Trop loin de Dieu

Kim Zupan · Chapitre 8 sur 57

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Trop loin de Dieu

Chapitre 8

 

 

LE spectacle lui était devenu familier – le verre brisé des phares, le sang, la flaque d’antigel sur l’asphalte, les animaux mutilés, désarticulés de façon inimaginable. Quand il avait un peu de chance, ils étaient morts à son arrivée. Trop souvent, ils se débattaient encore désespérément sous ses yeux, dans les hautes herbes, au bord de la route, leurs pattes s’agitant dans le vide, le regard affolé. D’autres étaient restés placidement debout, la tête baissée, leurs entrailles entortillées sous eux, et ils le regardaient s’approcher, aussi calmes que du bétail attendant de la nourriture. À l’arrière de son véhicule, il avait un merlin de deux kilos et demi soudé à un bout de chaîne et il le faisait tournoyer comme un fléau d’armes du Moyen Âge pour enfoncer le crâne d’animaux qui ignoraient encore que la vie les avait quittés. Sur les fils des clôtures, les corbeaux et les pies croassaient en le regardant, tandis qu’il apprêtait grossièrement les bêtes mortes et chargeait sur le plateau de son camion ce qui, de droit, aurait dû leur revenir.

À une vingtaine de kilomètres au sud de la ville, au-delà d’une barrière en fil barbelé et au bout d’un chemin creusé d’ornières, les hommes de Van Zyl avaient installé une grande caisse en contreplaqué dont le couvercle était fermé avec un cadenas. C’était là qu’il déposait les cerfs et les antilopes presque intacts qu’il trouvait dans le cadre de son travail normal au service du comté, les carcasses, gelées et dures comme des statues pour la plupart, tombant dans la caisse avec un bruit sourd comme des bûches de bois de chauffage. Les traces des motoneiges formaient un arc de cercle dans la large plaine d’armoise et disparaissaient entre les arbres. Hickney remarquait des empreintes de bottes et, de temps en temps, une traînée de sang, là où un des animaux récemment tués avait été tiré pour être chargé sur une luge, mais alors qu’il effectuait ses livraisons au hasard, à des heures variables, il n’avait jamais vu personne.

Van Zyl apparaissait sur le seuil de sa porte une fois par semaine et lui remettait une enveloppe dont le contenu en liquide était conforme au prix convenu de vingt dollars par tête d’animal adulte dans un état acceptable. Quand il y était invité, il s’asseyait pour une tasse de café et parlait, en termes vagues, de ses pensionnaires et de leurs progrès. Il était encore plus vague concernant son propre passé et un dimanche après-midi particulièrement neigeux, comme Hickney insistait, il lui dit simplement qu’il avait eu une longue carrière militaire. Il écarta d’un geste toutes les autres questions et, à la place, il interrogea Hickney sur son propre passage dans l’armée – sa spécialité, ses lieux d’affectation, la raison pour laquelle il avait quitté le service, les termes de sa libération –, puis il s’appuya contre le dossier de sa chaise, hochant la tête d’un air solennel.

— Des états de service dignes d’éloge.

Hickney avait connu plusieurs officiers passés par West Point et il avait trouvé certains d’entre eux suffisants et arrogants. Il scruta le visage de Van Zyl, essayant d’y détecter des signes de dérision.

— J’ai fait mon temps et j’ai fait mon boulot, dit-il. C’est tout. J’avais surtout besoin de partir un moment.

— Vous avez quand même sacrifié deux ans au service de votre pays. Un tel patriotisme, malgré les erreurs tragiques de cette guerre en Asie, est rare. (Il s’interrompit, regarda Hickney avec une attention plus soutenue.) Votre famille a dû être fière de vous.

Hickney secoua la tête.

Van Zyl protesta :

— Ils ont certainement dû l’être.

— Non. Je veux dire, je n’ai pas de famille.

— Personne ?

— Non.

— Votre mère ?

— Elle est morte. Cela fait longtemps, maintenant.

— Votre père ?

