Trop loin de Dieu

Kim Zupan · Chapitre 38 sur 57

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Trop loin de Dieu

Chapitre 38

 

L’AVANT de la voiture avait basculé dans le fossé peu profond, le capot était enfoncé, un phare sans son verre pendait au bout des fils électriques tel un œil arraché de son orbite, le pare-brise étoilé était incurvé vers l’intérieur, contre le volant. Il y avait du sang sur le tableau de bord et Hickney passa la main par la fenêtre du conducteur pour tâter avec son doigt. Le sang était encore frais.

Son sommeil avait été agité et de courte durée, la nuit précédente, et il monta péniblement la petite pente avec des jambes de plomb, un mal de tête lancinant et la bouche pleine de coton. Il venait de commencer à installer les cônes de signalisation en plastique orange quand il vit un coyote qui l’observait depuis le couvert des hautes herbes bordant la clôture. Il s’immobilisa. Posant doucement le dernier cône qu’il avait à la main, il fit le geste de lancer quelque chose en direction du coyote, mais celui-ci se contenta de s’aplatir au sol et resta là, sa queue se balançant de gauche à droite comme celle d’un chat, narines frémissantes.

Pendant plusieurs minutes, ils se jaugèrent à travers la largeur du fossé. D’après les poils qu’il avait vus sur la route et qui étaient coincés dans la calandre défoncée de la voiture, Hickney savait que c’était un cerf qui avait été heurté, mais il ne le vit nulle part. Il supposa que les coyotes l’avaient déjà emporté. Il remercia cet envoyé solitaire d’avoir fait son travail et il lui parla longuement, jusqu’au moment où, tout à coup, l’animal se leva, faisant demi-tour dans le même mouvement, et disparut dans d’épais buissons près de la route. Hickney se retourna et vit juste à cet instant le pick-up de Robert Van Zyl s’arrêter sur le bas-côté d’en face. Il ne l’avait pas entendu.

Un peu avant quatre heures, ce matin-là, il avait rejeté ses couvertures pour s’asseoir au bord de son lit, la tête dans les mains, essayant d’analyser les détails d’un rêve. La silhouette qui en faisait partie n’avait pas de forme fixe, mais il savait que ce n’était pas l’homme de la milice qu’il avait trouvé dans le fossé, ni le soldat japonais carbonisé. Cette silhouette ne lui avait pas parlé, pas plus qu’elle ne l’avait regardé, mais d’après le sentiment de honte qu’il avait ressenti en se réveillant, il pensait qu’il devait s’agir d’une sorte d’avatar de Robert Van Zyl.

Pendant un certain temps, il avait été flatté par l’attention que lui portait Van Zyl, et à présent il en éprouvait de la gêne, mais la honte venait de l’argent. Il s’était laissé griser par cet argent. Il s’était dit que c’était pour une bonne cause – la meilleure des causes –, mais il avait commencé à penser que ces beaux billets tout neufs qu’il déposait religieusement à la banque chaque semaine étaient souillés, comme s’il les avait ramassés sur le plateau couvert de sang de son pick-up.

Au bout d’un moment, abandonnant l’idée de dormir, il s’habilla et s’assit à sa table devant son café. Il but quatre tasses amères, sans cesser de se reprocher sa cupidité et son égoïsme, et lorsque les premières lueurs grises éclairèrent sa fenêtre, deux heures plus tard, ces reproches s’étaient transformés en un dégoût général de sa vie. En milieu d’après-midi, quand le pick-up de Van Zyl apparut sur le bord de la route, ce dégoût s’était figé en une colère froide qui lui martelait la tête aussi sourdement qu’une gueule de bois.

