La Guerre des anges
Rio de Janeiro, Morro Da Barriga, Dimanche Soir.
RIO DE JANEIRO, MORRO DA BARRIGA,
DIMANCHE SOIR.
(celui qu’on attend)
Euclides arrive dix minutes avant l’heure. C’est une petite place semblable
à tant d’autres dans Rio. Un bout de terrain, avec quelques arbres, coincé entre
des immeubles taciturnes. Un vieil homme dans une petite baraque vend des
hot-dogs et des boissons. A côté, un autre o re des cigarettes indonésiennes de
Bali, des Gudan Garan, parfumées à la giro e. Sur un banc, dans l’ombre
violette d’un ipê, deux adolescents s’embrassent goulûment. L’air est imprégné
d’une forte odeur d’oignon, de clou de giro e et de marihuana. Un distrait qui
traverserait la place pourrait fort bien ne pas remarquer les soldats du tra c.
Pourtant ils se promènent dans le coin, mêlés aux autres jeunes, habillés
comme eux de bermudas et de T-shirts bariolés, pour la plupart avec les
emblèmes des clubs de foot, en bavardant – la seule di érence, c’est qu’ils
portent des mitraillettes. Euclides voit arriver le journaliste Pedro Bueno, de TV
Planeta, dont il a fait la connaissance quelques mois auparavant pendant la
conférence de presse de Jararaca. Grand, le geste décidé, il a une voix si claire,
si pleine de lumière et de chaleur que tout ce qu’il dit semble briller. On
l’appelle sans ironie l’Ami public numéro un.
– Comment ça va, l’Angolais ? Je suis ravi de vous revoir. Vous venez avec
nous ? La doutora Bárbara est déjà arrivée ? Jacaré a beaucoup insisté pour que
l’interview ait lieu sur le morro. Je ne sais pas comment ça va se passer, j’ai une
fourgonnette avec le matériel, deux caméras et un technicien du son. Je serai en
direct dans exactement une heure et cinq minutes. Vous pensez qu’ils vont
nous bander les yeux comme la dernière fois ?
Euclides le salue. L’éloquence, l’enthousiasme de l’autre le troublent. Il le
félicite de son élégance :
– Quel beau complet !
Pedro Bueno sourit. Il imite l’accent portugais :
– Complet, mon vieux ? Je ne pensais pas que tu utilisais des termes
brésiliens. Je m’attendais à ce qu’un mec comme toi dise costume au lieu de
complet… chemise de nuit au lieu de liquette, queue au lieu de le d’attente,
tapette au lieu de pédé, autobus au lieu de bus. Tu capitules en n devant le
Brésil ?….
– Complet se dit terno car il vient du latin. Un terno est un groupe de trois
choses, en l’occurrence des pièces de vêtements : veston, gilet et pantalon.
Vous-même d’ailleurs portez un gilet, ce qui devient rare aujourd’hui. Je vous
félicite de votre bon goût.
Oui, Jararaca l’avait invité, il lui avait dit que si TV Planeta n’y voyait pas
d’inconvénient, il pourrait écrire quelque chose à propos du débat pour son
journal. Non, il n’avait pas encore aperçu Bárbara Velho. Quant à les obliger à
gravir la colline les yeux bandés, eh bien, ça lui paraissait absurde, lui-même
avait déjà visité la favela plusieurs fois, il s’était baladé seul partout, il en
connaissait tous les recoins.
Bárbara Velho surgit au même instant, belle comme une bourrasque, elle
salue Pedro Bueno avec l’a abilité d’une vieille amie, elle o re à Euclides un
large sourire aux dents magni ques. Bueno fait les présentations :
– Euclides, un journaliste angolais.
– Angolais ? Il y a beaucoup d’Angolais par ici, n’est-ce pas ? Savez-vous
que jusqu’aux années 70 le gouvernement interdisait l’immigration en
provenance d’Afrique ?