— Parti.

— Décédé ?

— Non. Je ne sais pas. Juste parti.

Van Zyl hocha gravement la tête, scrutant Hickney. Il semblait très ému.

— Et vous guère plus qu’un jeune garçon, dit-il.

À la porte, il lui offrit ses remerciements et ceux de ses hommes pour le travail pénible qu’il accomplissait pour eux. Il lui prit l’épaule de sa main gauche et, sans rien dire, il garda sa main droite fermement serrée autour de celle d’Hickney un long moment.

La vie d’Hickney devint relativement plus facile. L’argent de Van Zyl fit pratiquement doubler son salaire et il échappait souvent à la corvée d’aller déposer les carcasses abîmées à la décharge publique, un long trajet à la fin de la journée dans l’obscurité glaciale. Van Zyl le trouvait toujours chez lui, frappant parfois quelques minutes seulement après qu’Hickney eut accroché son manteau et son chapeau et enlevé ses bottes. L’idée lui vint à l’esprit qu’il était peut-être surveillé, et un jour il avait attendu au volant de son camion tous feux éteints, au bout de sa rue, mais il n’avait rien vu d’inhabituel, aucune silhouette tapie dans les ténèbres, et il s’était senti un peu idiot.

La maison de Fife Street était à vendre depuis presque deux ans, et la pancarte de l’agence immobilière dans le jardin, avec ses lettres dorées qui se décollaient et une affichette promettant une baisse de prix, s’agitait sur ses vis qui grinçaient faiblement dans le vent. Il se dit que le propriétaire ou l’agent avaient peut-être oublié son existence. Posée sur un tout petit terrain qui la contenait à peine, cette maison n’était guère plus qu’une boîte rectangulaire, dans un état déplorable après des années d’abandon, mais elle renfermait, à l’intérieur de son squelette en sapin grossier, l’embryon d’un rêve qui prenait forme chez Hickney.

Pas plus de trois mètres ou trois mètres cinquante la séparaient de la maison voisine, pratiquement identique, où le vieux Vernon vivait depuis quarante-sept ans, et cet espace était presque entièrement occupé par une haie sauvage de caraganiers.

Hickney se pencha vers la vitre sombre de la maison vide, les mains en visière autour de ses yeux, et il put voir l’intérieur jusqu’à la cuisine : un linoléum à damiers, le bord d’un évier en porcelaine. D’une autre fenêtre, il distingua des traces de passage décolorées sur la moquette de la salle de séjour, des rectangles plus sombres où il y avait eu un canapé ou une chaise et, sur le plâtre fissuré des murs, pareils à une leçon de géométrie abandonnée, d’autres figures fantômes où avaient dû être accrochées des photos de famille.

Au bout d’un moment, il se mit à voir des formes se déplacer dans les pièces et il resta là, hypnotisé par ces visions, jusqu’au moment où ses mains s’engourdirent et ses pieds commencèrent à geler dans ses bottes. Quand il s’écarta, il ne vit que lui-même dans la vitre, le fantasme qu’il savait vide et absurde s’effaçant immédiatement.

Le vieux Vernon avait reconnu le camion d’Hickney au moment où il s’était garé au bord du trottoir, et quand il l’avait vu descendre, puis traverser le boulevard, il était allé à sa cuisine pour mettre de l’eau à bouillir et il avait sorti deux grandes tasses et deux cuillères. Plus tard, lorsqu’il entendit le camion redémarrer, il s’avança jusqu’à la véranda en traînant ses pantoufles. Le journal du matin était à ses pieds et il se baissa difficilement pour le ramasser et s’en servit pour faire signe quand le camion s’éloigna. Il n’avait pas pensé à allumer la lumière de la véranda et il tendit la main vers le mur, puis appuya sur l’interrupteur, demeurant un instant frigorifié sous la faible lueur jaune, le journal à son front dans une sorte de salutation. Il éteignit la lumière et resta un instant sur le seuil de sa porte ouverte à réfléchir, puis il la ralluma.

