Trop loin de Dieu

Kim Zupan · Chapitre 10 sur 57

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Trop loin de Dieu

Chapitre 10

 

 

APRÈS une semaine de temps clair à la mi-février, une nouvelle tempête déferla depuis les plaines de l’Alberta et du Saskatchewan et la neige tomba toute la nuit, tandis que le vent faisait rage. Au matin, pendant que le moteur de son pick-up chauffait, il dégagea à la pelle une congère qui s’était formée devant le véhicule, et quand il prit la grande route vers l’est, les étoiles faiblissaient puis s’éteignaient dans son pare-brise givré, le jour se levant dans un ciel limpide et étrangement calme.

Il aurait continué à rouler si, dans ce vaste océan de blanc, il n’avait pas vu le corbeau, fleuron noir incongru perché sur un piquet de clôture presque enterré dans la neige. La route était déserte. O’Gorman était passé avec son chasse-neige une heure plus tôt, dans l’obscurité. Les fossés étaient lisses et plats comme le glaçage sur un gâteau, à l’exception du monticule que l’oiseau avait trouvé. Il enfonça la pédale de frein et se gara, deux roues sur le bas-côté labouré, puis, après avoir mis sa casquette et ses gants, il sortit dans le froid engourdissant.

Ces derniers temps, il s’était mis à se parler à lui-même, ou bien, dans cet espace vide et vierge où le menait son travail, à tout ce qui s’offrait à lui en guise de compagnie, et là, il s’adressa au corbeau.

— Tu fais mon travail à ma place maintenant, c’est ça ? Je ne te mettrai pas sur ma fiche de paie, si c’est ce que tu penses.

L’oiseau fit pivoter sa tête à gauche et à droite, comme si chacun de ses yeux lui présentait un Hickney différent et particulier, une complication différente et particulière pour sa matinée. La neige arrivait presque à la taille d’Hickney, et quand il commença à dégager un chemin avec sa pelle et son balai, l’oiseau s’éleva et glissa jusqu’au piquet suivant, où il se posa, ses ailes hirsutes déployées, claquant du bec comme s’il voulait le prévenir de ne pas s’approcher.

— J’en ai à peine pour une minute, lui dit Hickney. Pas la peine de t’affoler !

Il laissa tomber sa pelle et prit le balai pour sonder le monticule avec le manche, puis, le retournant, il se mit à balayer la neige. Lorsqu’il vit apparaître ce qui avait l’air d’être un paquet de draps sales, il se détourna et cracha de dégoût.

Il vit que le corbeau l’observait.

— Tu ne pouvais pas laisser ça tranquille, hein ? lui lança-t-il.

Le paquet était attaché avec une ceinture ou une sangle en cuir et il l’empoigna d’une main pour tirer le ballot, mais c’était plus lourd que ce qu’il avait cru et il ne parvint pas à le déplacer. En jurant, il se débarrassa de son balai, entortilla une longueur de drap autour de ses poings et s’arc-bouta en faisant jouer tout son poids. Le paquet devait être collé au sol par le gel, car il s’arracha tout d’un coup et Hickney s’écroula à la renverse dans la neige, le paquet retombant près de lui avec un bruit assourdi. Levant les yeux vers l’oiseau, il jura de nouveau, puis il tourna la tête pour regarder la chose à ses pieds pour la première fois, et ce qu’il vit était totalement insensé. Ce n’était pas un ballot de détritus, ni le linge sale de quelque anonyme peu scrupuleux, ni un cerf tué sur la route. Calmement, il nota de nouveau le tissu blanc taché, la ceinture, son regard passant ensuite à ce qui ne pouvait être qu’une paire de bottes, puis un couteau dans son étui, des cheveux emmêlés, une oreille : l’un après l’autre, les détails s’assemblaient dans son esprit, lentement, comme des gorges se levant dans une serrure, jusqu’au moment où, tout d’un coup, il comprit que ce qu’il avait sous les yeux, recroquevillé par terre et gelé dans la neige, n’était autre que le corps d’un homme.