Il disposa le reste des cônes autour de la voiture accidentée, avant d’aller à son camion, où il se mit à trier ses outils, ce qui n’était absolument pas nécessaire. Il mit ses gants, regarda vers l’est, puis vers l’ouest sur la route déserte. Le ciel était bas et menaçant, et des feuilles de tremble en plus grande quantité couraient dans les fossés, poussées par un vent qui soufflait du nord sans discontinuer. Il remonta en haut de la pente, corrigea légèrement la position de l’un des cônes, puis se mit à siffler tranquillement et à claquer des doigts pour appeler le coyote comme s’il s’agissait d’un chien. Quand il revint, Van Zyl était sorti de son camion et il l’attendait au bord de la route.

— On dirait que vous savez toujours où me trouver, lui dit Hickney. Comment ça se fait ?

S’il fut surpris par le côté abrupt de la question, Van Zyl choisit de ne rien en laisser paraître.

— Tes déplacements sont limités et quelque peu prévisibles, dit-il aimablement. Aujourd’hui, je me suis mis en route avec bon espoir, en suivant ton itinéraire, et j’ai eu la chance de te trouver ici. (Il restait là, le bout de ses Wellington devant la ligne peinte au bord de la chaussée, comme si c’était une barrière qu’il ne voulait pas franchir.) Mystère éclairci.

Des nuages qui paraissaient presque à portée de la main commencèrent à crachoter quelques flocons d’une neige humide. Comme si elles avaient attendu ce signal, des vaches se mirent à beugler. Elles semblaient très proches, mais quand il se retourna, Hickney ne vit rien. Il les entendit à l’ouest, puis au nord, puis de nouveau à l’ouest, des meuglements graves et limpides de désespoir, aussi incorporels que les nuages eux-mêmes.

Son regard revint se poser sur Van Zyl.

— Pourquoi êtes-vous là ?

— J’avais espéré que nous pourrions parler. Cela fait quelques semaines.

— Non, je veux dire par ici, dans cette région. Je ne comprends pas. Il n’y a rien pour vous ici. C’est juste un pays vide.

— Tu viens de le dire toi-même, répondit Van Zyl. J’ai choisi cet endroit précisément pour cette raison.

D’une main, la paume tournée vers le haut, il fit un large geste de gauche à droite, comme pour soumettre cet espace ouvert à l’examen d’Hickney.

— Tabula Rasa.

— Pour ceux qui comprennent ce que ça veut dire.

— Un espace vierge. Non souillé.

— Ce qui est assez marrant, c’est que j’ai rencontré un de vos hommes hier soir. À en juger d’après ce type, je dirais que vous avez apporté la souillure avec vous.

Aucunement déconcerté, Van Zyl poursuivit :

— Où les hommes peuvent se perdre, mais être retrouvés.

— Régénérés, donc. Comme dans une religion.

— Dans la mesure où notre cause est de celles pour lesquelles des hommes seraient prêts à mourir, alors, oui, une religion.

Hickney se tourna sur le côté et cracha.

— Tu me sembles perturbé, dit Van Zyl. Est-ce que j’ai fait quelque chose… ?

— C’est juste que maintenant, après avoir parlé à ce petit enfoiré, j’ai une idée plus précise de qui vous êtes, là-haut. Pour moi, vous n’êtes qu’une bande de fanatiques.

Van Zyl prit un air affligé et fit un tss-tss avec sa langue.

— Si des hommes dévoués à une cause sont pour toi des fanatiques, alors que dis-tu des croisés ? Des prêtres de ton pape, partis convertir les peuples à la peau sombre ?

— Vous ne comprenez pas que personne n’a envie de vous voir ici ?

Van Zyl secoua la tête et fit un geste en direction du camp, quelque part à l’ouest, dans les contreforts invisibles.

— Nos rangs qui ne cessent de croître sembleraient prouver le contraire.

— Oui, bien sûr, il y aura toujours une poignée d’allumés prêts à se joindre au cirque. Mais ce que vous avez offrir, ce ne sont que des conneries qui ne servent à rien. Regardez autour de vous. Les gens se lèvent le matin, ils vont travailler, ils rentrent chez eux le soir pour dîner et embrasser leurs enfants, puis le lendemain, ils se lèvent et recommencent. Ils n’ont pas besoin de vous.

