La Guerre des anges

José Eduardo Agualusa · Chapitre 35 sur 74

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La Guerre des anges

Rio de Janeiro, Morro Da Barriga, Dimanche Soir.

RIO DE JANEIRO, MORRO DA BARRIGA,

DIMANCHE SOIR.

 

(celui qu’on attend)

Euclides arrive dix minutes avant l’heure. C’est une petite place semblable

à tant d’autres dans Rio. Un bout de terrain, avec quelques arbres, coincé entre

des immeubles taciturnes. Un vieil homme dans une petite baraque vend des

hot-dogs et des boissons. A côté, un autre o re des cigarettes indonésiennes de

Bali, des Gudan Garan, parfumées à la giro e. Sur un banc, dans l’ombre

violette d’un ipê, deux adolescents s’embrassent goulûment. L’air est imprégné

d’une forte odeur d’oignon, de clou de giro e et de marihuana. Un distrait qui

traverserait la place pourrait fort bien ne pas remarquer les soldats du tra c.

Pourtant ils se promènent dans le coin, mêlés aux autres jeunes, habillés

comme eux de bermudas et de T-shirts bariolés, pour la plupart avec les

emblèmes des clubs de foot, en bavardant – la seule di érence, c’est qu’ils

portent des mitraillettes. Euclides voit arriver le journaliste Pedro Bueno, de TV

Planeta, dont il a fait la connaissance quelques mois auparavant pendant la

conférence de presse de Jararaca. Grand, le geste décidé, il a une voix si claire,

si pleine de lumière et de chaleur que tout ce qu’il dit semble briller. On

l’appelle sans ironie l’Ami public numéro un.

– Comment ça va, l’Angolais ? Je suis ravi de vous revoir. Vous venez avec

nous ? La doutora Bárbara est déjà arrivée ? Jacaré a beaucoup insisté pour que

l’interview ait lieu sur le morro. Je ne sais pas comment ça va se passer, j’ai une

fourgonnette avec le matériel, deux caméras et un technicien du son. Je serai en

direct dans exactement une heure et cinq minutes. Vous pensez qu’ils vont

nous bander les yeux comme la dernière fois ?

Euclides le salue. L’éloquence, l’enthousiasme de l’autre le troublent. Il le

félicite de son élégance :

– Quel beau complet !

Pedro Bueno sourit. Il imite l’accent portugais :

– Complet, mon vieux ? Je ne pensais pas que tu utilisais des termes

brésiliens. Je m’attendais à ce qu’un mec comme toi dise costume au lieu de

complet… chemise de nuit au lieu de liquette, queue au lieu de le d’attente,

tapette au lieu de pédé, autobus au lieu de bus. Tu capitules en n devant le

Brésil ?….

– Complet se dit terno car il vient du latin. Un terno est un groupe de trois

choses, en l’occurrence des pièces de vêtements : veston, gilet et pantalon.

Vous-même d’ailleurs portez un gilet, ce qui devient rare aujourd’hui. Je vous

félicite de votre bon goût.

Oui, Jararaca l’avait invité, il lui avait dit que si TV Planeta n’y voyait pas

d’inconvénient, il pourrait écrire quelque chose à propos du débat pour son

journal. Non, il n’avait pas encore aperçu Bárbara Velho. Quant à les obliger à

gravir la colline les yeux bandés, eh bien, ça lui paraissait absurde, lui-même

avait déjà visité la favela plusieurs fois, il s’était baladé seul partout, il en

connaissait tous les recoins.

Bárbara Velho surgit au même instant, belle comme une bourrasque, elle

salue Pedro Bueno avec l’a abilité d’une vieille amie, elle o re à Euclides un

large sourire aux dents magni ques. Bueno fait les présentations :

– Euclides, un journaliste angolais.

– Angolais ? Il y a beaucoup d’Angolais par ici, n’est-ce pas ? Savez-vous

que jusqu’aux années 70 le gouvernement interdisait l’immigration en

provenance d’Afrique ?

