Getting up together

Marine Conan · Chapitre 28 sur 68

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Getting up together

Chapitre 27

 

 

J Ange ’étouffe un grognement en lisant le message que vient de

m’envoyer Bonnie. Il est à peine neuf heures du matin. Qui écrit

à une heure pareille les derniers jours de vacances d’été ?

Mais je devine sans peine l’objet de son SMS. Ty m’a appelé hier pour me dire qu’il lui avait tout dit concernant nos découvertes. J’imagine donc qu’elle veut m’en parler…

[Salut, Ange, on peut se voir tout à l’heure ? Devant le lycée ?]

Quel lieu de rencard… Elle va me faire foutre les pieds là-bas avant l’heure. Je lâche un soupir et m’étire en posant mon téléphone. Je lui répondrai plus tard. Déjà, je n’ai qu’une envie : prendre une douche bien chaude et aller bouffer un peu.

Aucun bruit ne se fait entendre chez moi. Où sont-ils tous passés ? Curieux, j’abandonne l’idée de la salle de bains et en le un tee-shirt par-dessus mon boxer pour descendre en bas. Dans la cuisine, sur la table, une note de ma mère m’attend. Ils sont partis acheter les fournitures scolaires de ma petite sœur. Merde, cela me rappelle que je n’ai toujours pas pris les miennes. Je suis à l’ouest en ce moment. Heureusement que j’ai bossé une partie du mois d’août dans le garage qui m’emploie de temps en temps. J’ai de quoi aller m’acheter ce qu’il faut.

Le jus d’orange est déjà sorti. Je m’en sers un verre et attrape le lait au frigo pour me préparer un bol bien rempli de céréales au chocolat. C’est loin d’être le repas idéal pour un sportif, mais j’ai toujours ce péché mignon depuis que je suis gosse. Peut-être que ça me passera un jour et que je serais plus sérieux en grandissant. Que je nirais par avaler un jaune d’œuf cru avec quelques ocons d’avoine… Mais je ne crois pas. J’aime trop les céréales et surtout le lait avec le léger arôme de cacao que je bois après.

Une fois mon petit-déjeuner englouti, je me sers un café et vais m’installer dans le canapé avec ma tasse et mon téléphone sur lequel je pianote pour répondre à Bonnie.

[OK, rdv dans une heure au lycée]

Je me demande ce que je vais pouvoir lui dire de plus. D’autant que je n’ai pas de nouvelles de Cosme et du PC d’Arthur. Si je le relançais ?

[Salut, Face d’escargot, comment tu vas ? Tu as pu pro ter un peu de

tes quelques jours ?]

Je savoure mon café, indispensable boisson de chaque journée que je passe, tout en écoutant les dernières nouveautés musicales sur la chaîne dédiée au rap que j’adore. Heureusement, la réponse de Cosme ne tarde pas à arriver.

[Salut, Ange, ça va, et toi ? Oui, c’était cool. Je me sens beaucoup

mieux. Même là-bas, j’ai continué de faire tes exercices et ça fait du

bien ! Merci encore.]

Je n’ai pas le temps de réagir qu’un deuxième message me parvient.

[Je suis désolé, je ne me suis pas penché sur le PC. Je pensais le faire à

la rentrée en cours.]

Ouf, pas besoin de demander ! Il ne lui dira pas que je lui écris juste par intérêt comme ça. C’est vrai que ce geek a pris une option spéciale pour lui permettre d’avoir des points en plus. Comme il est doué sur les ordinateurs, les cours avancés d’informatique étaient pour lui.

[Pas de souci, c’est parfait. Fais ce que tu peux. Content que t’en aies

pro té. Si tu veux, avant la rentrée, je viendrai pour une dernière

séance de rééducation dans ta piscine !]

Je ne sais pas pourquoi je lui propose ça. Pour être sympa ? Ou parce qu’au fond, on passait des bons moments, cet été, quand je venais tous les jours pour lui tenir compagnie et l’aider à se retaper. Cosme n’est pas le crétin que j’imaginais, loin de là. Il est plutôt drôle et intéressant. En plus de ça, il joue aux mêmes jeux que moi, et bien mieux que Wes ou Isma. En n, un adversaire à ma hauteur !

[Pourquoi pas ? Cet après-midi ? Demain, je vais faire mes achats

pour la rentrée.]

Ah, je ne suis pas le seul à m’y prendre au dernier moment. Venant de lui, je suis étonné.