Le cerf s’était plus ou moins disloqué dans ses bras pendant qu’il le chargeait, et il rentra à sa chambre à trois heures de l’après-midi pour changer ses vêtements trempés de sang. Il se faisait du café quand Robert Van Zyl apparut à la porte et Hickney l’invita à entrer. Ils s’assirent l’un en face de l’autre à la petite table. Van Zyl parla longuement. Il aborda de nouveaux sujets, cette fois, délaissant les thèmes habituels du temps qu’il faisait et du travail. C’était un discours qui paraissait parfaitement au point et pour lequel le visiteur d’Hickney manifestait un grand enthousiasme, ses mains agrémentant ses propos de larges gestes de prestidigitateur au-dessus de la table. Parfois, il s’interrompait pour solliciter des questions, mais Hickney n’en posa aucune et quand Van Zyl se leva, une demi-heure plus tard, et mit son chapeau devant le miroir avant de se diriger vers la porte, il serra chaleureusement la main de son hôte et s’en alla dans la grisaille de l’après-midi, sourire aux lèvres, comme si les mots qu’il laissait derrière lui, tourbillonnant dans la tête d’Hickney, n’étaient pas plus dérangeants que des feuilles soulevées par le vent.

Après son départ, Hickney porta les tasses sur le plan de travail et se mit à les laver. Quelques minutes plus tard, levant les yeux, il s’aperçut que le miroir au-dessus de l’évier était entièrement couvert de buée. Pendant tout ce temps, il s’était acharné à frotter la tasse de Van Zyl sous le robinet d’eau bouillante.

Le propriétaire du magasin général était un ancien boxeur ; quarante ans

plus tôt, il avait participé aux Golden Gloves1 et il avait eu l’arcade

sourcilière gauche fracassée par un poids lourd Gros Ventre 2 de Box Elder. C’était un homme de grande taille, avec des mains et des bras énormes, et son front était creusé de sillons impressionnants qu’on aurait pu prendre pour une sorte de scarification rituelle indigène. Mais cette vieille blessure adoucissait son apparence par ailleurs féroce, l’œil vert affaissé suggérant une grande réserve intérieure de compassion accumulée à force de déceptions et de chagrin. Au cours de la Seconde Guerre mondiale, qui avait emporté tant d’hommes du comté, il avait été décoré dans la tourmente de la Normandie. En l’absence de docteur dans la ville, on faisait parfois appel à lui pour suturer des plaies ouvertes ou poser une attelle sur des membres brisés, le temps du long et douloureux voyage jusqu’à l’hôpital de Billings ou Great Falls, où ils seraient convenablement plâtrés. Il lui arrivait de percer un furoncle, d’enlever une tique. Il ne donnait son diagnostic qu’à contrecœur, mais les hommes venaient tout de même le voir pour des kystes, des articulations bloquées, des douleurs fantômes.

Quand Hickney entra dans le magasin, il trouva le propriétaire, Bud Ingersoll, debout, les deux poings appuyés sur son comptoir, contemplant quelque chose sous le verre, juste entre les deux. Il leva les yeux vers Hickney en secouant la tête.

— Une courroie de ventilateur pour une De Soto S-5 de 1938, dit-il. Je l’ai regardée dix mille fois, mais c’est seulement maintenant que je la vois. Comment ça se fait, à ton avis ?

— Je ne sais pas.

— Moi non plus, dit Ingersoll. Mais à partir d’aujourd’hui, je vais faire le tour de ce magasin et tout regarder jusqu’à la plus petite chose, et si elle est restée invisible comme celle-là pendant trente ans, elle part à la poubelle.

— Je vous surprends à un mauvais moment.

— Non, bon Dieu, tu me surprends au meilleur moment possible. Mes yeux sont ouverts. Les écailles sont tombées.

