Getting up together

Marine Conan · Chapitre 16 sur 68

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Getting up together

Chapitre 15

 

I Bonnie nstallée à l’arrière du véhicule, entre Cosme et Wesley, je

somnole à moitié, bercée par le ronronnement du moteur. Isma

conduit, Ange assis à ses côtés et Tyler est derrière, endormi. Apparemment, l’alcool ne lui réussit pas ! Il laisse même échapper quelques ron ements.

J’ai du mal à croire que nous sommes déjà sur la route du retour. Direction Tucson. Ces quelques jours à Tijuana sont passés à une vitesse folle. J’ai adoré ce séjour ! Outre la cérémonie bis qu’on a organisée pour Arthur, la découverte de la ville, les soirées et les baignades m’ont fait un bien incroyable. Je n’aurais jamais pensé pouvoir m’amuser cet été et, pourtant, j’ai ri et pro té de chaque moment de ces mini vacances. Cosme laisse échapper un bâillement. Le regard plongé sur la route qui dé le, il n’a pas dit grand-chose depuis notre départ du Mexique.

— Ça va ? lui demandé-je en posant ma tête sur son épaule. Tu n’es pas très bavard.

Il se tourne vers moi avec un sourire rassurant.

— Je suis juste un peu fatigué, me dit-il. Je n’ai pas beaucoup dormi cette nuit.

— C’est la tequila ?

— Ouais, et Ange…

Surprise, je me redresse et le dévisage. Il paraît regretter ces paroles, car il se mord la lèvre et hausse les épaules.

— Il a ron é, chuchote-t-il.

Je ris devant son air grave. À croire qu’il trahit un grand secret. Je ne pense pas qu’Ange lui en voudrait de me dire ça.

— Vous êtes devenus potes alors ? le questionné-je.

Cosme grimace et ré échit pendant quelques instants. Il semble hésiter. Se pourrait-il que les deux aient réussi à mettre leurs différences de côté ?

— Pas vraiment, grogne-t-il. On a juste appris à se tolérer pour ces quelques jours. Mais ça s’arrêtera dès que je sortirai de cette voiture !

— Coco… Il est pas si méchant, non ?

— Ouais, peut-être… Mais ça ne change rien à tout ce qu’il a pu me faire cette année. Ange ne sera jamais mon ami, c’est tout.

Je pince les lèvres devant son ton si catégorique. Moi qui avais espéré les voir se rapprocher un peu. J’ai envie que mon meilleur ami s’intègre davantage. Et pour ça, quoi de mieux que le mec le plus populaire du lycée ou presque ? Ange lui aurait permis de se faire de nouveaux potes.

— Qui sait ce que l’avenir nous réserve ?

Je n’aurais jamais cru que je m’entendrais si bien avec le jumeau d’Arthur. Durant le séjour, nous avons parlé à plusieurs reprises et nous avons bien plus de points communs qu’il n’y paraît. Il est gentil, plus que ne l’était son frère. Plus doux aussi. Et étrangement, assez drôle. Ça, c’est un truc que je n’aurais pas deviné au premier abord. Il est si réservé quand on le voit comme ça.

— En tout cas, pas une amitié entre ce mec et moi.

Je hausse les épaules. Discuter ne sert à rien. Mon meilleur ami est têtu comme tout quand il s’y met.

— Qu’est-ce que tu peux être rabat-joie ! Laisse-moi roupiller au lieu de faire ta mauvaise tête !

— Tu passes ta vie à dormir, Bonn ! s’amuse-t-il en m’ébouriffant les cheveux.

— Pas du tout ! J’ai peut-être juste besoin de plus de sommeil que toi. Il n’y a rien de mal à ça.

Il rit et acquiesce.

— Si tu le dis… Bon, tu es contente de ton séjour alors ? Tu trouves qu’on lui a rendu hommage comme il le fallait ? me demande-t-il, soudain plus sérieux.

— Oui, c’était un beau moment ! Je crois qu’il aurait adoré vivre ça avec nous et c’était le but de ce voyage. Lui permettre, là où il est, de voir comme on l’aime et à quel point il nous manquera.

Le jeune homme hoche la tête. Même s’il était contre l’idée de cette cérémonie bis, je sais qu’il s’est investi a n de rendre ce projet concret. Il l’a fait pour moi. Cosme est vraiment un amour. Le meilleur ami dont je pouvais rêver. Je suis heureuse que notre histoire de quelques mois n’ait pas empêché notre amitié de naître !

— Merci encore, Coco. Pour tout.

Je lui adresse un sourire et il hausse les épaules.

— C’est normal. Ça te tenait à cœur, se contente-t-il de me dire.

— Sans toi, je ne sais pas si j’aurais eu la force pour tout ça. Puis, tu as aidé Ange. Tu as mis derrière toi ton ressentiment envers ces mecs pour moi. Alors, non. Ce n’est pas rien. Merci.