Un garçon uet, au corps en l de fer, aux yeux troubles, vieux, qui

semblent ne pas lui appartenir, s’approche timidement d’eux. Il se penche et

chuchote à l’oreille d’Euclides. Le journaliste lui tend la main.

– Luís Mansidão, bien sûr, vous travaillez avec Jararaca. Jacaré nous

attend ?

Pedro Bueno appelle les techniciens et tous emboîtent le pas de Mansidão.

Ils forment un groupe étrange : Bárbara Velho dans une robe rouge

amboyante, collier de perles, ongles peints en blanc ; Pedro Bueno, discret, en

costume gris ; Euclides, dans une de ses habituelles vestes en lin, coi é d’un

authentique panama, avec un grand nœud papillon doré ; les techniciens transbahutant caméras, micros et projecteurs et, fermant le cortège, trois

soldats du morro.

Jacaré les attend à l’intérieur d’un énorme pavillon sportif. Des dizaines

d’enfants dansent, tournés vers une scène. Euclides recule, porte les mains à ses

oreilles, il sent dans son cœur, dans sa poitrine, le martèlement brutal de la

musique. Comme s’il portait autour du cou une broyeuse. Il crie à Pedro

Bueno :

– La musique est trop forte.

L’Ami public numéro un ne l’entend pas. Il sourit, hausse les épaules en un

geste d’impuissance. Puis il se baisse et lui hurle dans l’oreille :

– Ce boucan de rap est à vous rendre dingue.

Des llettes de six et sept ans tortillent leur petit corps. Elles portent des

pantalons moulants en lycra et sur leur minuscule poitrine enfantine, de

minuscules hauts en tricot. Certaines ont les lèvres peintes de rouge carmin et

presque toutes semblent connaître par cœur les vers de MV Bill, le Messager de

la vérité :

 

Não posso car de bobeira na pista/na vida que eu levo eu não posso brincar/eu carrego uma nove e uma

AK/pra minha segurança e tranquilidade do morro/se pum ! se pam ! eu sou mais um soldado morto/vinte

e quatro horas de tensão/ligado na polícia, bolado com os alemão/disposição cem por cento até o osso/tem

mais um pente lotado no meu bolso/qualquer roupa agora eu posso comprar/tem um monte de cachorra

querendo me dar/de olho grande no dinheiro, esquecem do perigo/a moda aqui é ser mulher de bandido.

 

Je ne peux pas rester à glander sur la piste/avec la vie que je mène, impossible de m’amuser/je me

balade avec un 9 mm et une AK/pour ma propre sécurité et pour celle de la favela/si j’entends

boum ! bang ! je suis un soldat mort/vingt-quatre heures sur vingt-quatre c’est la tension/c’est la

guerre avec l’Allemand, faut prendre garde à la police/à cent pour cent sur le qui-vive/dans mon sac

y a encore un chargeur plein/je peux m’acheter n’importe quelles fringues/et y a une masse de meufs

qui veulent que je les nique/à cause de mon fric elles oublient le danger/la mode ici, c’est être

femme de bandit.

 

Jacaré émerge du tohu-bohu avec des lunettes à re ets, ondulant son corps

en sueur, secouant sa crinière fantastique, ses dreadlocks dressées comme des

serpents. Les gamins armés de mitraillettes l’entourent, fascinés par la

fulgurance violente de son discours, par ses certitudes, par le rythme

hypnotique avec lequel il secoue son corps. La musique se tait. Pedro Bueno

ouvre les bras :

– Jacaré, mon garçon, félicitations. J’ai entendu le disque. Excellent. Ça

m’a beaucoup plu.

Le chanteur se plante devant lui, bras croisés :

– Tu veux quoi, toi ?