Hickney se glissa sur un des tabourets devant le comptoir où, depuis qu’il était petit garçon, il avait passé d’innombrables heures, le magasin – sombre, silencieux, bien rangé – étant son foyer bien plus que ne l’avait été sa propre maison, et plus que ne l’avait été celle de Jimmy. Les hommes sur les autres tabourets l’acceptaient sans réserve, et il restait assis en silence, les écoutant parler des récoltes de foin, du prix des céréales, discuter des avantages des nouvelles machines. Surtout, il aimait écouter les plus âgés parler du pays d’autrefois, encore jeune et sauvage, quand le bétail allait aussi librement que les bisons et repoussait les quelques derniers loups à coups de cornes, et raconter comment, l’automne venu, ils faisaient sortir les vaches des bois ou des crevasses broussailleuses à cheval, pour les rassembler en un immense troupeau dont on pouvait voir le nuage de poussière à des kilomètres à la ronde. Ils étaient assis près de lui, sur leur tabouret, le dos arrondi comme des douves de tonneaux, le regard humide, prononçant le nom de chevaux morts depuis soixante ans avec la révérence d’un prêtre pendant les vêpres, et lui, il osait à peine respirer.

Il pivota lentement sur son siège, les marchandises défilant sous ses yeux désormais si familières qu’il aurait pu les trouver dans le noir. Jambières, mangeoires pour oiseaux, manuels pour autos. Haches, râteaux, tonneaux remplis de tire-fonds. Sur une étagère à part, une demi-douzaine de pendules qu’Ingersoll réglait et remontait méticuleusement, mais qui n’en sonnaient pas moins les heures de façon totalement aléatoire. Une tête de cerf mulet poussiéreuse avec des yeux couleur d’huître surveillait le magasin depuis le mur.

Pendant un moment, il observa le vieil homme se déplacer lentement le long du comptoir, la tête baissée au-dessus de la vitre, puis il dit :

— Parmi ces types qui sont là-haut, à Porcupine Creek, est-ce qu’il y en a qui sont passés ici, Bud ?

— Je suis pas sûr de savoir qui vient d’où, répondit Ingersoll, mais il y a ce monsieur distingué qui est venu une fois ou deux.

— Van Zyl ?

— Oui, c’est ça.

— Vous en pensez quoi ?

— Assez sympathique. Et sérieux, je crois que c’est le mot qui convient.

— C’est bien une bague de West Point qu’il a, hein ?

— C’est ça.

— C’est une vraie, vous croyez ?

— Je ne vois pas de raison de suspecter que c’en est pas une. Ce qui est sûr, c’est que c’est bien son genre.

— Je travaille un peu pour lui, un petit extra.

— Je l’ai entendu dire, remarqua Ingersoll. Mais pas par toi.

— Je ne me sens pas vraiment à l’aise à ce sujet.

— Bah, un travail c’est un travail, fiston. Et je suis sûr qu’une petite rallonge est la bienvenue.

— Ouais. J’imagine.

Ingersoll se pencha de nouveau au-dessus de sa vitrine, plissant les yeux pour examiner des montres, des stylos à plume, des couteaux de poche, des articles de mercerie – rien que des choses couvertes de poussière, vieilles de plusieurs dizaines d’années. Il prit un marteau de géologue ; dans ses énormes mains, on aurait dit un jouet d’enfant, et il l’examina d’un air soupçonneux.

— Comment t’as atterri ici, toi ? demanda-t-il à l’objet.

Pendant une bonne partie de l’après-midi, Hickney avait tenté d’établir une conversation avec le vieil homme dans laquelle ses questions auraient pu s’insérer de façon très naturelle, mais il savait qu’une telle conversation était impossible et en fin de compte, il essaya de prendre un ton détaché, comme si le sujet était abordé par hasard, sans raison particulière.

— Vous avez déjà connu des Juifs, Bud ?

Comme s’il avait mal entendu, Ingersoll pencha une oreille vers lui.

— Des Juifs, t’as dit ?

— Oui. Vous en avez connu ?

— Bon sang, dit le vieil homme. À te voir, je me doutais bien que tu avais quelque chose en tête, mais ça, c’est peut-être la dernière chose que je m’attendais à entendre de ta bouche.

