Getting up together

Marine Conan · Chapitre 26 sur 68

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Getting up together

Chapitre 25

 

J Bonnie e me balade dans les rayons de la friperie dans laquelle m’a

traînée Aria. Pourtant, je n’avais aucune envie de sortir. Mais

elle a tellement insisté que je n’ai pas eu le cœur de la décevoir.

Il faut dire que je n’ai pas été la nana la plus fun de l’été. Depuis que je suis revenue de Tijuana, j’ai beau tenter d’aller mieux, je n’y arrive pas. L’ombre d’Arthur plane partout autour de moi. C’est comme s’il était encore là, mais que je ne pouvais plus le voir. Juste le sentir. C’est étrange comme sentiment.

Du coup, j’ai passé une partie de mes vacances à bosser comme serveuse dans un petit café de la ville tout en enchaînant les entraînements de cheerleader dans mon jardin. L’avantage, c’est que je serai au top pour ma dernière année de lycée ! Il n’y a que les deux premières semaines d’août où j’en ai pro té un peu puisque mon père m’a amenée chez sa sœur, à Miami. Et j’adore Miami ! De toute façon, comment ne pas aimer cet endroit ?

Mais sitôt revenue, mes copines se sont jetées sur moi pour me proposer toutes sortes d’activités à faire avant la rentrée. Sauf que je les ai toutes refusées. Il n’y a que celle-ci pour laquelle j’ai ni par céder. Ce n’est qu’un après-midi shopping avec Aria, une des lles que je préfère dans l’équipe. Elle est discrète et pas aussi fan de potins que les autres. Je sais qu’elle n’évoquera pas beaucoup Arthur. D’ailleurs, depuis presque deux heures que nous sommes ensemble à écumer les magasins, elle n’a pas prononcé son nom. Les autres nanas ne se seraient pas gênées pour le faire ! Elle, elle doit sentir que ce n’est pas le moment d’en parler et que je risque de me braquer et de fuir si elle le fait. Intérieurement, je la remercie pour sa discrétion et son respect surtout.

— Tu trouves ton bonheur ? me demande-t-elle.

Elle a déjà un panier rempli de plusieurs affaires à essayer. Moi, je n’ai qu’une robe entre les mains et encore, je ne suis pas certaine de la prendre. Après tout, l’été touche à sa n. Peut-être que je devrais commencer à acheter des tenues plus adaptées à la rentrée !

— Bof… Je ne sais pas vraiment si j’ai besoin de fringues en fait, avoué-je. Par contre, toi ! Tu vas dévaliser le magasin.

Elle rit et hausse les épaules.

— J’ai perdu pas mal de poids ces derniers mois. Du coup, j’essaie de renouveler ma garde-robe. Ça m’aidera à rester mince ! plaisante-t-elle.

— Mais tu étais déjà très bien avant.

Elle grimace.

— Tu parles… Tu as vu les canons dans l’équipe. Regarde-toi, Bonnie, tu as un corps incroyable. J’étais un peu le vilain petit canard. Là, je me sens mieux.

Je l’observe un instant. C’est vrai qu’elle a maigri. Ses joues sont moins rebondies et ses jambes plus fuselées dans la jolie robe courte qu’elle porte. Je ne l’avais même pas remarqué. Perdue dans ma noirceur, je ne fais plus attention à rien. À croire que mon monde ne se limite désormais qu’à la mort d’Arthur.

Mais je refuse de rester cette lle triste et amère. Ce n’est pas moi. Au contraire, je suis quelqu’un d’optimiste, de pétillant et de drôle. Il est temps que cette Bonnie revienne. Qu’elle fasse son deuil et reprenne sa place.

— Tant que tu te sens bien, c’est le principal, souf é-je en posant ma main sur son épaule. Tu es très jolie de toute façon. Tu as le visage d’une poupée !

Elle pouffe et me remercie d’un sourire.

— Bon, je vais aller essayer tout ça.

— D’accord. Moi, je vais en pro ter pour faire un tour du côté des vestes. J’aurais peut-être besoin d’un manteau pour cet hiver.