– Eh bien, voilà, explique Bueno, désarçonné, vexé, sans savoir que faire de

ses mains. Nous voudrions pro ter du lancement de votre premier disque pour

ré échir au rôle des rappeurs en tant que poètes des banlieues, ré échir à la

violence dans les grandes villes du Brésil, au massacre du 20 janvier et

évidemment au problème des noirs.

– Alors, comme ça, tu trouves que les noirs sont un problème ?

– Je n’ai pas dit ça.

Bárbara lui lance un sourire de dé :

– Excusez-moi, mais c’est exactement ce que vous avez dit. Il y a des

expressions automatiques qui sont le re et de toute une attitude mentale. Nos

têtes sont colonisées.

Jacaré l’ignore.

– J’ai expliqué que je voulais un journaliste noir, un nègre. Là-bas, à TV

Planeta, y’a pas de journalistes noirs ?

L’Ami public numéro un regarde Bárbara d’un air anxieux. Il regarde

Euclides. Il s’aperçoit soudain qu’il est le seul blanc ici. Conciliatrice, la

sociologue intervient :

– C’est tout à fait juste, Jacaré. Vous avez exposé votre façon de voir. Mais

vous avez de la chance, vous savez ? Pedro Bueno est un des meilleurs

journalistes de ce pays. Où va-t-on faire l’interview ?

Jacaré hausse les épaules. Il ordonne d’interrompre la fête. Il leur indique la

salle au fond :

– Là-bas, ça vous va ?

Sur le mur, il y a une banderole “Commandement nègre” et un drapeau du

Club militaire de Luanda – un poing noir brandissant une mitraillette, au

centre d’une étoile jaune sur un fond rouge. C’est Francisco Palmares qui, pour

plaisanter, a o ert le drapeau à Jararaca. Il a tellement plu au tra quant qu’il l’a

fait reproduire en plusieurs exemplaires qu’il a éparpillés dans toute la favela.

Pedro Bueno approuve le décor. On déniche trois chaises, les techniciens

installent les lumières et l’équipement ; vingt minutes plus tard, tout est prêt. Assis entre Jacaré et Bárbara Velho, le journaliste teste son micro, con rme

auprès du studio que tout est prêt et que le direct peut débuter. Il sourit au

musicien :

– Vous pourriez enlever vos lunettes ? Vous savez, à la télévision, les yeux

eux aussi parlent.

Jacaré a un mouvement de contrariété. “D’accord”, dit-il et il enlève ses

lunettes. Ses yeux brillent, striés de sang, rouges comme des braises – un vrai

scandale. Pedro Bueno hésite.

– Écoutez, je ne sais pas, si les lumières vous gênent, si vous préférez, si

vraiment vous ne vous sentez pas à l’aise comme ça, vous pouvez remettre vos

lunettes.

Jacaré secoue sa tignasse.

– T’inquiète, mec. Je suis ok comme ça.

Bueno se résigne. Il con rme une nouvelle fois que tout est n prêt, que

l’émission peut démarrer. Il prend un air grave. Il parle à la caméra. Sa diction

est impeccable, sa voix chaude et suave comme de l’huile de palme :

– Ce soir, nous sommes avec le chanteur Jacaré, la toute dernière révélation

de la musique brésilienne. Son premier disque, noir de naissance, s’est vendu à

plus de cent mille exemplaires en deux mois. Le programme Le Brésil est ici

s’est rendu sur le Morro da Barriga pour essayer de comprendre ce phénomène.

Nous avons à nos côtés une invitée tout à fait spéciale, la sociologue Bárbara

Velho, du Mouvement noir, auteur d’une étude sur les morros de Rio qui fait

autorité.

Il se tourne vers Jacaré :

– J’aimerais commencer par vous demander ce que vous pensez de l’entrée

des blancs de la classe moyenne dans le mouvement hip-hop.

Jacaré le toise avec dédain. Il parle tout bas :

– Les blancs sont entrés dans la samba et ils s’en sont emparés. Ils sont

entrés dans le carnaval et ils s’en sont emparés. Ils sont entrés dans le candomblé

et ils s’en sont emparés.

