Au nom de Chris

Claudine Desmarteau · Chapitre 131 sur 156

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Au nom de Chris

J’ouvre les yeux […]

J’ouvre les yeux. Il fait jour.

Je réalise où je suis. Où je ne suis pas, plutôt.

Pas à la maison.

Pas dans mon lit.

Je suis couché sur un tas de branches, sous une bâche qui laisse passer l’air froid.

Chris n’est pas là. Son sac de couchage est ouvert, à côté du mien.

J’essaie de refouler les pensées qui déboulent en masse.

J’y arrive pas, à repousser les pensées qui me déchirent le cœur.

J’ai honte de moi.

J’arrive pas à m’empêcher de pleurer.

Je ne suis pas fort.

Je ne suis pas courageux.

Je ne suis pas autonome.

Je suis un monstre d’égoïsme.

Je suis

un sac à merde.

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