— Ah, oui, dit Van Zyl. Le noble prolétariat.

Hickney secoua la tête.

— Encore des conneries.

— Les classes laborieuses, si tu préfères.

— Je sais ce que ce mot signifie, bon Dieu.

— Et étant donné que tu n’as ni foyer, ni enfants à embrasser, je t’ai offert une famille.

— Cette bande de racailles, là-haut ? C’est ça la famille dont vous me parlez ?

— Des hommes qui t’adopteraient sans réserve, comme je l’ai fait.

— J’aime bien ma vie telle qu’elle est, dit Hickney.

— Au risque de paraître pas très gentil, un ancien soldat sans but dans l’existence, qui ramasse les charognes sur la route et vit seul dans une petite chambre. C’est ça, ta vie. Ou est-ce que je trompe ?

— Vous ne me connaissez pas.

Tandis qu’ils discutaient, les yeux de Van Zyl passaient d’Hickney à la route derrière lui puis leur parvint le bruit de l’antique camion qui montait la côte avec peine, sa transmission gémissant et les chaînes à neige claquant sur les passages de roues. Il ralentit, avant de s’arrêter dans un grincement étouffé, et le vieux fermier leur sourit depuis son siège défoncé, un coude appuyé sur la fenêtre ouverte. De la tête il salua Hickney d’abord, puis Van Zyl, qui n’avait pas bougé, arborant son sourire mielleux, les mains jointes dans son dos dans une attitude qu’Hickney se rappela être celle dite “repos” pour les soldats en rangs.

Le vieil homme contempla les grandes traînées de sang et le verre sur la route.

— On dirait que quelqu’un a fait passer un chien dans une vis à grains, remarqua-t-il.

— C’est quelqu’un qui a monté la côte ici et n’a pas eu l’occasion de ralentir.

— Le jeune Garrett, celui qui travaille pour Raymond Nevala.

— Je pensais bien avoir reconnu cette voiture, dit Hickney.

— J’ai discuté avec Raymond, ce matin. Il m’a raconté que le garçon a heurté un cerf dans l’obscurité, et y a une patte qu’a traversé le pare-brise quand la bête est passée par-dessus, et elle lui a éclaté le nez, aplati comme un sifflet. Deux yeux au beurre noir, écorché de partout par les éclats de verre. Raymond a dit qu’il avait l’air de s’être battu avec un blaireau.

— À voir les dégâts, je dirais qu’il s’en tire pas si mal.

— C’est aussi mon avis.

Hickney jeta un coup d’œil aux chaînes à neige rouillées qui pendaient mollement autour des pneus arrière. Elles étaient attachées avec des tendeurs élastiques et du fil de fer à ballot, et il y avait des nœuds de fil plus ancien dans les maillons des chaînes, restés là depuis les hivers précédents.

— C’est peut-être un peu tôt pour ces trucs-là, non ?

Le vieil homme tendit une main en coupe et observa les quelques flocons qui tombaient dedans puis disparaissaient.

— Y en a pas encore beaucoup, mais ça va pas tarder à venir pour de bon, et en tempête, et avec l’intention de rester un moment. Et puis je vais te dire autre chose – c’est que c’est devenu une sacrée corvée pour moi d’installer ces trucs-là, alors une fois que c’est mis, c’est mis pour toute la saison. (Il sourit à Hickney de sous la visière de sa casquette d’hiver.) Je veux dire, jusqu’en avril, ou mai, peut-être bien. En attendant, je roule juste un peu plus lentement.

Hickney ne lui avait pas reparlé depuis qu’ils s’étaient rencontrés sur la grande route, plus d’un mois auparavant, mais ils s’étaient croisés sur cette même portion d’asphalte un bon nombre de fois, et il avait commencé à croire que le vieil homme allait et venait constamment dans son camion simplement pour essayer de lutter contre l’ennui et la solitude de sa maison vide.