Un garçon uet, au corps en l de fer, aux yeux troubles, vieux, qui
semblent ne pas lui appartenir, s’approche timidement d’eux. Il se penche et
chuchote à l’oreille d’Euclides. Le journaliste lui tend la main.
– Luís Mansidão, bien sûr, vous travaillez avec Jararaca. Jacaré nous
attend ?
Pedro Bueno appelle les techniciens et tous emboîtent le pas de Mansidão.
Ils forment un groupe étrange : Bárbara Velho dans une robe rouge
amboyante, collier de perles, ongles peints en blanc ; Pedro Bueno, discret, en
costume gris ; Euclides, dans une de ses habituelles vestes en lin, coi é d’un
authentique panama, avec un grand nœud papillon doré ; les techniciens transbahutant caméras, micros et projecteurs et, fermant le cortège, trois
soldats du morro.
Jacaré les attend à l’intérieur d’un énorme pavillon sportif. Des dizaines
d’enfants dansent, tournés vers une scène. Euclides recule, porte les mains à ses
oreilles, il sent dans son cœur, dans sa poitrine, le martèlement brutal de la
musique. Comme s’il portait autour du cou une broyeuse. Il crie à Pedro
Bueno :
– La musique est trop forte.
L’Ami public numéro un ne l’entend pas. Il sourit, hausse les épaules en un
geste d’impuissance. Puis il se baisse et lui hurle dans l’oreille :
– Ce boucan de rap est à vous rendre dingue.
Des llettes de six et sept ans tortillent leur petit corps. Elles portent des
pantalons moulants en lycra et sur leur minuscule poitrine enfantine, de
minuscules hauts en tricot. Certaines ont les lèvres peintes de rouge carmin et
presque toutes semblent connaître par cœur les vers de MV Bill, le Messager de
la vérité :
Não posso car de bobeira na pista/na vida que eu levo eu não posso brincar/eu carrego uma nove e uma
AK/pra minha segurança e tranquilidade do morro/se pum ! se pam ! eu sou mais um soldado morto/vinte
e quatro horas de tensão/ligado na polícia, bolado com os alemão/disposição cem por cento até o osso/tem
mais um pente lotado no meu bolso/qualquer roupa agora eu posso comprar/tem um monte de cachorra
querendo me dar/de olho grande no dinheiro, esquecem do perigo/a moda aqui é ser mulher de bandido.
Je ne peux pas rester à glander sur la piste/avec la vie que je mène, impossible de m’amuser/je me
balade avec un 9 mm et une AK/pour ma propre sécurité et pour celle de la favela/si j’entends
boum ! bang ! je suis un soldat mort/vingt-quatre heures sur vingt-quatre c’est la tension/c’est la
guerre avec l’Allemand, faut prendre garde à la police/à cent pour cent sur le qui-vive/dans mon sac
y a encore un chargeur plein/je peux m’acheter n’importe quelles fringues/et y a une masse de meufs
qui veulent que je les nique/à cause de mon fric elles oublient le danger/la mode ici, c’est être
femme de bandit.
Jacaré émerge du tohu-bohu avec des lunettes à re ets, ondulant son corps
en sueur, secouant sa crinière fantastique, ses dreadlocks dressées comme des
serpents. Les gamins armés de mitraillettes l’entourent, fascinés par la
fulgurance violente de son discours, par ses certitudes, par le rythme
hypnotique avec lequel il secoue son corps. La musique se tait. Pedro Bueno
ouvre les bras :
– Jacaré, mon garçon, félicitations. J’ai entendu le disque. Excellent. Ça
m’a beaucoup plu.
Le chanteur se plante devant lui, bras croisés :
– Tu veux quoi, toi ?
– Eh bien, voilà, explique Bueno, désarçonné, vexé, sans savoir que faire de
ses mains. Nous voudrions pro ter du lancement de votre premier disque pour
ré échir au rôle des rappeurs en tant que poètes des banlieues, ré échir à la
violence dans les grandes villes du Brésil, au massacre du 20 janvier et
évidemment au problème des noirs.