Je l’embrasse sur la joue. Il me lance un regard en coin, affectueux, avant de me pincer le nez comme il aime le faire pour me taquiner.

— Dors maintenant ! m’ordonne-t-il. Sinon, tu seras de mauvaise humeur après.

Nous rions ensemble. Il n’a pas tort ! Le manque de sommeil me rend nerveuse ! Je repose ma tête sur son épaule et ferme les yeux. Il y a encore plus d’une heure de route. Autant en pro ter pour somnoler un peu et me remettre de ce séjour.

***

Je pénètre dans le salon et laisse échapper un soupir d’aise en faisant tomber mon sac à mes pieds. Qu’est-ce qu’il pèse lourd ! Il faut dire que j’en ai pro té pour faire un max de shopping. Ça faisait longtemps que je ne m’étais pas fait plaisir à ce point !

— Je suis rentrée ! m’exclamé-je.

Mon père ne tarde pas à sortir de la cuisine, sourire aux lèvres.

— Ma petite puce !

Il se précipite vers moi et m’enlace comme s’il ne m’avait pas vue depuis des années.

— Papa… Ce n’était que quatre jours ! me moqué-je.

— Tu sais bien que ton vieux père s’inquiète ! Avec tout ce qu’il se passe dans ce monde de fou, surtout au Mexique ! Et avec des garçons en plus de ça !

Je lève les yeux au ciel. Il est tellement protecteur. C’est un miracle qu’il m’ait laissée partir d’ailleurs. Si Cosme n’avait pas été là, il aurait sans doute refusé ! Savoir que je suis en compagnie du jeune homme le rassure toujours. Après tout, selon lui, c’est le gendre idéal. Il n’en démord pas, et même encore aujourd’hui, alors que notre histoire est nie depuis longtemps.

— On y allait pour rendre hommage à Arthur, papa, lui rappelé-je en souriant.

Il doit surprendre l’ombre qui voile mon regard, car il pose sa main sur mon épaule qu’il serre doucement.

— Comment tu te sens ? me demande-t-il. Ce n’était pas trop dif cile de faire ça ?

Je ré échis quelques secondes à cette question. J’ai cru un instant que j’avais peut-être fait une erreur en organisant cette cérémonie bis. C’était comme se replanter le couteau en plein cœur, raviver la plaie encore à vif et ne pas se laisser le temps de faire son deuil. Mais au nal, je suis heureuse qu’on l’ait fait. C’était un beau geste pour lui. Un moment de communion intense comme j’en avais peu vécu. On a beaucoup ri aussi durant ce séjour. C’est ce qu’il nous fallait : rendre cette mort moins dramatique et réussir à sourire. La vie continue. Arthur aurait voulu tout ça. Pas qu’on s’enferme dans nos souvenirs et que son fantôme nous hante trop longtemps.

— Non, on en avait tous besoin, souf é-je. On peut maintenant commencer à essayer de faire notre deuil.

— Cosme a assuré au niveau de l’organisation ?

J’acquiesce en souriant. Il a été super. Qui aurait cru qu’il formerait une équipe si ef cace avec le mec qu’il ne supporte pas ? Il a beau me dire qu’il ne deviendra pas ami avec Ange, je pense qu’il se trompe. J’ai bien vu que leur complicité augmentait au l des jours !

— Oui, Ange et lui nous ont fait passer un moment incroyable ! af rmé-je. Arthur aurait adoré ce séjour à Tijuana.

— J’espère que tu n’as pas abusé de la tequila, hein ?

J’éclate de rire devant le regard faussement inquiet de mon père. Il sait qu’il m’arrive de boire un peu, mais il me fait con ance. Ce n’est pas mon genre de me bourrer la gueule ! Même si, pour être honnête, j’ai picolé plus que de raison au Mexique. On l’a tous fait. Disons que ça faisait partie du voyage…

— Jamais voyons !

— Tant mieux !

Il s’écarte de moi, rassuré. Comme d’habitude, il ne s’attarde pas sur le sujet Arthur. Sa mort lui a mis un coup. Il avait beau ne pas l’apprécier, mon petit ami était un morceau de ma vie. Il venait souvent à la maison. Puis savoir qu’il s’est suicidé l’a ébranlé. Depuis, il veille encore plus sur moi. À croire que le suicide est contagieux. J’aime bien trop la vie pour décider d’y mettre n comme ça !

— J’ai préparé des muf ns au chocolat. Ça te dit ? me propose-t-il.

Mon regard se pose sur lui, tendre. Mon père est tellement attentionné. Depuis qu’il ne fait plus partie des Marines, il est devenu un vrai papa poule. Et surtout un cuisinier aguerri !

— Comment refuser cette douceur ? Allons-y, m’exclamé-je.

Rien de mieux qu’un bon goûter tardif pour se remettre de l’émotion de ces derniers jours !

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