Toxic - t.2 (Dark romance) (French Edition)

Joyce Kitten · Chapitre 16 sur 59

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Toxic - t.2 (Dark romance) (French Edition)

Chapitre 13

Dimitri

 

L’arrivée de mon oncle n’est pas une bonne nouvelle. Outre le fait qu’il

vient de m’interrompre alors que je comptais exploser le petit cul parfait de

mon invitée à même la table, il se trouve forcément là pour m’annoncer un

futur problème.

— Je t’écoute, soufflé-je à regret, devant faire une croix sur la partie de

baise bestiale que j’avais en tête.

Vlad reporte son attention sur la femme qui nous tient toujours

compagnie. Son regard plein de névroses m’indique que lui aussi se

joindrait bien à moi pour en faire son dessert.

— En privé, évidemment, crache-t-il malgré tout. D’ailleurs, comment

ça se fait qu’elle soit encore en vie celle-là ? Je me souviens qu’à notre

dernière rencontre, Nass garantissait de l’abattre rapidement.

Je fixe Helena qui contrôle avec brio ses expressions faciales. Je suis

pourtant certain qu’elle n’était pas au courant de la promesse de son cher et

tendre envers la mafia. Moi, je l’étais, évidemment, d’où ma surveillance

rapprochée. S’il ne l’exécutait pas, cela supposerait que quelque chose se

tramait entre eux, et… bingo !

— Ah, tu sais ce qu’on dit, mon oncle, m’amusé-je. Quand on n’aime

pas, on tue, quand on aime, on châtie.

Vlad éclate de son rire grave et tonique.

— C’est vrai, admet-il. Mais cela voudrait donc dire que cette

demoiselle a réussi le coup de maître de faire basculer mon second neveu

dans la folie meurtrière qu’est la passion ?

Il l’étudie longuement, le regard plus sadique que jamais, face à une

jeune femme en plein contrôle d’elle-même. Il faut que je note de la

féliciter. Je ne peux m’empêcher de sourire à mon tour, amusé par ce jeu de

domination que les deux se livrent.

— J’ai hâte de voir la suite de cette histoire, conclut-il.

Il m’adresse un bref signe de la main, m’incitant à le rejoindre pendant

qu’il tourne les talons, au grand soulagement d’Helena dont les épaules

s’affaissent légèrement. Méfie-toi, ma jolie, je ne suis pas encore de retour.

Nous sortons et prenons la direction d’un coin plus reculé de la maison

qui abrite mon bar. Le serveur nous y attend déjà, prêt à nous contenter.

Alors que Vlad commande une vodka Beluga, j’opte pour un gin-tonic.

— Que se passe-t-il pour que tu déboules sans même t’annoncer ? Je

ne savais même pas que tu étais revenu aux États-Unis.

Il boit son verre cul sec, le regard plongé vers le comptoir.

— Je suis sur site depuis hier soir, pour gérer le trafic des Mexicaines.

Elles doivent arriver dans la semaine, et je tombe bien apparemment,

puisque j’ai appris qu’on projetait de t’attaquer prochainement, ici, à ton

domicile.

Mon sang ne fait qu’un tour, et l’adrénaline qui parcourt

instantanément mon système veineux me ferait presque jouir. L’annonce

d’un combat ou d’une guerre me fait prendre un pied d’enfer. Je n’ai rien à

perdre, à l’instar de mon cousin, je peux donc profiter à fond des effusions

d’hémoglobine et de tueries en tout genre. Je contiens mon excitation,

soucieux de ne pas passer pour un gamin de 15 ans devant sa première

gonzesse à poil.

— Ah oui, et par qui donc ?

Cette fois-ci, Vlad pivote vivement vers moi.

— Essaie au moins de contrôler ton engouement. Pense un peu à

Sylvia, éructe-t-il. Tu n’as peut-être pas peur de mourir, mais ce n’est pas le

cas de ma sœur qui périrait si ça devait arriver.

Ma mère, la princesse de la mafia, mariée à un profiteur doublé d’un

traître, décédé avant que j’atteigne l’âge de marcher. Une raclure de bas

étage, persuadé de grimper au sommet grâce à une épouse bien choisie. Il

l’a dupée comme un maître. Peut-être était-ce d’ailleurs là son seul talent.

Un bon orateur, excellent manipulateur qui, pourtant, s’est fait cerner plus

vite qu’il en faut pour le dire par les professionnels que sont les mafieux.

