La Guerre des anges
Rio de Janeiro, Ipanema, Club Français, la Nuit.
RIO DE JANEIRO, IPANEMA,
CLUB FRANÇAIS, LA NUIT.
(des mauvaises nouvelles)
Jararaca pose le téléphone. Il se retourne d’un air halluciné vers Francisco
Palmares.
– Jacaré a kidnappé Anastácia…
Cela fait plus de deux semaines que le rappeur cause des problèmes. A la
dernière réunion des chefs du Commandement nègre, il a proposé d’exiger une
rançon du gouvernement brésilien. Ensuite ils fuiraient. Les soldats qui
l’accompagnent ont commis des délits un peu partout dans la ville : pillages,
vols à main armée, tabassages. Il y a une semaine Jararaca a fait fusiller six
jeunes accusés d’avoir violé une journaliste française.
– Le salaud a kidnappé Anastácia ?! Qu’est-ce qu’il veut ?
– Un million de dollars ! Il veut que j’exige du gouvernement un million
de dollars et un avion pour l’emmener à La Havane…
– Où est-ce qu’il est ?….
– Sur le Morro do Pavão, j’imagine… Pourquoi ?
– Quelqu’un doit aller là-bas et mettre n à cette histoire de fous.
L’irresponsabilité de ce type peut faire tout échouer.
– Non, non. Il faut ré échir. Et Anastácia ?
– Il faut faire quelque chose, merde ! Tu m’as dit toi-même que le
gouvernement est en train de perdre patience. Weissmann veut entrer avec la
troupe…
– Ils ont aussi kidnappé Euclides…
– Euclides ?!
Francisco s’assoit sur une chaise, ferme les yeux, se prend la tête à deux
mains. Le téléphone sonne et Jararaca répond. Il pâlit. Il murmure quelque
chose. Il couvre le micro et chuchote :
– C’est Pedro Bueno. Il dit qu’on tire des coups de feu à Glória…
Il raccroche. Il explique qu’un violent échange de coups de feu a
commencé il y a quelques minutes, sur le front Est, entre la police et les soldats
du tra c.
– Ça a dégénéré, colonel, ça a salement dégénéré. Bueno dit que José
Inácio a autorisé l’armée à attaquer.
– Je vais là-bas. C’est peut-être des mujimbo…
– Des quoi ?! Pourquoi tu ne parles pas une langue correcte ? Je ne
comprends rien à vos dialectes africains, ok ?….
– Je dis que c’est peut-être des rumeurs. Il vaut mieux s’en assurer…
– D’accord ! Prends quelques frères et, après, dis-moi ce qui se passe. Ah,
encore une chose, ne touche pas à Jacaré, colonel. Tiens-toi à carreau. Je m’en
occupe moi-même.
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