Au nom de Chris
Ce matin, cinq pompes, deux tractions […]
Ce matin, cinq pompes, deux tractions – trois fois de suite.
C’est dur, surtout les tractions. Quand j’ai commencé à en faire… à essayer d’en faire, ça me paraissait carrément impossible. Même les pompes. J’ai rien dans les bras. Je m’écroulais sur mon tapis. C’est humiliant.
L’humiliation, c’est une punition.
Avant, je ne m’intéressais pas au sport. Je pensais que c’était pas un truc pour moi. Personne ne m’encourageait à faire du sport – surtout pas ma mère qui craint tout ce qui est « brutal ».
– Arrête ! T’es tout rouge ! elle crie quand j’essaie de faire des tractions.
Plus elle me crie d’arrêter, plus je m’accroche et plus je deviens rouge. Ça tire sur le dos et sur les bras. C’est violent. Mais cette violence-là, c’est moi qui me l’inflige. C’est moi qui ordonne, moi qui évalue ce que je suis capable de supporter et moi qui décide si j’arrête ou si je persévère.
Aujourd’hui : une pompe de plus qu’hier. Péniblement, j’avoue.
Il faut une motivation sévère pour continuer à se faire souffrir. Une énergie… non, pas une énergie, une forme de RAGE.
Ouais, c’est ça.
Une rage intérieure, entretenue par quelque chose d’encore plus puissant.
La haine.
OceanofPDF.com