La chaleur monta au visage d’Hickney et il baissa les yeux vers le sol, mais le vieux commerçant ne remarqua rien et poursuivit, d’une vois adoucie :

— Pendant la guerre, dit-il, le meilleur officier que j’aie eu était un gamin juif du New Jersey. Je dis gamin, aujourd’hui. Mais bon Dieu, on était tous des gamins.

— De West Point ?

— Non, c’était un de ces officiers formés à la va-vite. Il savait que j’étais du Montana, et un jour, en manœuvres, avant qu’on nous expédie au front, il m’a fait saluer un mouton. (Ingersoll mit une main sur son front, comme pour vérifier s’il était fiévreux, et il eut un sourire.) Un drôle de type. Il a eu les jambes carrément cisaillées par une mitrailleuse. J’étais en train de m’occuper de lui et il m’a souri en disant, “Ingersoll, espèce d’enfoiré, arrête de perdre ton temps.” Et puis il est mort. C’était un type bien. Il ne se croyait pas supérieur à nous, comme ces gars qui viennent d’académies militaires. Il portait des petites lunettes, il ne mesurait pas plus d’un mètre soixante-cinq, environ. Ça a été ses derniers mots sur terre – “arrête de perdre ton temps”.

Le vieil homme était loin, à cet instant, le regard levé vers une étroite claire-voie où la lumière de l’après-midi faiblissait rapidement. Les pendules résonnèrent aussi fort dans le magasin désert que des sabots de cheval.

— Vous pensez que les Juifs contrôlent le pays ? demanda Hickney.

Difficilement, Ingersoll arracha son regard de la fenêtre pour se tourner vers lui.

— Pour le pays, je ne sais pas, fiston, mais d’une certaine manière, le premier lieutenant Aaron B. Rosen contrôle ma vie depuis une quarantaine d’années. Tous les jours, je repense à ce qu’il m’a dit.

Les rides de son front se creusèrent et il grimaça, comme s’il ressentait soudain une douleur physique. Cela faisait onze ans qu’il avait perdu sa femme et elle lui manquait en permanence, et malgré tous ses efforts, il suffisait d’un rien pour qu’il se rappelle ces jeunes soldats aux uniformes en haillons qui défilaient alors sous ses yeux, exposant en silence leurs invraisemblables blessures.

Il consulta sa montre et les pendules sur l’étagère, puis il enleva de son cou le cordon de son tablier de menuisier effiloché et le suspendit à un crochet au mur.

— Bon, dit-il, je crois que je vais fermer pour aujourd’hui.

— Bien sûr, répondit Hickney. (Il se leva et resta un instant à regarder le dos du vieil homme, le visage brûlant.) Faut que j’y aille, de toute façon.

Quand il atteignit la porte, en partant, Ingersoll l’appela.

— Tu veux bien retourner la pancarte pour moi, fiston ?

Il avait déjà éteint les lumières dans le fond du magasin et il n’était plus qu’une silhouette sombre se détachant sur la délicate luminescence de ses pendules.

— Et sois prudent sur la route.

Il patrouilla le long des fossés au nord de la ville pendant l’heure de clarté qui restait, accablé par le regret d’avoir éveillé de nouveaux tourments chez le vieil homme. Il se dit qu’il ne pouvait pas savoir quels effets allaient avoir les paroles de Van Zyl, mais cela ne le consola pas, et quand il se mit au lit, après être allé s’occuper de Jimmy et avoir avalé son repas solitaire, il ne parvint pas à trouver le sommeil. Il s’agita toute la nuit sur ses draps, se raidissant et osant à peine respirer au moindre bruit dans la rue, et le matin venu, il s’assit, lourd, épuisé et pas rasé devant sa tasse de café, le jour nouveau commençant à apparaître dans le rectangle gris et morne de sa fenêtre.

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1 Compétition nationale annuelle qui réunit les meilleurs boxeurs amateurs des États-Unis.

2 Tribu amérindienne vivant dans le Montana.

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