Il se rendit compte qu’il avait dû pousser un cri, car le corbeau s’envola ; il se mit alors à donner des coups de pieds sur le sol et à battre des bras dans la neige et quand il se fut reculé de l’homme de quelques pas, il se releva avec difficulté, la faible lumière du jour se dissolvant tandis que le vaste pays blanc se contractait d’un coup en une sphère sombre dans laquelle il n’y avait plus que lui et l’homme, et l’écho assourdissant des battements de son cœur.

Il resta ainsi, pétrifié, pendant ce qui aurait pu être une heure aussi bien qu’une minute, jusqu’au moment où il prit conscience d’un autre son, plus fort, celui-là, et plus insistant que le bruit de son cœur affolé, et il arracha son regard de l’homme mort pour le tourner vers l’endroit d’où venait ce son. Comme si les amas de neige et l’armoise ensevelie étaient devenus vivants dans la lumière trouble du petit jour, il aperçut des formes qui s’approchaient depuis la limite des arbres, à l’est. Le bourdonnement se transforma en un rugissement et les formes se précisèrent, et lorsqu’elles ne furent plus qu’à une cinquantaine de mètres, il vit que c’étaient des motoneiges – des engins tout blancs, montés par des silhouettes toutes blanches et équipés de longues antennes fouettant l’air au-dessus des pare-brise, ce qui leur donnaient une allure d’insectes cyclopes monstrueux. D’autres encore sortirent des arbres et toutes fonçaient vers lui à pleins gaz, convergeant dans un chaos de neige, de fumée bleue et de bruit. Il pensa qu’elles pourraient bien lui passer dessus, ainsi que sur l’homme mort, alors il donna des coups de pied désespérés dans la neige à la recherche de ses outils et finit par retrouver son balai, et il se mit à le faire tournoyer devant lui d’un geste large, comme un homme qui essaie de repousser une meute de loups.

— J’ai un homme mort, là, s’écria-t-il. (Debout, impuissant, il les menaçait de son balai.) Bande d’enfoirés, j’ai un homme, là, par terre.

Se détachant des autres, un des engins vint s’arrêter en cahotant près d’Hickney et pratiquement au-dessus des fils de la clôture enfouie, côté route. Robert Van Zyl s’en dégagea et s’avança dans la neige à la façon d’un nageur. Hickney se sentit soulagé en le voyant s’approcher. C’était un autre homme qui conduisait la motoneige, le visage écarlate, le nez dégoulinant à cause du froid. Il resta sur son siège, les mains posées sur un fusil fixé dans son étui en travers du guidon.

Quand Van Zyl le rejoignit, il avait la respiration haletante.

— Mon ami, parvint-il à dire. Qu’avez-vous donc trouvé ?

— J’essayais de dire à ces types que j’ai là un homme mort de froid. (Pour la première fois, depuis plusieurs minutes, il commençait à penser clairement.) Ou peut-être qu’il a été tué, je ne sais pas.

— Tué ? dit Van Zyl. Qu’est-ce que vous voulez dire, tué ?

— Tué, bon sang. (Hickney fit un geste en direction de la route.) Tué par une voiture. Si vous pouviez me donner un coup de main, les gars.

— Oui, oui. Bien sûr.

Si Van Zyl était choqué de voir un homme mort gelé et difforme dans le fossé, il n’en laissa rien paraître. Se tournant vers son compagnon sur l’engin, il hocha la tête, et l’homme parla dans le combiné d’une radio, puis, à son tour, il se laissa glisser de son siège et s’avança en s’enfonçant dans l’épaisse couche. Les autres, moteur tournant au ralenti, s’étaient regroupés dans un demi-cercle approximatif à une trentaine de mètres, au milieu des bosses irrégulières d’armoise enfouie ; l’un d’eux s’anima et fonça vers eux.

