pute est en train de tomber sous son charme, et quelque chose me dit que si leurs « fiançailles » avaient pour but de me pousser à

commettre des erreurs, dorénavant, il y songe avec plus de sérieux. J’ai bien

vu son regard aliéné lorsque j’ai levé les yeux vers la chambre de la femme

qu’il m’a purement et simplement volée.

Oh, cher cousin, tu paieras au moment venu, crois-moi.

Longues sont mes nuits à cogiter et à me retenir de ne pas planter une

bombe dans cette saleté de baraque pour récupérer celle qui m’appartient.

Dieu merci, elle n’a pas couché avec lui. Je le savais avant de la menacer.

Elle est épiée nuit et jour par l’un des gars de Dimitri qui est devenu mon

indic, après quelques… négociations. Pour réussir l’exploit de détourner un

mafieux, j’ai dû faire chauffer mes méninges. On ne soudoie pas un

membre de l’une des organisations les plus puissantes au monde comme un

vulgaire bandit de New York, or il me fallait absolument une paire d’yeux

pour surveiller les moindres faits et gestes d’Helena et son acolyte.

J’ai fini par choisir d’utiliser la plus vieille technique de chantage qui

existe : la menace. Je dois avouer que le fait qu’il soit père de jumeaux de

dix-huit mois m’a bien arrangé, même si le pauvre homme avait tout tenté

pour que cette information demeure secrète. D’ailleurs, je ne suis pas

persuadé que son propre patron soit au courant. Je comprends la volonté de

protéger les siens, surtout quand on trempe dans un tel réseau criminel,

mais à défaut d’en avoir moi-même, je sais très bien où chercher pour

dénicher les failles des autres. Le plus sinistre, c’est que d’une façon ou

d’une autre ses enfants sont déjà morts, puisque si ce n’est pas moi qui

m’en charge, la mafia le fera dès que Dimitri se rendra compte que l’un des

siens me donne des infos personnelles.

Grâce à mon mouchard, j’ai appris qu’Helena ne sort pas de la maison,

à part pour s’entraîner au combat dans l’aile extérieure, et que Dimitri quant

à lui n’y reste jamais plus de cinq minutes d’affilée. Il cherche à la fuir, j’en sais quelque chose… Mes lèvres s’étirent en un lent sourire carnassier. J’ai

hâte de la prendre devant lui, putain, j’en bande d’avance. Oh oui, il va vite

se rendre compte qui, de nous deux, est celui qui gagnera les éternels

affrontements que nous nous livrerons.

Je pénètre le rez-de-chaussée où le sang humain a rénové le sol, en

zieutant les cadavres qui le jonchent pour vérifier si mes gars font partie des

sacrifiés, en vain. Je rejoins les voix qui discutent et s’exclament

bruyamment dans la pièce de vie. J’y retrouve presque la totalité des miens,

mais le compte n’est pas bon. Jay me regarde le visage fermé.

— Où sont Kevin et Sam ?

La crispation de mâchoire de mon bras droit répond illico à ma

question.

— Et Stan ?

— Là-bas, m’indique-t-il avec une haine profonde non dissimulée.

Je me dirige aussitôt vers l’endroit désigné. Stan est toujours en vie,

mais inconscient. Je m’en réjouis. Cela a aussi l’air d’être le cas de Dimitri

qui a les phalanges écorchées à force d’avoir cogné le visage de notre

ennemi commun. Son léger rictus vicieux ancré sur ses traits me confirme

que, malgré nos différences, nous nous ressemblons sur certaines facettes de

nos personnalités. L’amour de la violence en est une. Cependant, lorsqu’il

se tourne vers moi, une nouvelle forme de rage dilate ses pupilles, en écho à

la mienne. Notre accrochage visuel pourrait à tout instant se terminer en un

duel à mort, mais nous ne savons que trop nous contrôler. Je le regrette à cet

instant, car l’idée de l’égorger fait fourmiller mes doigts. Sa voix vient

rompre notre bataille silencieuse.

— Vous le ramenez avec vous ou on s’en occupe ?

Vlad l’a bien formé, comme Igor avec moi, à gérer ses émotions et

passer les affaires en priorité, mais ce n’est que partie remise, son long regard obscur ne fait que me donner raison.

— On le récupère, tranché-je. Jay, prends-le et fous-le dans le coffre.

— Avec plaisir, l’entends-je grommeler.

Mon cousin se dirige vers le minibar, je comprends le message, donc je

lui emboîte le pas. Il me propose un verre que j’accepte. Une fois le whisky

glace dans la main, je le descends d’une traite. Le liquide ambré vient me

brûler l’œsophage de la plus délicieuse des façons.

— Rien de mieux qu’un bon whisky après la baise, lui dis-je en

reposant brutalement le récipient sur le meuble en chêne brut.

Des micro-tressaillements rompent la neutralité de ses traits. Il amène

lentement le récipient en cristal à ses lèvres et m’imite. Sans un mot, il nous

resserre, alors que son visage se déride pour laisser apparaître son

sempiternel sourire narquois.

— Elle sera ma femme avant que tu aies le temps de trouver une

nouvelle chatte à fourrer, Nass, retiens bien ça, réplique-t-il.

Un léger rire résonne du fond de mon larynx.

— C’est ce qu’on va voir.

Je réitère mon cul sec, puis me lève en claquant des doigts pour que

mon équipe suive mon départ. Je suis presque arrivé sur le pas de la porte

quand je lance d’une voix sonore et faussement enjouée :

— Ah, au fait, je vous attends demain soir pour la réception que je vous

ai promise.

Sur ces mots, je prends la direction des 4X4 blindés, avant de quitter

les lieux sans un regard en arrière.

 

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