Getting up together

Marine Conan · Chapitre 65 sur 68

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Getting up together

Chapitre 64

Tyler

— Tyler ?

Je me retourne. Candice est en train de courir vers moi, ses cheveux blonds légèrement ondulés ottant derrière elle. Elle s’arrête une fois arrivée à ma hauteur et pose sa main sur son cœur en laissant échapper un soupir.

— Tu marches vite ! s’exclame-t-elle. J’ai cru que je n’allais jamais te rattraper. Ça va ?

Je me mords la lèvre, un peu mal à l’aise. Même si j’apprécie la jeune femme, j’ai tendance à l’éviter depuis notre dernière sortie. Sans doute parce qu’elle a essayé de m’embrasser avant que je la quitte. Pourtant, pendant le dîner, je lui ai avoué que j’étais déjà amoureux d’une autre lle. Mais j’imagine qu’elle s’est dit qu’il fallait tenter.

Depuis, c’est un peu étrange entre nous. À moins que ça ne soit moi qui me monte la tête.

Du coup, après les répétitions, je pars en coup de vent, comme un voleur a n d’éviter de me retrouver en tête à tête avec la jolie blondinette. Mais cette fois, elle a été maline.

— Ça va, et, toi ?

— Oui, plutôt bien. Mais j’en ai un peu marre que tu passes ton temps à me fuir, Tyler…

Elle lève ses grands yeux clairs vers moi et mon cœur se serre. Je déteste cette situation. Ce n’est pas mon genre de blesser les lles. Surtout que Candice est un amour. Elle ne mérite pas ça ! Loin de là !

— J’ai fait quelque chose de mal ? demande-t-elle.

Je secoue la tête. Mon téléphone vibre dans ma main. J’y jette un regard discret. Bonnie. Elle m’a dit qu’elle m’attendrait dans un petit café à quelques rues d’ici. Je dîne chez elle ce soir a n qu’elle me présente son père ! J’ai la trouille, même si ce pas est important pour moi. Cela montre que notre histoire lui tient à cœur. D’ailleurs, ce week-end, elle vient à la maison. Elle appréhende beaucoup de faire face à mes parents, mais je l’ai rassurée comme j’ai pu. Ma mère est au courant que je suis avec elle et mon père s’en fout. Tant que je suis heureux apparemment, tout lui va.

— Pas du tout ! C’est juste que…, commencé-je. Je suis désolé, Candice… Je sais que je n’ai pas été très cool avec toi. Ce n’est pas toi.

— C’est parce que j’ai essayé de t’embrasser ?

J’acquiesce.

— Je ne m’attendais pas à ça, avoué-je. Je te l’ai dit, j’ai quelqu’un dans ma vie. Et depuis quelques jours, on a même franchi le pas. On est ensemble. Je ne voulais pas que tu te fasses de lms sur une potentielle histoire entre toi et moi.

Elle laisse échapper un petit rire et hausse les épaules.

— Tyler… Si seulement, tu n’avais pas passé ton temps à m’éviter… Je souhaitais m’excuser, souf e la jeune femme. J’ai agi comme une idiote. Je craquais sur toi depuis l’an dernier et j’ai tenté le tout pour le tout. Mais quand tu m’as parlé de cette lle, j’ai compris que j’avais aucune chance.

Elle me lance un regard attendri.

— Tu es fou amoureux d’elle, ça se voit à des kilomètres. Bref, je voulais te dire que j’étais désolée d’avoir agi comme ça. Je t’apprécie et je n’ai pas envie qu’on continue d’être gênés à chaque fois qu’on se croise. On joue ensemble, on doit rester professionnels.

Elle n’a pas tort. C’est vrai que même le professeur a ressenti notre distance aux répétitions. Nous manquions cruellement d’émotions, a-t-il commenté.

— Oui, tu as raison… J’ai été con de faire le fantôme comme ça. Je ne savais pas comment gérer cette situation.

Elle m’adresse un sourire et hausse les épaules.

— Tu n’as pas à te tracasser. J’ai compris que, toi et moi, ça n’arriverait jamais.

Après avoir marqué une courte pause, elle reprend :

— Puis, j’ai rencontré quelqu’un. C’est encore tout nouveau, mais je l’aime bien. Donc tu vois, toi et moi, on peut redevenir amis comme avant. Pas d’ambiguïté, rien. Juste deux personnes qui apprécient être ensemble et jouer.

Elle me tend la main et j’affronte en n ses prunelles claires. Aucun ressentiment. Elles n’af chent qu’une profonde affection.

— Marché conclu ?

— Deal ! af rmé-je. Amis.

Je serre sa main quelques instants, soulagé. Je préfère ça. Elle tapote mon épaule et se hisse sur la pointe des pieds pour déposer un baiser sur ma joue.

— Je vais y aller, il m’attend ! me dit-elle, enthousiaste.

Elle tourne les talons, mais avant de me quitter, elle se retourne vers moi :

— Prends soin de cet amour surtout. C’est un sentiment précieux d’être amoureux. Ne le gâchez pas.

[Hâte d’être dans tes bras mon cœur !]

[Moi encore plus ! J’espère que ton père n’a pas préparé son fusil

pour me dégommer !]

[Il va t’adorer, ne stresse pas. Il ne peut que t’aimer vu comment je

t’aime.]