— Super ! Et n’hésite pas à en ler cette jolie petite robe que tu as entre les mains. Elle t’ira à ravir. N’oublie pas qu’on va aller à plein de soirées ! C’est notre dernière année après tout.

Je me contente de hocher la tête. À vrai dire, faire la fête ne me tente pas pour l’instant. Il faudra pourtant que je reprenne mes habitudes. Avec Arthur, on adorait les soirées. Sauf que je penserai forcément à lui. À nos souvenirs. À ces danses dans lesquelles je me blottissais entre ses bras. À ces verres partagés en riant. Mais il ne sera plus là.

Heureusement, elle n’attend pas ma réponse pour disparaître dans la cabine d’essayage. J’en pro te pour m’éloigner en direction des manteaux. J’attrape mon téléphone dans mon sac à main et découvre avec surprise deux messages de Tyler. Sans prendre le temps de lire ceux de Cosme et d’une autre copine, je déverrouille l’écran pour prendre connaissance des SMS du frère d’Arthur.

Je me demande ce qu’il me veut. Après tout, je n’ai pas eu beaucoup de ses nouvelles depuis notre voyage à Tijuana. Quelques SMS dans la discussion de groupe et c’est tout.

[Bonjour, Bonnie, c’est Tyler, le jumeau d’Arthur. J’espère que tu vas

bien. J’ai quelque chose dont je souhaiterais parler avec toi, c’est un

peu délicat…]

[Est-ce que tu penses qu’on peut se voir bientôt ?]

Je fronce les sourcils. Qu’est-ce que ça peut être ? Je déteste ce type de message. Savoir qu’on veut me dire un truc sans connaître précisément de quoi il s’agit, c’est le pire !

[Bonjour, Tyler, je vais bien, merci. J’espère que toi aussi…]

Je n’envoie pas et ré échis quelques instants avant de pianoter de nouveau sur l’écran :

[Bonjour, Tyler, je vais bien, merci. J’espère que toi aussi… Rien de

grave ? Tu es dispo cet après-midi ? Je fais du shopping avec une

copine, mais on peut se retrouver pour boire un café après ?]

Rapidement, j’expédie le message. Je suis incapable d’attendre davantage. Tant pis si je dois écourter un peu ma sortie avec Aria. Faites qu’il soit libre pour me rejoindre !

Mon téléphone vibre. C’est lui !

[OK. Envoie-moi l’adresse et l’heure, j’y serai.]

Mon cœur tambourine dans ma poitrine. Qu’est-ce qu’il va me dire ? Ça a sûrement un rapport avec Arthur. De quoi d’autre peut-il bien vouloir me parler ? Je regarde rapidement l’application Maps et repère un petit salon de thé à quelques rues de là. Ça fera l’affaire. Je lui adresse les coordonnées et lui indique de m’y retrouver dans un peu moins d’une heure. De toute façon, je ne suis pas capable de continuer à faire du shopping alors que je suis dans cet état.

— Bonnie ? Je te cherchais partout !

Je me tourne et fais face à Aria qui brandit son panier plein.

— Tout me va ! Je peux aller payer. Tu as trouvé un truc, toi ?

Je secoue la tête et esquisse une moue contrite.

— Je suis désolée, Aria, mais je vais devoir te quitter dans une demi-heure. Cosme a besoin de moi.

Elle m’adresse un visage déçu, mais, rapidement, elle sourit. Après tout, je lui ai dit que mon meilleur ami s’était blessé. Elle ne peut donc pas me reprocher d’accourir à son chevet si nécessaire. Je me sens un peu coupable de ce mensonge, mais tant pis. C’est pour la bonne cause.

— Pas de souci. On a encore quelques jours avant la rentrée. Tu veux qu’on se revoie ce week-end ? me propose-t-elle.

— Bien sûr ! Avec plaisir, accepté-je.

Au moins, je me fais pardonner. Puis, Aria est gentille. J’ai passé un moment agréable en sa compagnie, mine de rien. Ça m’a fait du bien de sortir de ma bulle de solitude. J’aurais dû faire ça plus tôt, je pense. Peut-être que ma tristesse s’estomperait davantage.