Pimperton pointa son pouce retourné dans la direction du pick-up d’Hickney.

— Encore des ennuis avec ton camion ?

— Pas depuis que j’ai fait réparer cette fuite au radiateur. Juste comme vous l’aviez dit.

— Tu parles, j’y connais rien du tout, répondit le vieil homme en adressant à Hickney un petit sourire enfantin. C’était juste histoire de dire quelque chose.

La neige, lourde et humide, fondait sur la chaussée moins froide et la route s’étendait au loin, aussi noire et luisante que du pétrole brut. Comme si pour lui la journée ne pouvait pas être plus belle, Van Zyl continuait à sourire placidement et à scruter le lointain, ainsi que le ferait un homme qui attend un train.

— Bon, j’allais en ville pour une chose ou une autre, dit le vieil homme. J’espère que ça va me revenir avant que j’y sois arrivé.

Il sourit de nouveau à Hickney et lui fit un clin d’œil, offrit à Van Zyl l’ébauche d’un mouvement de la visière de sa caquette, puis força le levier de vitesse à passer en première et son camion s’ébranla, l’étrange musique skiffle produite par les chaînes des pneus et les tintements du fil de fer s’amenuisant peu à peu jusqu’à ce que les deux hommes finissent par ne plus entendre que les vaches qui beuglaient telles des âmes perdues, quelque part dans le ciel couvert et gris.

Le sourire sans joie que Van Zyl avait affiché depuis l’arrivée du vieil homme se figea et disparut tandis qu’il le regardait s’éloigner.

— Encore une figure locale pittoresque, commenta-t-il. Et, je présume, une sorte de père de remplacement ?

— Ce n’est pas un remplaçant, pour quoi que ce soit. C’est un ami. Et je vais vous dire ce qu’il m’a dit.

Van Zyl hausa les sourcils, l’air interrogateur.

— Il m’a dit que vous n’étiez pas à votre place ici.

Van Zyl écarta les bras dans un geste théâtral d’orateur.

— Et pourtant nous sommes ici. Et d’autres continuent à nous rejoindre. Ni les démentis de ce fait évident ni les déclarations d’un vieillard ignorant ne peuvent l’empêcher de se produire. On ne peut plus l’arrêter, pas plus qu’on peut repousser la marée, qu’on peut changer le temps qu’il fait.

— Il a dit que vous n’étiez pas adaptés et que vous ne pouvez pas durer. Je crois que Darwin a dit des choses à ce sujet, non ?

— Darwin, s’exclama Van Zyl. Oh, oui, très bien. (Il leva les mains au niveau de sa poitrine, les doigts croisés.) L’élève et le maître engagés dans un échange dialectique.

— Je ne suis engagé dans rien avec vous.

Van Zyl détourna la tête, comme pour laisser les mots d’Hickney se dissiper telle une mauvaise odeur. Puis il le regarda de nouveau.

— Je crois savoir que tu as rendu visite au shérif récemment.

— Je suis sûr qu’il vous a tout raconté.

— En l’occurrence il ne l’a pas fait.

— Non que cela vous regarde, mais je lui ai posé quelques questions concernant Vernon Dupui.

— Oui, le monsieur africain.

— Africain ? Mais bon Dieu, il n’était pas plus africain que vous. Il a grandi ici.

— Un Noir, alors, si vous préférez. Un monsieur d’un certain âge qui cirait les chaussures ? Qui a perdu la vie dans des circonstances regrettables ?

— C’était un brave homme, dit Hickney. Un excellent homme.

— Quoi qu’il en soit. (Van Zyl leva les mains et les joignit dans un geste évoquant la prière.) Regrettable.

— C’est curieux, mais je ne crois pas que vous jugiez cela regrettable du tout. En fait, je me demande quelle place il aurait eue dans cet ordre dont vous parlez toujours.