Je souris et fourre mon téléphone dans ma poche. Mon scooter m’attend à quelques rues de là. J’accélère le pas, pressé de retrouver ma petite-amie.

***

— Alors, ce n’était pas si terrible, tu vois ? me demande Bonnie en m’enlaçant.

Je pose mes mains dans le creux de ses reins et l’embrasse avec douceur.

— C’était même plutôt cool ! approuvé-je. Ton père est adorable !

— Je crois qu’il t’aime bien… Plus qu’Arthur.

Elle se mord la lèvre. Mon jumeau reste toujours un sujet un peu tabou malgré tout. Son ombre planera sans doute entre nous pendant un moment. Mais je sais qu’on passera au-dessus de ça. Parce qu’on s’aime. Et rien n’est plus important que ça.

— Tant mieux s’il m’apprécie, lui chuchoté-je à l’oreille. Car je compte bien revenir et faire partie de la vie de sa lle tant qu’elle ne se lassera pas de moi.

Elle me sourit, ses yeux pétillent. Elle est si jolie comme ça, même avec le sweat informe de son père qu’elle a mis pour me raccompagner dehors.

— Je voudrai de toi pour le restant de mes jours ! s’exclame-t-elle.

Je la serre contre moi, l’odeur de son parfum sucré m’envahit et je caresse ses longs cheveux bruns ondulés.

— Je t’aime, Bonnie. Je n’ai jamais été amoureux avant toi. Et je crois que je ne pourrais plus éprouver un truc aussi fort si tu venais à partir.

— Je ne compte pas te laisser, Tyler ! On a mis du temps à se trouver. Maintenant que nous sommes ensemble, je ferai tout pour que ça dure.

Je la crois sur parole. C’est con, on est peut-être jeunes, mais j’ai foi en nous, en notre histoire. Plus qu’en tout le reste. J’ai envie de grandir avec elle, de vivre toutes nos premières fois tous les deux, de la voir vieillir, de faire d’elle la mère de mes enfants. En fait, tout me semble possible à ses côtés.

— Et moi, j’essaierai de te rendre heureuse. Coûte que coûte.

Elle m’embrasse encore et je m’écarte à regret.

— Je ne vais pas tarder à y aller, chuchoté-je.

— Ça marche. Tu m’appelles en rentrant ?

J’acquiesce avant d’attraper mon casque sur le banc sous la terrasse.

— Au fait, Ange m’a dit que ce serait chouette qu’on se fasse une soirée ensemble, ajoute Bonnie. Avec lui et Cosme !

Un sourire entendu se dessine sur son visage.

— Lui et Cosme, genre… Tous les deux ?

Je mime un cœur invisible avec mon doigt et Bonnie pouffe et hoche la tête.

— Oui, tous les deux, me con rme-t-elle. Ange lui-même m’a avoué qu’il était amoureux de Cosme !

Elle a l’air surexcitée par cette nouvelle. Étrangement, je ne suis pas surpris. J’avais deviné que quelque chose se jouait entre les deux amis. Même si, venant du Mexicain, cela paraît incroyable.

— Ça me branche bien ! Je serais content de voir Cosme.

Ce mec est cool. Il m’inspire con ance. Discret, avec un humour bien à lui, gentil et surtout c’est le meilleur ami de Bonnie et maintenant le copain d’Ange. Autant dire que je vais en passer du temps avec lui. Il fera forcément partie de ma vie tant que je suis avec Bonnie et pote avec le jeune homme.

— Tant mieux ! Ça va être sympa ! J’organiserai un truc bientôt alors.

Elle sourit, enthousiaste, avant de déposer un baiser sur mes lèvres.

— Allez, le vite sinon je risque de vouloir te faire grimper en douce dans ma chambre.

Elle m’adresse un regard mutin et je soupire, faussement désolé.

— La prochaine fois, je dors avec toi ! J’ai envie de te voir ensommeillée dans mes bras, souf é-je.

— J’adorerais ça !

— Alors, on le fera.

— Rentre bien.

J’en le mon casque et quitte, à regret, ma petite amie. Je ne me suis jamais senti aussi bien avec quelqu’un, c’est fou. Elle me rend heureux. Avec elle, je souhaite tout partager. Tout le temps. Moi qui ai toujours été un peu renfermé et distant lorsque j’étais en couple, je me transforme à ses côtés. C’est la première lle que je vais emmener à la maison d’ailleurs. La première que je vais présenter à mes parents. Contrairement à Arthur, qui trimballait partout ses conquêtes, j’étais du genre à ne rien dire sur ma vie sentimentale.

Pour la première fois, j’ai éprouvé le besoin de me con er à ma mère sur ce que je ressentais pour Bonnie. Sur le fait que c’était l’ex de mon jumeau, que j’avais eu du mal à dépasser ça, mais que j’étais amoureux d’elle. Elle était contente de pouvoir me rassurer et me conseiller. Nous sommes de plus en plus proches. La mort d’Arthur et le presque abandon de mon père nous a soudés. Je l’ai aidée à remonter la pente et, elle, elle tente de se plier en quatre pour me faire oublier que mon père est aux abonnés absents.

J’ai hâte de voir Bonnie chez moi, avec ma mère. De l’intégrer encore plus dans ma vie. J’en ai besoin.

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