Dieu merci, j’ai été épargné de le connaître, mais la trace de sa perfidie

m’a collé à la peau toute ma jeunesse. J’ai été surnommé « le chien » par

l’unique faute d’être le fils d’une raclure. Ma pauvre mère n’était pas de

taille à me défendre face à la misogynie du milieu, d’ailleurs si je suis

encore en vie, c’est grâce au fait que Vlad, très attaché à ma génitrice, a

convaincu son frère aîné. Inutile de dire que j’ai été juste toléré par le

parrain, qui ne m’a jamais accepté. Pour autant, ma formation a été aussi

complète et rigoureuse que celle de n’importe lequel d’entre nous, ce qui

m’a permis de grandir jusqu’à devenir un membre particulièrement craint et

respecté dans la hiérarchie des Ivankov.

— Ma mère s’en relèverait. Elle n’aurait pas le choix, c’est la loi du

milieu. Dis-m’en plus. Qui et quand ?

— Un gang américain, surnommé les D16, m’explique-t-il avec dédain

comme s’il ne supportait pas que des bandits de bas étage occupent une

seconde de notre intérêt. Leur chef, un certain Stan aurait été estropié par

Nass et souhaite se venger coûte que coûte.

Il s’interrompt pour commander un deuxième verre qu’il boit encore

d’une traite.

— Nass le fait surveiller comme le lait sur le feu, il a donc appris que

ce guignol t’avait repéré à roder dans le quartier des BM, où d’ailleurs je

me demande bien ce que tu foutais. Ensuite, il t’a suivi, un soir, jusqu’à la

résidence de ton cousin.

Je lève les sourcils, intrigué face à ces indications.

— Et il croit quoi au juste ? Que je suis un branleur tout droit venu de

Russie à qui il peut s’attaquer facilement ?

Vlad ricane.

— C’est là que le bât blesse. Ces petites merdes de gangster à la volée

ne connaissent que vaguement le passé de Nass donc, du coup, ignore tout

de nos origines, où alors ils n’ont pas fait le lien.

— Mais attends, comment savent-ils ma position, ils m’ont suivi

jusqu’à Chicago ?

— Non, réplique-t-il froidement. Ils t’ont flanqué un traceur. Je devrais

te mettre une balle dans le pied pour avoir été si peu précautionneux, merde,

c’est le béaba ça, syn[3].

Agacé plus que furieux, je me passe une main vigoureuse sur le visage.

Fais chier. J’en ai rien à branler que ces fils de putes débarquent ici, je les

considère comme déjà morts. Non, ce qui me dérange vraiment, c’est

d’avoir été traqué à l’image d’un putain de porc. J’ai été si pressé

d’accaparer la fille que j’en ai négligé la sécurité de base.

— Le problème, poursuit mon oncle, c’est qu’ils ont gagné du renfort

très récemment, avec New York. Nass a récupéré un terrain là-bas, et ça ne

plaît pas aux bandes adverses qui voient d’un mauvais œil l’arrivée du

gangster le plus prolifique de la côte.

— Connards d’Amerlock de mes deux, pesté-je ! Qu’est-ce qu’on en a

à foutre de ces merdeux, sérieux ? Une descente des Ivankov et ils

terminent tous au fond de l’Hudson.

Il m’attrape soudain par le col, le visage déformé par la colère, son

accent est encore plus marqué lorsqu’il se met dans cet état. Je dois faire

preuve de toute ma maîtrise pour ne pas lui envoyer une droite en plein nez

pour oser me toucher de la sorte, cependant je me dégage brutalement de sa

poigne.

— Ce qu’on en a à foutre, comme tu dis, c’est que le temps que

l’intégralité de nos gars se ramène jusqu’ici pour préparer une guerre, ils

auront eu celui qui leur fallait pour épingler ta tête d’imbécile dans leur

putain de pub à la con.

— J’ai hâte de voir ça, susurré-je en vidant mon propre verre !

***

Il est enfin reparti, non sans m’expliquer la suite du plan en insistant

sur le passage qui, évidemment, m’a mis hors de moi. Une heure plus tard,

j’ai cédé, en y laissant quelques plumes de ma rage au passage.

Je ne suis pas d’humeur à retourner voir Helena, j’appelle une de mes

servantes pour savoir où elle se trouve, et cette dernière me répond qu’elle

est remontée dans sa chambre depuis longtemps. Demain, elle passera la

matinée avec Mikael qui va l’entraîner au tir, version mafia. Je veux qu’elle

apprenne à viser et tuer en moins de temps qu’il en faut pour le dire, car s’il

y a bien une personne qui peut atteindre Nass, c’est elle. Je souhaite la

pervertir à tel point qu’elle soit capable d’assassiner l’homme qu’elle croit

aimer, mais qui n’a rien à lui offrir. Mon rival est pourri jusqu’à la moelle.

Comme moi. C’est le revers de la médaille de notre éducation.

L’attaque est prévue d’ici quelques jours, selon les sources des BM. Je

n’ai pas besoin de me préparer, pourtant, je les rejoindrai pour m’entraîner avec eux, surtout parce que je me réjouis à l’idée de voir Helena se

dépatouiller avec une arme à feu.

 

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