Au nom de Chris

Claudine Desmarteau · Chapitre 125 sur 156

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Au nom de Chris

Me suis levé à 4 heures du mat’ […]

Me suis levé à 4 heures du mat’ – j’étais déjà réveillé… même pas sûr que j’aie dormi, enfin si… un peu… d’un mauvais sommeil pourri d’images bizarres et flippantes. Chris était entré dans la maison – je ne sais pas comment. Il venait me chercher dans ma chambre, j’étais nu sous la couette et Chris me sortait du lit, j’avais pas envie qu’il me voie à poil mais il s’en foutait. Je le suivais en lui criant que je voulais m’habiller et il ne m’écoutait pas. On dévalait l’escalier. Sur le dos de Chris était tatoué un visage hurlant, les yeux exorbités.

Rien qu’un cauchemar d’angoisse… j’en fais beaucoup, en ce moment.

J’avais préparé mon sac à dos la veille au soir : un sweat polaire à capuche, un tee-shirt, un pantalon, un caleçon et une paire de chaussettes, une deuxième paire de baskets, un K-way, une couverture, une gourde remplie d’eau, deux bananes – une pour Chris et une pour moi – et un sachet de fruits secs. Chris a dit qu’il apporterait la bâche et quelques outils – le reste, on se le fabriquera.

Je suis descendu dans la cuisine, j’ai pris une feuille de papier et un stylo pour écrire un mot à ma mère. Ma main tremblait et ça m’a angoissé.

Je pars pour le week-end

Je serai rentré dimanche soir

J’ai déchiré le mot et pris une autre feuille

Je pars pour le week-end

Je serai rentré lundi

J’ai encore déchiré le mot et écrit

Je pars pour le week-end

T’inquiète pas !

Bisous

Adrien

Sans faire un bruit, j’ai enfilé mon blouson et, mes baskets à la main, j’ai ouvert la porte d’entrée. Elle a grincé et j’avais peur que ça réveille ma mère, tout en l’espérant. La nuit était fraîche et le ciel d’un bleu presque noir. J’ai inspiré en fermant les yeux et mes mains ont cessé de trembler.

Je suis sorti de la maison et j’ai refermé la porte à clé de l’extérieur. J’ai chaussé mes baskets sur le perron et décadenassé mon vélo.

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