Au nom de Chris
J’ouvre les yeux […]
J’ouvre les yeux. Il fait jour.
Je réalise où je suis. Où je ne suis pas, plutôt.
Pas à la maison.
Pas dans mon lit.
Je suis couché sur un tas de branches, sous une bâche qui laisse passer l’air froid.
Chris n’est pas là. Son sac de couchage est ouvert, à côté du mien.
J’essaie de refouler les pensées qui déboulent en masse.
J’y arrive pas, à repousser les pensées qui me déchirent le cœur.
J’ai honte de moi.
J’arrive pas à m’empêcher de pleurer.
Je ne suis pas fort.
Je ne suis pas courageux.
Je ne suis pas autonome.
Je suis un monstre d’égoïsme.
Je suis
un sac à merde.
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