Au nom de Chris
– Hé Sven, fais pas cette tête […]
– Hé Sven, fais pas cette tête ! Tu rumines, là… je vois bien que tu rumines. C’est pas vrai ?
– Nan. Je suis fatigué, c’est tout.
– Tsss tsss tsss… tu rumines mais tu veux pas le dire. T’as ta petite fierté. Je comprends ça, mec. On a plus d’un point commun, tu sais…
– …
– Faut pas m’en vouloir. Parfois je suis un peu… brusque… un peu trop franc, peut-être. Faut que tu comprennes une chose : c’est plus facile de caresser les gens dans le sens du poil. Surtout quand on les aime. C’est plus facile de fermer les yeux, de regarder ailleurs et de laisser courir. Carrément plus facile, crois-moi.
– …
– On laisse courir, on continue à se défiler… Et il se passe quoi après ? À ton avis ?
– Sais pas.
– Après, c’est trop tard. Après, c’est foutu, on ne peut plus redresser la barre. Écoute-moi, Sven : t’as toute la vie devant toi mais le temps passe vite, tu peux me croire. C’est maintenant qu’il faut que tu te sortes les doigts du cul. Maintenant, pas dans dix ans. Si je te secoue, c’est pour ton bien. Je te force à ouvrir les yeux et c’est dur, je sais que c’est dur pour toi. Dur mais nécessaire. Il en va de ton avenir, c’est-à-dire de ta survie dans ce monde de merde.
– …
– Ta survie ! Rien que ça, mec.
– …
– Tu comptes pour moi, beaucoup. T’es quelqu’un de précieux, Sven. Et je veux t’aider. Je le veux de toutes mes forces. T’aider, c’est être exigeant avec toi. Tu comprends ?
– Oui.
– Bon… c’est bien, alors. T’iras loin, mec. Je l’ai su tout de suite. Mon intuition ne me trompe jamais. T’as un putain de potentiel. Et je ferai tout pour t’aider à l’exploiter.
– Merci.
– C’est bien. Je suis content. Allez, détends-toi, mec ! Arrête de ruminer ahah !
– Je rumine pas.
– Je te charrie. Je suis content… super content de te retrouver, Sven.
– Moi aussi, Chris.
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