– Alors, comme ça, tu trouves que les noirs sont un problème ?
– Je n’ai pas dit ça.
Bárbara lui lance un sourire de dé :
– Excusez-moi, mais c’est exactement ce que vous avez dit. Il y a des
expressions automatiques qui sont le re et de toute une attitude mentale. Nos
têtes sont colonisées.
Jacaré l’ignore.
– J’ai expliqué que je voulais un journaliste noir, un nègre. Là-bas, à TV
Planeta, y’a pas de journalistes noirs ?
L’Ami public numéro un regarde Bárbara d’un air anxieux. Il regarde
Euclides. Il s’aperçoit soudain qu’il est le seul blanc ici. Conciliatrice, la
sociologue intervient :
– C’est tout à fait juste, Jacaré. Vous avez exposé votre façon de voir. Mais
vous avez de la chance, vous savez ? Pedro Bueno est un des meilleurs
journalistes de ce pays. Où va-t-on faire l’interview ?
Jacaré hausse les épaules. Il ordonne d’interrompre la fête. Il leur indique la
salle au fond :
– Là-bas, ça vous va ?
Sur le mur, il y a une banderole “Commandement nègre” et un drapeau du
Club militaire de Luanda – un poing noir brandissant une mitraillette, au
centre d’une étoile jaune sur un fond rouge. C’est Francisco Palmares qui, pour
plaisanter, a o ert le drapeau à Jararaca. Il a tellement plu au tra quant qu’il l’a
fait reproduire en plusieurs exemplaires qu’il a éparpillés dans toute la favela.
Pedro Bueno approuve le décor. On déniche trois chaises, les techniciens
installent les lumières et l’équipement ; vingt minutes plus tard, tout est prêt. Assis entre Jacaré et Bárbara Velho, le journaliste teste son micro, con rme
auprès du studio que tout est prêt et que le direct peut débuter. Il sourit au
musicien :
– Vous pourriez enlever vos lunettes ? Vous savez, à la télévision, les yeux
eux aussi parlent.
Jacaré a un mouvement de contrariété. “D’accord”, dit-il et il enlève ses
lunettes. Ses yeux brillent, striés de sang, rouges comme des braises – un vrai
scandale. Pedro Bueno hésite.
– Écoutez, je ne sais pas, si les lumières vous gênent, si vous préférez, si
vraiment vous ne vous sentez pas à l’aise comme ça, vous pouvez remettre vos
lunettes.
Jacaré secoue sa tignasse.
– T’inquiète, mec. Je suis ok comme ça.
Bueno se résigne. Il con rme une nouvelle fois que tout est n prêt, que
l’émission peut démarrer. Il prend un air grave. Il parle à la caméra. Sa diction
est impeccable, sa voix chaude et suave comme de l’huile de palme :
– Ce soir, nous sommes avec le chanteur Jacaré, la toute dernière révélation
de la musique brésilienne. Son premier disque, noir de naissance, s’est vendu à
plus de cent mille exemplaires en deux mois. Le programme Le Brésil est ici
s’est rendu sur le Morro da Barriga pour essayer de comprendre ce phénomène.
Nous avons à nos côtés une invitée tout à fait spéciale, la sociologue Bárbara
Velho, du Mouvement noir, auteur d’une étude sur les morros de Rio qui fait
autorité.
Il se tourne vers Jacaré :
– J’aimerais commencer par vous demander ce que vous pensez de l’entrée
des blancs de la classe moyenne dans le mouvement hip-hop.
Jacaré le toise avec dédain. Il parle tout bas :
– Les blancs sont entrés dans la samba et ils s’en sont emparés. Ils sont
entrés dans le carnaval et ils s’en sont emparés. Ils sont entrés dans le candomblé
et ils s’en sont emparés.