Van Zyl le regarda s’approcher, puis, se tournant vers Hickney, il lui posa une main sur l’épaule.

— C’est bon, fiston. On prend ça en charge, maintenant.

Le deuxième engin arriva, tirant une sorte de luge basse, utilisée pour transporter du foin ou du matériel pour les clôtures, ou bien pour rapporter du gros gibier entier des profondeurs de la forêt, et il s’arrêta près de l’homme mort en dérapant. Comme les autres, les deux hommes montés dessus étaient entièrement vêtus de blanc et portaient des fusils accrochés en travers du dos. Hickney reconnut l’un d’eux : c’était l’homme chauve qui l’avait observé au bar, tandis qu’il emmenait Jimmy, quelque temps auparavant. De même que ce jour-là, l’homme souriait.

— Attendez un peu, dit Hickney. (Son regard se tourna vers Van Zyl avant de se poser de nouveau sur l’homme qui souriait.) Vous étiez tous à la recherche de ce type, hein, c’est ça ?

— Cet homme n’a pas été tué, comme vous le suggérez, mais il s’enfuyait après s’être rendu coupable de tromperie et de vol.

Comme s’il le bénissait, Van Zyl fit un geste vaguement papal au-dessus du mort.

— C’était l’un des nôtres, néanmoins, et en tant que tel, nous allons nous occuper de lui.

L’homme au visage écarlate se tenait à son côté et Van Zyl s’adressa à lui.

— Sergent, arrimez le chargement et rentrez au chalet.

L’homme fit un signe aux deux nouveaux arrivants, qui enlevèrent leurs fusils et les posèrent en travers du siège de leur engin, puis s’avancèrent péniblement dans la neige. Plus loin, devant, une des motoneiges avait fait une brèche dans la clôture au bord de la route et s’était positionnée au beau milieu de la chaussée.

— Le chargement ? releva Hickney.

Van Zyl lui prit le coude et l’emmena vers le pick-up.

— Peut-être pourrait-on avoir une petite conversation en privé ?

Hickney s’aperçut qu’il avait toujours son balai à la main, mais il ne voyait sa pelle nulle part et il se mit à la chercher dans la neige. Il avait l’impression que ses jambes étaient en plomb ; les bouger demandait un effort démesuré.

— Ma pelle, dit-il.

Van Zyl se tourna vers celui qu’il avait appelé sergent.

— La pelle de M. Hickney, lança-t-il.

L’homme trouva la forme de la pelle ensevelie sous la neige, là où Hickney l’avait laissée tomber, il l’extirpa, puis tendit le manche à Hickney avant de retourner se placer près de Van Zyl.

— Vous voyez ce qu’il avait en tête, lui dit-il. On a une sacrée veine qu’il n’ait pas pu faire signe à un véhicule de s’arrêter.

Il regarda des deux côtés de la grande route déserte. Les crêtes à l’ouest étaient embrasées par les rayons du soleil en face d’elles.

— Assez embêtant, ce qu’on a là. On pourrait avoir de la visite à tout instant.

Van Zyl acquiesça.

— Chargez la cargaison et faites partir tout le monde.

Il sembla à Hickney que ses outils pesaient un poids énorme et il les traîna dans la neige tandis qu’il laissait Van Zyl le raccompagner à son camion. Il avait l’impression de se déplacer dans un rêve. Quand il s’arrêta pour les poser à l’arrière de son pick-up, il vit le corbeau qui le regardait depuis une ligne à haute tension au-dessus de sa tête. Il leva les yeux vers lui avec regret, comme s’il s’agissait d’un vieil ami d’un monde ancien, puis Van Zyl l’entraîna de nouveau. Il avait laissé le moteur tourner et le camion vibrait et haletait au bord du fossé. Van Zyl lui ouvrit la portière et la referma derrière lui, puis il alla à l’autre portière et grimpa. Il faisait aussi chaud que dans un sauna à l’intérieur de l’habitacle et Hickney se mit à transpirer presque immédiatement. Van Zyl se tourna de côté sur le siège et posa une main rassurante sur l’épaule d’Hickney.

