Au nom de Chris

Claudine Desmarteau · Chapitre 110 sur 156

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Au nom de Chris

Ma mère est en larmes […]

Ma mère est en larmes. À cause de moi. Forcément. Elle vient de lire la lettre du collège notifiant mon passage en conseil de discipline.

– Non mais tu te rends compte, Adrien ?

– …

– C’est grave ! Est-ce que tu t’en rends compte, au moins ?

– Ouais… ça va, maman.

– Non, ça va pas ! Tu as blessé un camarade ! Je… j’arrive plus à te comprendre, Adrien.

– Un camarade ?! C’était un salaud qui me crachait dessus. Il m’avait frappé, avant. Je me suis défendu, c’est tout.

– Toute cette violence… J’arrive pas à comprendre. Qu’est-ce que j’ai fait pour que tu te retrouves dans cette situation ?

– Rien, maman. C’est pas de ta faute.

– Alors, pourquoi ?

– C’est comme ça : le collège, ça craint.

– Tu travaillais bien, avant. Et là, tout se gâte ! Tes résultats sont en chute libre, tu frappes un élève… Mais qu’est-ce que j’ai fait au ciel ?

– Mais rien, putain ! T’as rien fait ! C’est pas de ta faute si cette ordure de Geoffroy m’a choisi comme tête de turc.

– Toi… tête de turc ?

– Oui.

– Pourquoi tu m’en as jamais parlé ?

– Parce que ça servait à rien.

– Ce Geoffroy… il te harcelait ?

– Oui.

– Depuis longtemps ?

– Ça s’est aggravé après le départ de Judith.

– Tu aurais pu me le dire, quand même.

– Tu pouvais rien faire.

– Mais si ! Prévenir le collège, déjà.

– Ils sont sourds et aveugles, au collège.

– C’est honteux ! Ça explique les résultats en baisse. C’est à cause de ça ?

– Euh… ouais.

– Tu l’as bien amoché, ce salaud ?

– Oui.

– Tant mieux. J’ai envie de lui bousiller la tronche, moi aussi.

– Ah ah, toi tu l’aurais tué !

– Peut-être bien. Comme une louve qui défend son petit.

– Bah… il est pas mort en tout cas.

– Il va passer en conseil de discipline, lui aussi.

– Ouais. C’est lui qui a frappé le premier.

– Je vais le signaler au principal, que cette ordure te harcelait.

– Si tu veux, ça changera rien… Il le sait déjà.

– Et il ferme les yeux ? Je vais prendre rendez-vous ! Je vais porter plainte, moi !

– Calme-toi, maman. Bientôt, je quitterai ce collège pourri.

– Oui. Vivement. Il faut que tu te remettes au travail, en attendant. D’accord Adrien ?

– Oui maman.

– Tu vas être exclu, tu crois ?

– Quelques jours, sans doute.

– Toute cette violence…

– C’est comme ça.

– Je vais lui régler son compte, moi, à ce salaud de Geoffroy.

– Ahah !

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