Bárbara Velho acquiesce :

– Voyez le cas de l’umbanda. Les noirs, dépossédés de tout, ont créé

l’umbanda pour acquérir du prestige et récupérer ainsi un peu de leur dignité

dans un univers hautement hiérarchisé. Déjà les blancs de la classe moyenne cherchent sur les terreiros non pas un statut symbolique de prestige, dont ils

n’ont pas besoin, mais des solutions à des problèmes personnels. Peu à peu les

blancs ont pris le contrôle des terreiros de umbanda. Et qu’ont-ils fait ? Ils ont

aussi blanchi les terreiros du point de vue culturel en les rapprochant du

spiritisme kardéciste. Quant au carnaval, fête noire, en grande mesure fête de

protestation, de critique sociale, il s’est transformé entre les mains des blancs en

une exaltation du capitalisme sauvage et du plus vil hédonisme.

Pedro Bueno demande à Jacaré s’il se considère un héraut de la révolution.

– Un héraut ? gronde le chanteur avec mé ance en plongeant les deux

mains dans la forêt vierge de sa chevelure. C’est quoi ça ?

– Il veut savoir, explique Bárbara, si vous vous considérez comme un

messager de votre communauté. Un annonciateur.

Jacaré est irrité :

– Un annonciateur ? Annonciateur, mon cul, négresse de mes deux, je suis

un prophète ! Un guerrier de Zumbi. Je dors et je rêve de sang. Je me réveille et

je continue à rêver de sang. Je vois du sang couler sur l’asphalte.

E rayé, Pedro Bueno lève la main droite, comme pour se protéger des

éclaboussures de ce sang futur. Il est livide. Il hésite. Il cherche une réponse

susceptible de donner à la conversation un tour moins dangereux.

– D’accord, d’accord, j’ai compris. Mais maintenant, dites-moi une chose,

Jacaré, qu’est-ce que vous voulez, nalement, vous les noirs brésiliens ?

Le chanteur bondit de sa chaise avec emportement. Il crie :

– Ce que nous voulons ?! Tu sais ce que nous voulons, mec ? Nous voulons

tout ! Nous voulons fourrer le canon de nos ingues dans la bouche des blancs

et appuyer sur la gâchette. On nous a volé ce pays et nous voulons le

récupérer…

Bárbara lève la main, s’éclaircit la gorge, demande la parole.

– Voyez-vous, Pedro, essayez de comprendre. Les noirs brésiliens sou rent

de la violence raciale depuis cinq cents ans. Si la société devait payer la dette

qu’elle a à notre égard, nous les descendants des presque dix millions de noirs

qui sont venus ici dans la cale des navires et qui ont trimé sous le fouet sans

recevoir en échange autre chose que du mépris et qui ont construit ainsi les

fondations de ce pays, quand bien même la société paierait cette dette, et je

pense que là vous serez d’accord avec moi, nous remboursant ainsi pendant cinq cents ans ce qui nous a été retiré, elle ne paierait pas pour ce crime. Jacaré,

comme d’autres jeunes liés au mouvement hip-hop, représente une nouvelle

conscience noire, un stade avancé de la révolte. Une augmentation de la

tension raciale, y compris de la violence, me paraît inévitable au fur et à mesure

que les grandes masses noires prendront conscience de leur situation. Je pense

que les noirs doivent tenter de s’organiser politiquement pour réagir contre

cette oppression. Je pense que nous devons rechercher des solutions paci ques,

institutionnelles, en respectant la loi. Le hic, c’est que les jeunes ne veulent plus

perdre de temps. Vous le voyez. Ils sont impatients.

E ectivement, Jacaré s’impatiente. Il se lève. Se rassoit. Marmonne

quelque chose. Presque vautré sur Pedro Bueno, il regarde Bárbara. Secoue la

tête. Gesticule. Finalement explose.