— Fils, lui dit-il.

Les deux hommes avec la luge à gibier avaient réussi à caler le mort debout et il se dressait sur la neige comme l’œuvre macabre d’un taxidermiste. Il était mort dans la position d’un enfant endormi, recroquevillé sur lui-même, une main appuyée sur sa joue. Son visage était aplati de manière grotesque là où il avait été plaqué contre la couche de neige dure, et il contemplait ses anciens complices sans les voir, ses lèvres étirées dans un sourire narquois. Tout en haut d’une de ses cuisses, il y avait une tache irrégulière, couleur rouille, qui aurait pu être du sang. Un des hommes plaça sa main dans le dos du mort et s’appuya dessus avec l’insouciance de celui qui attend le bus. Des cheveux roux vif sortaient, hérissés, de sous son chapeau. Quand il vit qu’Hickney l’observait, il lui lança un regard de pur mépris.

Van Zyl prit gentiment le bras d’Hickney au-dessus du coude et le fit se tourner vers lui.

— Fils, regarde-moi, dit-il. Je sais que tout cela est dérangeant et je suis désolé que tu aies dû voir ça. La coïncidence est… regrettable. On allait le retrouver, c’était une question de minutes. Mais je voudrais te demander que cette désagréable affaire reste entre nous. Je suis sûr que tu comprends.

— Non, répondit Hickney. (Il observa les deux hommes qui s’efforçaient de porter la forme embarrassante de l’homme mort vers la luge qui attendait.) Je ne comprends rien à tout ça.

— Tu ne raconteras à personne ce que tu as vu ici aujourd’hui, dit Van Zyl. Ce n’est vraiment pas de chance que tu sois venu là. Mais ce n’est pas la peine de rendre les choses plus compliquées. (Il serra le bras d’Hickney une fois pour ponctuer son propos, puis le relâcha.) Tu peux choisir la conduite à suivre. Ici. Maintenant.

— Bon sang, Robert. Il faut que je le signale au shérif, dit Hickney. Vous ne pouvez pas faire comme s’il n’y avait pas un homme mort, là.

Il décrocha le micro de sa radio CB sous le tableau de bord, appuya deux fois sur la touche et le porta à ses lèvres. Tandis qu’il faisait cela, la main de Van Zyl plongea à l’intérieur de son vêtement et en ressortit avec un couteau pliant, qu’il ouvrit d’un seul geste, puis, se penchant vers Hickney avec la courte lame luisante, il trancha le câble du micro.

— Là où je veux en venir, dit Van Zyl, c’est que tu ne raconteras ça ni au shérif ni à personne d’autre.

Hickney le dévisagea, stupéfait.

— Vous êtes fou ? (Il regarda le micro inutile dans sa main et le jeta sur le tableau de bord.) Bon Dieu, qu’est-ce qui vous prend ?

Van Zyl se cala contre son siège et croisa les jambes. Au lieu de ranger son couteau, il le posa délibérément sur le siège entre eux. Comme s’ils étaient assis à la table d’Hickney devant une tasse, il commença à parler sur un ton très calme et raisonnable.

— Une nouvelle fois, à un autre moment critique, nous trouvons la question de la confiance au cœur de notre relation. Et si je regrette que n’ayons pas pu passer plus de temps ensemble pour cimenter cette relation, j’espère néanmoins que tu vas me permettre de traiter cette question désagréable comme un geste d’amitié, te dégageant d’une terrible responsabilité. Je suis persuadé qu’après nos nombreuses interactions, je mérite un tel niveau de confiance.

