Au nom de Chris

Claudine Desmarteau · Chapitre 69 sur 156

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Au nom de Chris

Petit, j’étais souvent malade […]

Petit, j’étais souvent malade. J’avoue, j’aimais ça. Ma mère embrassait mon front. À longueur de journée, je squattais son grand lit. Elle marchait sur la pointe des pieds pour ne pas me réveiller. Je sentais la chaleur de sa présence. L’odeur de ses cheveux. Le bruissement de sa robe. La douceur de ses mains et de ses câlins guérisseurs. J’étais en sécurité. Loin de l’école. Loin de la cour de récré pleine de menaces. Au chaud et à l’abri. Chocolat au lait et crêpes au Nutella. Quelques bonbons « si tu bois bien ton bouillon ». Je me faisais dorloter. Un peu beaucoup trop. Délicieux cocon.

Mais ça se payait cher.

Le jour où fallait bien en sortir.

Plus fragile. Encore plus seul.

Fallait bien en sortir pour retourner là où ma mère, là où personne ne pouvait me protéger.

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