De rage et de lumière

Jeanne Pham Tran · Chapitre 67 sur 80

Pages du PDF

De rage et de lumière

Une aide inattendue

— Je voulais te dire que ça allait. Ça va. Ça va. Je t’embrasse fort. Au revoir ma biche.

C’est son dernier message enregistré sur mon téléphone.

 

Une aide inattendue

En 1979, Jack débarque à Calcutta pour pratiquer la street medicine. Commence alors un jeu du chat et de la souris harassant avec les autorités qui refusent de lui octroyer un permis de travail. Pendant un an, Jack soigne les sans-abri sur Middleton Row. Les mendiants et les familles affluent. Les autorités l’arrêtent, le relâchent, et ainsi de suite pendant plusieurs mois.

— Ils m’ont envoyé dans la prison centrale Alipore.

— Pour ça ?

— Oui ma chère. On m’accusait d’être entré en Inde sans le tampon des Frères Missionnaires de la Charité qui aurait pu justifier mon travail humanitaire en Inde, et d’avoir désobéi à l’ordre d’expulsion du territoire.

— Vous ne pouviez plus exercer dans la rue, c’est ça ?

— Oui, on voulait bien de moi sur le territoire si je restais là à ne rien faire.

De nouveau, le Holy Spirit lui vient en aide.

— Encore lui ?

— Tout était perdu, j’étais sur le point d’être expulsé de Calcutta, alors je suis allé prier saint Antoine de Padoue dans une chapelle. Je lui ai demandé de m’aider à continuer mon travail à Calcutta. Quelques minutes après avoir quitté la chapelle, je me suis fait arrêter. Allongé sur le sol de ma cellule cette nuit-là, dans la touffeur de la ville, j’ai repensé avec ironie à saint Antoine de Padoue.