[D’accord. Et si je peux squatter avec vous pour les fournitures ? Je n’ai pas fait les miennes non plus… Si je me ramène sans cahier, je

vais me faire trucider.]

[OK lol, à tout !]

Bon bah voilà, mon programme des derniers jours de vacances est établi. Et lundi, les cours… Déjà !

Ma première rentrée sans Arthur. Ma gorge se serre. C’est étrange de se dire qu’il ne sera pas là. Qu’on ne fera pas les cons ensemble comme toujours. Merde, il me manque. Est-ce qu’un jour ça va s’arrêter ? Est-ce que je réussirais à oublier que mon meilleur ami s’est foutu en l’air et que je n’ai rien pu faire pour lui ?

Je soupire. Il faut que je cesse de me torturer…

Je nis mon café d’une traite et vais laver ma tasse avant de ler dans la salle de bains. Il est temps de me préparer si je veux être à l’heure pour rejoindre Bonnie.

***

Lorsque j’arrive devant le lycée, Bonnie est déjà là. Assise sur un banc, vêtue d’une petite robe eurie, elle semble perdue dans ses pensées.

— Salut…

Elle sursaute en entendant ma voix.

— Ah, Ange, tu es là. Pile à l’heure ! Je croyais que j’allais t’attendre un peu.

— Tu sais bien que je ne fais jamais patienter les jolies lles.

Je lui adresse un clin d’œil et elle pouffe. Je préfère la voir avec ce sourire qui égaye son visage qu’avec cette mine sombre qu’elle arborait quand je suis arrivé.

Je m’installe à ses côtés et me tourne vers elle, plus sérieux.

— Comment tu vas, Bonnie ? Tu as passé un bon été ?

Elle semble hésiter quelques secondes puis nit par hausser les épaules.

— Pas vraiment les vacances que j’avais imaginées quand on en parlait avec Arthur en février dernier.

Songeuse, elle se mordille distraitement l’ongle avant de soupirer.

— Dire qu’on avait pensé partir ensemble, ricane-t-elle soudain. Quelle connerie…

— Bonnie…

Je pose ma main sur son avant-bras et la force à me faire face de nouveau. Quelques larmes perlent au coin de ses yeux. Son sourire désabusé me prouve à quel point elle souffre. Elle aussi ne se remet pas de la mort de son ex-petit ami. Elle aussi l’a en travers de la gorge. Nous sommes comme des cons, à tenter de revivre alors que la perte d’Arthur a tout gé autour de nous.

— Il se foutait de moi, Ange, nit-elle par murmurer d’une voix faible. J’ai été si stupide. Comment j’ai pu croire un seul instant qu’il m’aimait ? Qu’il était sincère avec moi ? Après tout, Arthur… Il était comme toi avant qu’on se mette ensemble. J’imaginais qu’il avait changé par amour, mais… Je me suis plantée.

Je me mords la lèvre, mal à l’aise. Tyler lui a donc bien tout raconté. Le pauvre… Je me sens presque coupable de lui avoir con é ce sale boulot alors qu’il connaît à peine Bonnie. J’aurais peut-être dû m’en charger… Dire que je voulais éviter les drames, c’est loupé.

— Il t’aimait, Bonn…, souf é-je. Il a déconné grave, mais ne doute pas de ses sentiments.

— Ne le défends pas, s’il te plaît. Peu importe qu’il soit mort. Ce qu’il a fait, c’est… C’est impardonnable, bégaie-t-elle.

Elle se met à pleurer à chaudes larmes et s’écroule contre mon torse. Merde. Comment gérer ça ? Dire qu’il y a quelques jours, c’est moi qui ai craqué et qui ai sangloté comme un gosse dans les bras de Cosme… Putain, Arthur, pourquoi tu as fait ça ? Regarde ce que tu as provoqué. Des mois après ta mort, on est encore au fond du trou…

— Je sais… Franchement, je n’étais pas au courant qu’il avait autant déconné, je te jure, Bonnie. Il m’avait parlé de son petit irt, mais pas de Melody. J’ignorais tout de cette lle.

— Je m’en fous, Ange. Je ne te reproche rien, me dit-elle en reni ant. C’est juste que… Tu étais son meilleur ami. Je voulais comprendre. En fait, je ne sais même pas pourquoi je t’ai demandé de venir. Après tout, Tyler m’a tout balancé. Son histoire avec Melody, la drogue… Mais je crois que j’avais besoin de l’entendre de ta bouche.