– Dis-moi une chose, négresse de mes deux, qui c’est la star ici, c’est toi ou

c’est moi ? T’arrêtes pas de bavasser, tu sais, une tchatche qu’en nit pas. Nous,

le peuple, on en a ras la casquette de ce blabla d’intello.

Bárbara en oublie ses bonnes manières.

– Surveille un peu ta langue, espèce de marginal ! Ce sont des types

comme toi, des aventuriers sans scrupules, qui menacent toutes les conquêtes

obtenues jusqu’à aujourd’hui par le Mouvement noir. Le problème, c’est que

vous ne savez pas attendre…

Jacaré beugle en direction de la caméra. Ses yeux lancent des éclairs. Ses

grosses dreadlocks s’agitent dans l’air et si ent nerveusement. Il braque son

doigt :

– Attendre ?! Moi, j’attends plus, si tu veux tout savoir. Moi, je suis celui

qu’on attend ! Je suis venu ici pour foutre le bordel ! Je suis venu pour semer la

merde ! Je veux répandre la terreur !

Il se tourne vers Pedro Bueno. Il l’étreint. Il pousse un éclat de rire terrible.

– T’as la pétoche, pauvre petit blanc ? T’as vachement la pétoche !

Le journaliste fait non de la tête, balbutie quelques mots, essuie avec la

main la sueur sur son visage. Euclides assiste au spectacle debout, dans un coin

de la salle, en tortillant nerveusement son épaisse moustache. Il s’approche de

Luís Mansidão et dans un murmure lui ordonne de courir chercher Jararaca.

Le gosse sort. Pendant ce temps Jacaré se lève et arrache du mur le drapeau du Club militaire de Luanda. Il s’enroule dedans et se met à danser dans la salle.

Pedro Bueno décide de mettre n à l’émission.

– Vous avez entendu l’impertinence de Jacaré, la voix révoltée des favelas,

la nouvelle révélation du rap brésilien. Nous sommes en direct du Morro da

Barriga. Nous allons à présent retourner au studio. Le Brésil est ici.

Il fait signe au cameraman de débrancher son appareil. Jacaré chante et

danse entouré par trois de ses soldats. Il demande à l’un d’eux son AK et le

brandit.

– Regarde-moi, crie-t-il au journaliste, regarde-moi bien. Tu lmes ?

Il chante :

 

Agora sou Zumbi, sou Xangô, sou Lampião/agora sei qual é o meu lugar/sim, doutor, é no meio dessa

briga/meu lugar é no Morro da Barriga.

 

Maintenant je suis Zumbi, je suis Xangô, je suis Lampião/ Maintenant je sais où est ma place/Oui,

monsieur, elle est au milieu de cette bagarre/Ma place est sur le Morro da Barriga.

 

Les jeunes font chorus :

“Ma place est sur le Morro da Barriga.”

Jararaca surgit à cet instant. Il s’avance d’un pas décidé vers Jacaré, lui

assène un vigoureux coup de poing sur le nez, lui retire son arme et la tend à

Luís Mansidão. Surpris, le chanteur le regarde. Il ne réagit pas. Toute son

énergie s’est évanouie. Il s’est comme ratatiné. Éteint. Jararaca lui parle tout

bas, sa voix s’étrangle de colère :

– Je t’ai pas dit que je voulais pas qu’on fume ? Qu’on sni e de la coke ?

Qui tu crois que tu es ? C’est moi qui t’ai sorti du ruisseau, t’as oublié ? C’est

moi qui t’ai fabriqué.

Jacaré lève les deux mains dans un geste d’imploration.

– T’emballe pas, chef, calme-toi. Tu sais bien que je suis un mec bien.

– Disparais d’ici, crétin. On parle plus tard.

Le chanteur sort, tête basse, sans dire au revoir. Pedro Bueno se lève pour

saluer Jararaca. Bárbara Velho, elle, reste assise. Un sourire moqueur aux lèvres.

 

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