Trop loin de Dieu
Chapitre 32
ILS arrivèrent le soir, transformant les terrains de base-ball herbus sur le plateau, au-dessus du ruisseau, en un village de tentes, de caravanes et de baraques peintes de couleurs criardes, et le matin venu, ils annoncèrent leur présence par les bêlements et les chevrotements rauques d’un orgue de barbarie énorme dont les notes étaient portées par le vent comme autant de cris d’oiseaux exotiques. À deux heures moins le quart, Hickney, les filles et Anna s’arrêtèrent à un kiosque où Hickney acheta les billets et, au milieu d’une foule d’environ trois cents personnes, ils se dirigèrent lentement vers les gradins temporaires, les petites filles muettes, les yeux écarquillés d’étonnement.
Des monteurs, épuisés et chancelants, les croisèrent, la démarche raide, portant d’énormes clés anglaises et des masses de cinq kilos, les yeux sans expression et rouges de manque de sommeil. Entre deux remorques de matériel garées parallèlement et à quelques dizaines de centimètres l’une de l’autre, Hickney entrevit un homme et une femme en train de se battre comme des lutteurs au corps à corps, leur peau nue luisante de sueur, et il fit se presser les filles devant lui.
Ils passèrent près de la caravane principale du cirque, sur laquelle étaient peints deux angelots joufflus avec de minuscules ailes de moineaux, chacun tenant l’extrémité d’une bannière avec le nom de la compagnie – H. L. HUTCHINSON SHOWS. Les filles s’arrêtèrent pour examiner le panneau défraîchi, avant de mettre en doute sa plausibilité – les créatures trop grassouillettes, leurs ailes trop petites pour voler – jusqu’à l’intervention de leur mère, qui avança l’argument que les anges étaient les messagers de Dieu, et par conséquent étaient capables de toutes sortes de miracles. Les petites ne dirent plus rien et se laissèrent emmener, sans toutefois cesser de regarder par-dessus leur épaule, se chuchotant leur scepticisme dans le dos d’Hickney.
Les gradins étaient pratiquement remplis et ils grimpèrent des marches métalliques tremblotantes jusqu’à leurs places. Presque immédiatement, Hickney fut expédié à la recherche de nourriture. Il redescendit et se plaça au bout d’une longue queue à la première baraque qu’il rencontra. Une femme, qu’il allait voir un peu plus tard debout en équilibre sur une jambe sur le dos d’un cheval au trot, embrochait des saucisses sur un présentoir tournant. Elle avait une cigarette au coin de sa bouche peinte et ses cheveux platine lui tombaient sur les yeux. Elle prit l’argent d’Hickney sans un mot et il retourna aux gradins, et les filles mangèrent sans prendre le temps de respirer, le regard maintenant fixé sur la piste centrale où un homme en queue-de-pie rouge et chapeau haut-de-forme avait fait son apparition.
— Doucement, doucement, bon sang ! dit leur mère. Vous allez vous rendre malades.
L’homme mit une trompette à ses lèvres et commença à jouer un air vaguement martial tandis qu’une file d’éléphants tristes entrait sur la piste. Ils formèrent un cercle, s’assirent, agitèrent les pattes en l’air. Sur un signal bêlant du trompettiste, ils se mirent à courir lourdement, faisant sautiller le chapeau à plumes qu’ils portaient et tinter les clochettes à leurs chevilles. Des retardataires qui se précipitaient à leurs places passèrent entre les animaux et le musicien, qui s’écria désespérément :
— S’il vous plaît, je dois voir les éléphants. Faites le tour, faites le tour. Je dois voir…
Il souffla et abaissa sa trompette. En sueur, écarlate, il agita son bras libre pour repousser la foule. À présent perturbés, quelques-uns des éléphants faisaient demi-tour et se heurtaient à ceux qui les suivaient. Les spectateurs dans les gradins n’en restaient pas moins bouche bée. Le son de la trompette était répercuté par les montagnes au nord et revenait sans cesse, les notes fantômes embrouillant les éléphants encore plus, jusqu’au moment où ils s’immobilisèrent simplement tête contre tête au milieu de la piste dans un nuage de poussière et de mouches. Les filles se disputèrent pour savoir lequel des animaux elles emporteraient chez elles si jamais le cirque les y autorisait, et ce qu’elles lui donneraient à manger et où il dormirait. Le bébé. Celui avec les longues dents. Des flocons d’avoine. Du pain. Dans le vestibule, à condition d’enlever les manteaux et les bottes. Dans le garage de Mme Shinnaberry. Elles étaient assises de part et d’autre de leur mère et elles la contournaient pour se tirer les cheveux.