— Dois-je comprendre que c’est un interrogatoire ?

— C’est une discussion, dans laquelle je vous demande de clarifier votre sentiment sur certaines choses et sur certains types de personnes. Les hommes noirs, dans le cas présent.

— Je n’ai pas le souvenir que le sujet ait été abordé, pour qu’il nécessite, comme tu dis, une clarification.

— Peut-être qu’il n’a pas été abordé avec vous, mais j’ai une idée assez précise de ce que vos hommes en pensent.

— Et dois-je être tenu pour responsable de ce que dit chacun d’entre eux ?

— Chacun une partie de tous les autres, et tous une partie du tout, c’est ce que vous avez dit, un jour.

Van Zyl sourit et s’inclina légèrement.

— Je suis flatté que tu accordes suffisamment de valeur à mes paroles pour les garder en mémoire.

— Personne n’a parlé de valeur.

— Et c’était tout le sujet de ta conversation avec le shérif – le regretté M. Dupui ?

— Ne craignez rien, je n’ai rien dit au sujet de votre homme que j’ai trouvé dans le fossé. Mais bon Dieu, j’y ai pensé.

Van Zyl secoua la tête d’un air las et expira.

— Cet homme, dit-il.

Il s’interrompit, puis reprit, sa voix adoptant la cadence mesurée de celui qui enseigne à des enfants.

— La faiblesse peut prendre bien des formes et n’est pas, bien évidemment, une simple question de force physique relative. Un homme peut être faible de caractère, comme par exemple cet homme qui semble tant vous inquiéter. Il était faible. Et, peut-être le pire de tout, il manquait de conviction. S’il a été, d’une façon ou d’une autre, une victime, c’est de son propre défaut et de sa propre dépravation. Sa fin, c’est lui qui l’a choisie.

— Et donc, il a été éjecté. Effacé.

— Cet homme est parti de son propre chef et il est mort d’hypothermie. Tu l’as trouvé. Ses camarades d’armes ont accompagné son retour dans le groupe et son enterrement de la cérémonie qui convenait. Malgré tout ce que tu peux penser, ce sont là les faits, simples et irréfutables, de cette affaire. Vraiment rien qui mérite que j’aille importuner le shérif.

— J’ai vu votre cérémonie, n’oubliez pas, répliqua Hickney. Il a été chargé et évacué comme un morceau de bois.

— Cette histoire est regrettable, dit Van Zyl doucement, mais cet homme ne sera regretté par personne. Et je suggère que tu chasses cet incident de ta mémoire une fois pour toutes.

— J’ai essayé. Ça n’a pas marché.

Van Zyl hocha la tête et sourit presque tristement en entendant cela, puis il se tourna et regarda au loin, offrant à Hickney son profil granitique, la cicatrice vermiforme d’un blanc d’os s’enroulant sous le col relevé de son manteau. Même dans la lumière terne de l’après-midi, ses yeux étaient d’un bleu intense.

— Tu es un fils privilégié, il faut que tu t’en rendes compte, dit-il. Tu vas, tu viens en toute impunité sous le parapluie de mon autorité.

— Je ne suis le fils de personne.

Le coin de la bouche de Van Zyl se souleva légèrement.

— Oui, c’est ce que tu as déjà dit. Que c’est triste. Mais en tout cas, ce statut ne va pas nécessairement durer éternellement. Et tu devrais réfléchir très sérieusement à la façon dont tu pourrais te retrouver impliqué dans le cours des événements. Certains accords peuvent très bien être annulés. Nos actes ont des conséquences.

— Mes actes ?

— Les tiens, bien sûr. Les miens… (Van Zyl indiqua d’un bref coup de menton l’endroit sur la route que le vieil homme avait occupé peu de temps plus tôt.) … Les siens.

Il mit ses deux mains jointes devant lui, puis les leva, comme s’il voulait libérer un oiseau.

— Ceux de tous les hommes.

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