La Guerre des anges
Rio de Janeiro, Morro Da Barriga, Mardi Matin.
RIO DE JANEIRO, MORRO DA BARRIGA,
MARDI MATIN.
(la loi du morro)
Une lune immense otte au-dessus de la ville. La petite église, resplendit,
très blanche, perchée au bord de l’abîme. Jacaré est à genoux, dans la poussière,
la tête coincée entre les mains. Luís Mansidão lui envoie un coup de pied. Il va
lui en anquer un autre, mais Jararaca l’en empêche.
– Ça su t ! décrète-t-il. Relevez-le.
Un type gigantesque, très sombre, aux cheveux presque lisses, attrape
Jacaré par la peau du cou d’une seule main et le relève. Le chanteur reste
debout, les yeux baissés, tremblant de tout son corps. Il est pieds nus, torse nu,
en bermuda. Le visage noir de Nossa Senhora Aparecida brille sur son dos en
sueur. Jararaca ordonne :
– Tends la main.
Jacaré lève les yeux. Supplie.
– Non, chef. S’il te plaît, pas ça. Je ferai tout ce que tu voudras, mais pas
ça.
– Tu connais la loi. Pajeú, attrape-moi ce noir.
Le géant s’empare du poignet droit du malheureux et le lui tord
violemment derrière le dos, l’immobilisant. Jararaca retire le pistolet de sa
ceinture.
– Tends la main !
Jacaré pleure comme un enfant. Il secoue la tête. Finalement il tend la
main gauche, paume vers le ciel, il perçoit le froid de l’acier et entend la
détonation, mais il ne ressent rien. La douleur arrive plus tard.
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