— Les filles, s’il vous plaît, dit Anna. Vous ne pouvez pas l’emporter à la maison, de toute façon, parce qu’il faut qu’ils restent ensemble. Si vous les séparez, ils mourront, le cœur brisé. C’est une famille.
— Moi, ça m’est égal si on enlève ma sœur, dit Mavis. C’est une chipie et elle a des crises.
Anna la mit debout et lui donna une légère tape et la petite se mit à pleurnicher. En bas, les éléphants se retiraient, en pleine débandade, poussés par un clown à l’air morose qui trottinait près d’eux avec un aiguillon.
Hickney se leva et prit la main de Sissy.
— Viens, ma chérie, dit-il. Je crois que tout le monde a besoin d’une petite boisson avant le prochain numéro. (Anna lui sourit, pleine de gratitude.) Qu’est-ce que tu veux, Mave ?
La petite fille s’essuya les yeux et renifla.
— Une violette.
— Une violette ? C’est quel parfum ?
— Je sais pas. C’est du raisin, m’man ?
— Oui, je pense que c’est du raisin.
— Très bien. Violette.
— S’il te plaît, dit Anna.
— S’il te plaît, dit la petite.
La buvette était une sorte de box en plexiglass ruisselant et il fit la queue, puis commanda les boissons à un homme avec un tablier et une chemise sans manches qui ruisselait lui-même abondamment. Il tendit les boissons à Hickney par une ouverture en bas du panneau transparent.
— Une vraie fournaise, dit Hickney.
— Trois dollars, dit l’homme sans lever les yeux.
Quand Hickney se retourna, Sissy n’était plus là. Il remonta toute la file sinueuse des clients qui attendaient derrière lui, mais elle n’était pas là non plus. Tenant sur le côté ses gobelets qui clapotaient, il retourna au petit trot là d’où il était venu, jusqu’à ce qu’il puisse apercevoir Mavis et Anna seules dans les gradins, puis il repartit vers la buvette. Il scruta la foule, appelant la petite fille, et finalement, il se fraya un chemin jusqu’au début de la queue et s’accroupit pour parler au vendeur par l’ouverture dans le plexiglass.
— Dites, vous n’auriez pas vu la petite fille qui était avec moi ?
L’homme jeta un coup d’œil par-dessus son épaule et retourna à ses robinets. Sous son tablier, il portait un pantalon blanc trop long de deux ou trois centimètres avec une bande dorée sur le côté et ses revers traînaient par terre.
— Des gosses, j’en ai vu un million, répondit-il.
— Une petite fille, de cinq ans. Cheveux noirs avec des couettes.
— Allez voir aux éléphants. Ils vont toujours aux éléphants.
— C’est où ?
L’homme tenait deux gobelets pleins à ras bord dans chaque main et il ne put que pointer le menton d’un côté, et Hickney partit dans la direction indiquée. Il avait renversé plus de la moitié des boissons et ses doigts étaient collés l’un à l’autre, et il jeta les gobelets dans une poubelle qui débordait. En courant, il passa à côté d’un enclos de fortune en grillage à cochons, près du ruisseau, où deux chameaux aux bosses difformes et un cheval miniature se tenaient, enfoncés jusqu’au jarret dans un brouet bourbeux sous un nuage de moucherons.