Bárbara Velho acquiesce :
– Voyez le cas de l’umbanda. Les noirs, dépossédés de tout, ont créé
l’umbanda pour acquérir du prestige et récupérer ainsi un peu de leur dignité
dans un univers hautement hiérarchisé. Déjà les blancs de la classe moyenne cherchent sur les terreiros non pas un statut symbolique de prestige, dont ils
n’ont pas besoin, mais des solutions à des problèmes personnels. Peu à peu les
blancs ont pris le contrôle des terreiros de umbanda. Et qu’ont-ils fait ? Ils ont
aussi blanchi les terreiros du point de vue culturel en les rapprochant du
spiritisme kardéciste. Quant au carnaval, fête noire, en grande mesure fête de
protestation, de critique sociale, il s’est transformé entre les mains des blancs en
une exaltation du capitalisme sauvage et du plus vil hédonisme.
Pedro Bueno demande à Jacaré s’il se considère un héraut de la révolution.
– Un héraut ? gronde le chanteur avec mé ance en plongeant les deux
mains dans la forêt vierge de sa chevelure. C’est quoi ça ?
– Il veut savoir, explique Bárbara, si vous vous considérez comme un
messager de votre communauté. Un annonciateur.
Jacaré est irrité :
– Un annonciateur ? Annonciateur, mon cul, négresse de mes deux, je suis
un prophète ! Un guerrier de Zumbi. Je dors et je rêve de sang. Je me réveille et
je continue à rêver de sang. Je vois du sang couler sur l’asphalte.
E rayé, Pedro Bueno lève la main droite, comme pour se protéger des
éclaboussures de ce sang futur. Il est livide. Il hésite. Il cherche une réponse
susceptible de donner à la conversation un tour moins dangereux.
– D’accord, d’accord, j’ai compris. Mais maintenant, dites-moi une chose,
Jacaré, qu’est-ce que vous voulez, nalement, vous les noirs brésiliens ?
Le chanteur bondit de sa chaise avec emportement. Il crie :
– Ce que nous voulons ?! Tu sais ce que nous voulons, mec ? Nous voulons
tout ! Nous voulons fourrer le canon de nos ingues dans la bouche des blancs
et appuyer sur la gâchette. On nous a volé ce pays et nous voulons le
récupérer…
Bárbara lève la main, s’éclaircit la gorge, demande la parole.
– Voyez-vous, Pedro, essayez de comprendre. Les noirs brésiliens sou rent
de la violence raciale depuis cinq cents ans. Si la société devait payer la dette
qu’elle a à notre égard, nous les descendants des presque dix millions de noirs
qui sont venus ici dans la cale des navires et qui ont trimé sous le fouet sans
recevoir en échange autre chose que du mépris et qui ont construit ainsi les
fondations de ce pays, quand bien même la société paierait cette dette, et je
pense que là vous serez d’accord avec moi, nous remboursant ainsi pendant cinq cents ans ce qui nous a été retiré, elle ne paierait pas pour ce crime. Jacaré,
comme d’autres jeunes liés au mouvement hip-hop, représente une nouvelle
conscience noire, un stade avancé de la révolte. Une augmentation de la
tension raciale, y compris de la violence, me paraît inévitable au fur et à mesure
que les grandes masses noires prendront conscience de leur situation. Je pense
que les noirs doivent tenter de s’organiser politiquement pour réagir contre
cette oppression. Je pense que nous devons rechercher des solutions paci ques,
institutionnelles, en respectant la loi. Le hic, c’est que les jeunes ne veulent plus
perdre de temps. Vous le voyez. Ils sont impatients.
E ectivement, Jacaré s’impatiente. Il se lève. Se rassoit. Marmonne
quelque chose. Presque vautré sur Pedro Bueno, il regarde Bárbara. Secoue la
tête. Gesticule. Finalement explose.