— Il t’a parlé de la came aussi ? la questionné-je, un peu surpris.

À vrai dire, j’imaginais qu’il allait se contenter de l’adultère de son jumeau qui était déjà bien assez énorme à avaler pour la jeune femme. Mais il a peut-être préféré la jouer franc-jeu.

Elle essuie quelques larmes et hoche la tête.

— Oui… Quand je pense que je n’ai rien vu…, chuchote-t-elle. Toi non plus ?

— Bien sûr que non ! Je l’aurais défoncé si j’étais au courant. Autant pour lui que pour l’équipe. Tu sais très bien que je rigole pas avec ça.

Elle acquiesce. Tout comme n’importe quel sportif qui se respecte, je ne tolère pas de tricher sur mes compétences en avalant quelques cachetons. Et je ne comprends pas pourquoi Arthur en était arrivé là.

— Tu sais, cette nana, Melody, ajouté-je.

Elle se tourne vers moi, les prunelles de nouveau brillantes à la simple évocation de ce prénom.

— Elle le faisait chanter avec cette histoire de grossesse, mais c’était pas vrai.

Bonnie ouvre de grands yeux surpris. Merde, j’ai gaffé ou quoi ?

— Hein ? De quoi tu parles ? me questionne-t-elle.

— Euh… Non, rien, laisse tomber, j’ai dû…

— Ange ! s’écrie-t-elle, pressante. Tu ne peux pas me faire ça ! Quelle grossesse ?

Je soupire, vaincu. J’en ai trop dit. Bordel, j’aurais dû appeler Tyler avant de venir la voir. Histoire de savoir ce qu’il lui avait révélé ou pas. Quel crétin je fais !

— Ils étaient ensemble depuis quelques mois, mais il a voulu la quitter, avoué-je. Parce qu’il t’aimait, toi, et qu’il voulait pas te perdre.

Bon, cette partie-là de l’histoire, c’est moi qui l’imagine, mais j’espère que c’était bien pour ça que mon meilleur ami est revenu à la raison. Après tout, Bonnie est une lle bien. Elle ne méritait pas qu’il se foute d’elle comme ça. J’ai beau être un connard à mes heures perdues, je ne fais pas de fausses promesses à une nana. En se lovant dans mes bras, elles savent qu’il n’y a pas de suite possible. Que c’est juste l’histoire de quelques nuits, le temps que je m’amuse, le temps que je me lasse. Je ne mens pas. J’ai des principes.

— Bref, elle a tenté de le retenir, mais il ne marchait pas. Alors, elle a sorti la carte du bébé, sans doute en imaginant qu’il renoncerait à la lâcher…

— Qu’est-ce qu’il lui a dit ? demande Bonnie en serrant ses bras contre elle.

— D’avorter. Qu’il ne désirait pas cet enfant. Ni elle.

Elle hoche la tête, mais ne répond rien. Comme si elle encaissait toutes mes révélations. Finalement, elle nit par laisser échapper un soupir.

— Tu crois qu’on devrait en parler à ses parents ?

J’écarquille les yeux et secoue le doigt.

— T’es folle ! Ils seraient trop déçus…

— Je sais, mais… Tu ne penses pas que tout ça, c’est des éléments à prendre en compte ? Que ça aurait pu le pousser à se foutre en l’air ?

Je n’y avais pas pensé. Est-ce qu’elle a raison ? Après tout, son dealer le faisait chanter… Ça aurait pu ruiner sa réputation, mais sa vie aussi. Pas de grandes universités, plus de sport. Ouais, ça se tient. Un frisson me parcourt. Est-ce qu’on peut en nir pour ça ? Est-ce que toutes ces petites merdes qui venaient noircir son quotidien auraient pu provoquer sa mort ?

— J’en parlerai à Tyler…

— D’accord, murmure la jeune femme. Merci d’avoir été honnête avec moi, Ange. J’avais besoin d’entendre tout ça.

J’acquiesce.

— C’est normal. Tu ne voudrais pas qu’on aille marcher ? Histoire de faire redescendre la pression ? Cette discussion était un peu intense.

— Carrément…

Faire quelques pas me fera du bien. Voir Bonnie aussi mal m’a fait de la peine. Heureusement que cet après-midi je vais barboter dans la piscine de Cosme. Cela me changera les idées.

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