Quand il trouva les éléphants, il était tout rouge et essoufflé. Ils étaient dans un petit corral de forme irrégulière, leurs grosses têtes se balançant tandis qu’ils regardaient d’un air abattu la vingtaine d’enfants qui s’étaient massés là, ébahis, derrière les cordes. Sissi n’était pas parmi eux. Il continua, passant devant d’autres stands, et s’engagea dans un étroit couloir de tentes avec des scènes criardes peintes sur la toile et où des colporteurs lui lançaient des regards d’invite et l’apostrophaient, pour émerger sur une place où régnait un bruit cacophonique, remplie de baraques de jeux et de lumières clignotantes. Il se précipita sur une petite fille debout devant une gouttière d’eau courante où flottaient des canards en plastique jaune, mais ce n’était pas elle et il continua à courir, se faufilant et jouant des coudes au milieu d’une foule dense, la gorge serrée.
Il la trouva faisant la queue devant une grande roue de taille modeste. La roue tournait par à-coups, s’arrêtant pour permettre aux gens de monter à bord, et la petite avait les yeux fixés sur les sièges qui se balançaient, comme hypnotisée.
À bout de souffle et versant presque des larmes de soulagement, il posa un genou à terre près d’elle et la tourna vers lui.
— Sis, tu m’as fait une de ces peurs. Pourquoi tu t’es enfuie ?
Elle se détourna de la grande roue pour le regarder et lui montra un morceau de papier rouge.
— J’ai un ticket, répondit-elle.
Hickney lui prit les deux mains et les serra, plongeant ses yeux dans les siens.
— Est-ce que tu as eu une crise, ma chérie ?
Les sièges étaient maintenant tous occupés, la roue grinça et vibra puis se mit à tourner régulièrement et Sissy la suivit du regard par-dessus l’épaule d’Hickney.
— Sissy, est-ce que tu as eu un de tes étourdissements ?
— Je crois pas.
— Comment tu as eu ce ticket ?
— Un monsieur.
— Quel monsieur ?
À contrecœur, la petite fille pivota, scrutant la foule sans grande conviction avant de se retourner vers la grande roue.
— Je sais pas. J’espère qu’on va avoir ce siège. Tu vois, là ?
Elle ferma un œil et visa avec son bras tendu comme un tireur en direction de l’un des sièges. La roue prenait de la vitesse et les câbles qui l’ancraient à d’énormes piquets en métal se courbaient et vibraient.
— Celui avec les chevaux dessus ?
— C’était qui le monsieur, Sis ? Tu le connaissais ?
— Je sais pas. Lui il me connaissait. Il m’a appelé Sissy, comme toi.
— Comment il était, ma chérie ?
— Il était gentil, mais sa main était toute humide et il serrait trop fort. Il avait de drôles de cheveux.
— Drôles comment ?
— Et c’était drôle quand il parlait aussi. Il zotait.
— Il zotait ?
— Il y avait un truc bizarre avec sa langue.
Hickney sentit son pouls s’affoler de nouveau.
— Il zozotait, tu veux dire ? Il avait un cheveu sur la langue ?
La petite fille hocha la tête.
— Et ses cheveux, ils étaient drôles comment, Sis ?
— Comme le clown de Mave, mais plus courts.
Mentalement, il fit un rapide inventaire des poupées avec lesquelles il avait vu les filles jouer, mais il savait déjà de laquelle elle parlait.
— Ils étaient roux, tu veux dire ?
Sissy hocha la tête.
— Mais plus courts.
La foule, quand il se tourna pour l’examiner, n’était plus qu’un chaos de masques sinistres, tous la bouche menaçante et l’œil plissé. Il voyait du roux partout. Le cœur battant à tout rompre, il pivota et regarda plus attentivement les gens qui faisaient la queue devant eux, mais ce n’étaient que des parents avec leurs enfants et ils étaient tous absorbés par la roue qui accélérait. Les câbles d’ancrage vibraient et se raidissaient et la structure toute entière semblait sur le point de rompre ses amarres et de fendre la foule comme une moissonneuse-batteuse dans un champ de blé. Il se sentit à découvert et vulnérable et voulut faire partir Sissy au plus vite, mais elle l’arrêta.