— Ouais, mais ça n’a rien à…

— Le plus regrettable, à mon sens, peut-être, poursuivit Van Zyl, c’est que nous n’avons pas eu suffisamment de temps pour discuter de la cause. Mais on l’aura, ce temps. J’ai senti ton intérêt.

— La cause ? Peu importe ce qu’est cette foutue cause. Cet homme est mort.

Van Zyl sourit et secoua la tête.

— Notre cause, dit-il. La cause qui nous réunit tous ici.

Il fit un geste en direction des hommes assis sur leurs engins qui crépitaient, leurs fusils enlevés de leurs épaules maintenant et posés en travers de leurs genoux ou bien tenus droits sur leurs cuisses. Quelques-uns fumaient, tous avaient les yeux fixés sur eux.

— Et quelle chance tu as, toi, tu n’as pas eu à la rechercher, comme beaucoup d’entre eux, c’est la cause qui est venue à toi, en fait. Nous voyons ici dans un microcosme le chaos auquel nous voudrions nous efforcer de mettre de l’ordre.

Van Zyl inclina la tête en direction du fossé pour désigner l’homme mort. Après quelques minutes d’efforts, les deux recrues étaient parvenues à le hisser sur la luge, mais son manteau leur était resté dans les mains et ils étaient là, à regarder d’un air dégoûté la chair froide et cireuse de son dos nu.

— Un pays en pleine confusion, poursuivit Van Zyl. Sous un gouvernement corrompu, toute une partie de la population donnant libre cours à ses instincts les plus bas.

— C’est de la folie, dit Hickney.

— Une maladie du corps politique. Un ver qui ronge de l’intérieur la chair saine.

Le soleil était levé à présent ; sous le ciel sans nuage, le paysage était aveuglant. Il faisait une chaleur étouffante dans la cabine, mais la sueur qu’Hickney sentait courir dans son dos comme des poux était glacée. L’homme appelé sergent apparut derrière la vitre de Van Zyl, il remonta sa manche et tapota le cadran de sa montre. Van Zyl hocha la tête une fois, son doigt fit un mouvement de rotation et presque immédiatement, les motoneiges qui attendaient se réveillèrent dans un rugissement, se cabrant et dérapant pour remonter en haut de la couche de neige, puis elles s’éloignèrent l’une après l’autre en décrivant un arc de cercle. La luge chargée du mort se balançait à l’arrière, la toile bleue sous laquelle il avait été arrimé formant une parenthèse de couleur vive ponctuant la piste tracée sur l’immense étendue blanche. Pour finir, l’engin qui montait la garde au milieu de la route vira dans le fossé, passa sur la tombe provisoire, fit une boucle serrée dans le champ et repassa dessus encore une fois avant de filer pour rejoindre les autres dans une explosion de neige et de gaz d’échappement.

Tous les deux, ils observèrent cette retraite et Van Zyl ne reprit la parole qu’une fois que ses hommes et leurs engins eurent disparu et qu’il ne resta d’eux qu’une trace ténue et grise de fumée de moteur flottant au-dessus des champs éclatants.

Comme si sa présence n’était plus nécessaire, Van Zyl referma lentement son couteau et le rangea à l’intérieur de son blouson blanc immaculé.

— Il faut que tu saches que je me suis pris d’affection pour toi, et j’espère que tout ceci n’affectera pas l’amitié que nous avons si soigneusement entretenue. Le monde, lui, ne sera pas affecté par la disparition de cet homme, en fait, il ne pourra que s’en trouver mieux. Et il n’y a aucune raison pour que ton monde en soit changé. Avec un peu de bonne volonté, ta vie peut continuer comme avant, en compagnie de vieux bonshommes et d’infirmes, de femmes que tu convoites et de leurs enfants sauvages. Tu vois ?

Il se tapota légèrement la poitrine, dans un geste de sollicitude ou de réconfort, ou peut-être pour indiquer où se trouvait à présent le couteau, puis il sourit.

— Oui, oui, ajouta-t-il. Bien sûr que tu vois.

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