– Dis-moi une chose, négresse de mes deux, qui c’est la star ici, c’est toi ou
c’est moi ? T’arrêtes pas de bavasser, tu sais, une tchatche qu’en nit pas. Nous,
le peuple, on en a ras la casquette de ce blabla d’intello.
Bárbara en oublie ses bonnes manières.
– Surveille un peu ta langue, espèce de marginal ! Ce sont des types
comme toi, des aventuriers sans scrupules, qui menacent toutes les conquêtes
obtenues jusqu’à aujourd’hui par le Mouvement noir. Le problème, c’est que
vous ne savez pas attendre…
Jacaré beugle en direction de la caméra. Ses yeux lancent des éclairs. Ses
grosses dreadlocks s’agitent dans l’air et si ent nerveusement. Il braque son
doigt :
– Attendre ?! Moi, j’attends plus, si tu veux tout savoir. Moi, je suis celui
qu’on attend ! Je suis venu ici pour foutre le bordel ! Je suis venu pour semer la
merde ! Je veux répandre la terreur !
Il se tourne vers Pedro Bueno. Il l’étreint. Il pousse un éclat de rire terrible.
– T’as la pétoche, pauvre petit blanc ? T’as vachement la pétoche !
Le journaliste fait non de la tête, balbutie quelques mots, essuie avec la
main la sueur sur son visage. Euclides assiste au spectacle debout, dans un coin
de la salle, en tortillant nerveusement son épaisse moustache. Il s’approche de
Luís Mansidão et dans un murmure lui ordonne de courir chercher Jararaca.
Le gosse sort. Pendant ce temps Jacaré se lève et arrache du mur le drapeau du Club militaire de Luanda. Il s’enroule dedans et se met à danser dans la salle.
Pedro Bueno décide de mettre n à l’émission.
– Vous avez entendu l’impertinence de Jacaré, la voix révoltée des favelas,
la nouvelle révélation du rap brésilien. Nous sommes en direct du Morro da
Barriga. Nous allons à présent retourner au studio. Le Brésil est ici.
Il fait signe au cameraman de débrancher son appareil. Jacaré chante et
danse entouré par trois de ses soldats. Il demande à l’un d’eux son AK et le
brandit.
– Regarde-moi, crie-t-il au journaliste, regarde-moi bien. Tu lmes ?
Il chante :
Agora sou Zumbi, sou Xangô, sou Lampião/agora sei qual é o meu lugar/sim, doutor, é no meio dessa
briga/meu lugar é no Morro da Barriga.
Maintenant je suis Zumbi, je suis Xangô, je suis Lampião/ Maintenant je sais où est ma place/Oui,
monsieur, elle est au milieu de cette bagarre/Ma place est sur le Morro da Barriga.
Les jeunes font chorus :
“Ma place est sur le Morro da Barriga.”
Jararaca surgit à cet instant. Il s’avance d’un pas décidé vers Jacaré, lui
assène un vigoureux coup de poing sur le nez, lui retire son arme et la tend à
Luís Mansidão. Surpris, le chanteur le regarde. Il ne réagit pas. Toute son
énergie s’est évanouie. Il s’est comme ratatiné. Éteint. Jararaca lui parle tout
bas, sa voix s’étrangle de colère :
– Je t’ai pas dit que je voulais pas qu’on fume ? Qu’on sni e de la coke ?
Qui tu crois que tu es ? C’est moi qui t’ai sorti du ruisseau, t’as oublié ? C’est
moi qui t’ai fabriqué.
Jacaré lève les deux mains dans un geste d’imploration.
– T’emballe pas, chef, calme-toi. Tu sais bien que je suis un mec bien.
– Disparais d’ici, crétin. On parle plus tard.
Le chanteur sort, tête basse, sans dire au revoir. Pedro Bueno se lève pour
saluer Jararaca. Bárbara Velho, elle, reste assise. Un sourire moqueur aux lèvres.
OceanofPDF.com