— Il a dit de te dire quelque chose, dit-elle. Le monsieur. Il a dit que j’étais sûrement pas assez grande pour me souvenir, mais si.
— Me dire quoi ?
— Te dire la prochaine fois.
— Me dire quoi la prochaine fois ?
— Non, juste te dire la prochaine fois. Dis-lui la prochaine fois. (Elle visait avec son bras de nouveau.) Je vois le siège. On peut le prendre ?
— Je ne sais pas, ma chérie. (Il jeta un coup d’œil aux alentours, attrapa la petite par la main et partit en direction des gradins.) Il faut y retourner, maintenant, parce que ta maman va se faire du souci. On reviendra plus tard.
— On reviendra pas, dit-elle, traînant les pieds d’un air boudeur dans les copeaux de bois poussiéreux et les papiers sales. Je sais bien qu’on reviendra pas.
— Bien sûr que si. Je te le promets. On va juste aller voir ta maman et Mave et on revient aussitôt après. Croix de bois, croix de fer.
Elle leva les yeux vers lui, l’air sérieux, tenant le ticket devant elle comme un talisman et dit :
— Si je mens je vais en enfer ?
— Oui. Absolument.
Ils n’étaient pas allés bien loin lorsqu’il entendit quelqu’un l’appeler. Il hésita, puis continua son chemin. Quand il arriva au niveau d’une étroite cabine en contreplaqué, il vit la femme – énorme et informe, les cheveux relevés et noués sur le dessus de la tête, des traînées sombres de sueur dans le cou et entre ses gros seins tombants. La cabine, peinte de manière voyante, avec des demi-lunes jaunes et des étoiles, était si petite qu’elle pouvait à peine la contenir.
— Approche, cow-boy, lança la femme. Viens que je te dise la bonne aventure.
Hickney tourna la tête pour la regarder.
— C’est ça, c’est à toi que je parle, mon chéri, poursuivit-elle. Je peux lire dans les lignes de ta main comme dans un livre. Et la petite aussi, là ? Approche, Sis, et mets ta main là, et on va dire ton avenir à ton papa.
Le cœur d’Hickney ne s’était pas encore calmé après avoir perdu la petite fille et il s’attendait encore à voir apparaître le rouquin au milieu de la foule, il avait chaud et il était en colère. Comme à un guichet de banque, une petite ouverture était découpée dans le plexiglass de la cabine pour accueillir la main tendue, et à la hauteur de sa bouche, plusieurs petits trous étaient percés. Lâchant la main de Sissy, il pivota vers la femme et frappa la vitre devant elle avec la paume de la main.
— Qu’est-ce que ça veut dire, tout ça, nom de Dieu ? Comment connaissez-vous son nom ?
La femme eut un mouvement de recul, battant des bras pour ne pas tomber de son siège. Elle était muette de stupeur, mais elle fit entendre une sorte de glapissement étrange et étranglé.
Hickney se tenait à quelques centimètres de la vitre.
— Comment vous la connaissez, nom de Dieu ?
Alors la femme se mit à hurler. De quelque part, elle avait sorti un bout de tuyau enveloppé de ruban adhésif et elle le leva au-dessus de sa tête, faisant trembloter la peau molle qui pendait de son bras.
— Espèce de salopard, je vais te tuer, tu vas voir. Essaie encore un peu, enculé.