— On mange ensemble le samedi midi et on se fait un ciné, ça te dit ?

— Carrément, accepte-t-elle. Bon, je le régler, on se fait un dernier magasin et je te libère !

— Allez ! On fait comme ça !

Je lui agrippe le bras et nous nous dirigeons vers les caisses. Elle me laisse passer avant pour que je paie pour la jolie petite robe que j’ai décidé de prendre. Elle a au moins une dizaine d’articles. Elle s’est fait plaisir !

***

J’ai raccompagné Aria à sa voiture et l’ai laissé partir en premier. Je n’avais pas envie qu’elle me voie ler dans une direction qui n’est pas la bonne. Surtout que le café où j’ai donné rendez-vous à Tyler n’est qu’à quelques rues : je vais y aller à pied et récupérer mon véhicule après.

Marcher me fait du bien. Les gens ne le font plus assez. Tout le monde prend sa voiture pour tout et pour rien maintenant. Sans s’inquiéter de la pollution, de l’environnement, ni même de leur santé. Moi, j’essaie. Quand je peux âner à pied ou faire du vélo, je le fais. En plus, il ne fait pas trop chaud. Trente-cinq degrés à peine. L’an dernier, avec la canicule, nous avions dépassé les quarante ! C’était étouffant.

Au bout d’un quart d’heure, j’aperçois la terrasse du salon de thé. Je n’y suis jamais allée. On verra ce que ça donne. De toute façon, le but de ce rendez-vous avec le jumeau d’Arthur n’est pas de déguster une bonne pâtisserie, mais de discuter.

Mon cœur se remet à battre plus violemment dans ma poitrine. Que va-t-il me dire ? Aurait-il appris quelque chose sur l’état de son frère ? Sur les raisons qui auraient pu le pousser à se suicider ?

Car cette question continue de me tarauder jour et nuit. Après tout, on parle d’Arthur. Mon petit ami, en n mon ex, était la joie de vivre incarnée. Il riait tout le temps, il adorait blaguer, s’amuser et surtout il ne se prenait pas la tête. Je lui disais même souvent qu’il devrait penser à un peu plus à son avenir et bosser de façon plus studieuse. Mais pour lui, sa voie était toute tracée : une bourse pour le basket, une grande université et une carrière de sportif reconnu. C’était ça, son futur.

J’arrive devant la vitrine et parcoure les environs du coin de l’œil. Tyler est installé à l’intérieur. Il est plongé dans la lecture d’un bouquin. Je ne peux m’empêcher de sourire. Il me rappelle Cosme parfois.

— Salut ! lancé-je en me plantant devant lui. Tu es déjà là ? Je pensais être un peu en avance, mais…

Il relève la tête et m’adresse un regard bienveillant. Quand je suis stressée, j’ai tendance à parler beaucoup.

— J’étais dans le coin en fait, me dit-il. Et comme j’avais une pièce de théâtre que je voulais lire avant la rentrée, j’en ai pro té.

— D’accord.

Je m’installe face à lui et pose mon sac à mes pieds.

— Je me suis mis à l’intérieur pour la climatisation. Cela ne te dérange pas, j’espère ?

— Non, ça fait du bien. J’ai marché pour venir, alors j’ai un peu chaud, je t’avoue !

J’attrape mon élastique et attache mes cheveux en queue de cheval avant de prendre la carte pour m’aérer.

— Pourquoi ce rendez-vous, Tyler ? osé-je l’interroger.

J’aurais peut-être pu lui demander comment était son été, mais il a perdu son frère. Je connais la réponse… De toute façon, j’ai besoin de savoir ce qu’il a à dire.

Un léger soupir lui échappe et il me dévisage un instant avec un regard sérieux.

— J’ignorais si je devais t’en parler ou pas, mais… En n, tu sortais avec lui. Même si c’était ni, j’imagine que c’est important que tu le saches.

J’acquiesce. Même si notre couple n’existait plus, je dois comprendre. Cela m’aidera à avancer et à me remettre de sa mort.

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