Presque immédiatement un attroupement se forma. Après avoir donné leurs dollars pour entrer dans des peep-shows ou pour voir des phénomènes de foire d’une authenticité douteuse, le spectacle de cette voyante grotesque en train de jurer et d’enrager dans sa cabine en bois était des plus réjouissants et irrépréhensibles, et les gens se pressèrent en avant pour l’acclamer et l’interpeller. Hickney s’esquiva, poussant la petite devant lui, tandis que la femme le poursuivait de ses cris malveillants et toujours aussi violents, salopard d’enfoiré, je vais te faire voir, moi, reviens un peu, connard, je vais te montrer, espèce de pourriture d’enculé.
Ils s’étaient absentés un bon moment et quand ils furent de nouveau assis dans les gradins, Anna jeta un regard inquiet à Hickney. Elle prit le visage de Sissy entre ses mains et examina soigneusement ses yeux. Hickney secoua la tête.
— Non, elle va bien, dit-il. Tout va bien.
Sissy dit :
— M’man, y a une grosse dame qui a crié sur M. Hickney, et on va aller à la grande roue sur le siège avec un cheval.
Anna haussa les sourcils.
— Oh Seigneur.
— Je te raconterai plus tard, dit Hickney.
— Où est mon soda ? demanda Mavis.
Monsieur Loyal s’avança alors dans son habit à queue râpé et mit un porte-voix à sa bouche pour annoncer sur un ton grave qu’un gorille avait échappé à ses gardiens et rôdait en liberté dans les parages.
— Qu’est-ce que c’est ? reprit-il. Oh mon Dieu. Mesdames et messieurs, je vous en prie, gardez votre calme. Ne faites pas de geste brusque.
Un singe émacié et élimé fit son apparition, avançant à pas lourds et balançant les bras devant les gradins, et il se mit à passer en revue les spectateurs d’un air méchant. Il poussait des cris et frappait sa poitrine étroite.
— Pas de bruit, s’il vous plaît, mesdames et messieurs, dit Monsieur Loyal. Il pourrait s’énerver. Nous allons juste attendre que…
Deux rangées derrière eux, un compère, portant une perruque et une robe d’intérieur à fleurs se leva et se balança en gémissant, et le singe enragé se précipita sur elle. La foule rugit de plaisir. Les filles se levèrent de leur siège au moment où le singe passait en bondissant avant de jeter la femme sur son épaule, mais Hickney ne regardait plus. Il agrippa les filles et les serra fort contre sa poitrine. Les gradins frémissaient sous ses pieds et des rires d’asile de fous emplissaient ses oreilles. Il retint entre ses bras les filles qui se débattaient, jusqu’au moment où – il n’aurait pu dire au bout de combien de temps –, il sentit des mains qui le tiraient et une voix répéta son nom. Quand il leva les yeux, Anna le dévisageait, une main sur son bras, et toute la foule était debout. Les filles montèrent sur les sièges en métal, contemplant, bouche bée, l’homme sur la piste avec une tête de singe sous le bras qui saluait à droite et à gauche de façon extravagante, tandis que Monsieur Loyal annonçait avec le plus grand sérieux :
— Gory le Gorille, mesdames et messieurs.
Les gens applaudirent frénétiquement, puis reprirent leur siège pendant que l’homme-singe sortait et que trois clowns sur des bicyclettes miniatures pénétraient sur la piste. Hickney était resté debout, les bras ballants le long du corps. De tous côtés, les gens souriaient. Des enfants, plus jeunes encore que les filles, descendaient bruyamment les marches et se déplaçaient librement au milieu de la foule, et tout en haut, il apercevait des garçons penchés par-dessus une rampe formée d’un tuyau de faible diamètre qui crachaient dans le vide sous eux. Il commença à entendre des voix qui lui criaient de s’asseoir, et un moment plus tard, comme il n’avait pas bougé, les cris vinrent de partout.
Quand il se retourna, il lut sur les visages en colère tournés vers lui que les gens pensaient avoir peut-être affaire à un fou. Comme si c’était lui qui se trompait, comme si le danger et la douleur n’étaient pas partout, comme s’ils étaient immunisés contre tout cela.
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