Getting up together

Marine Conan · Chapitre 44 sur 68

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Getting up together

Chapitre 43

 

L Ange orsque j’ouvre les yeux, je mets un moment à me rappeler

que je suis dans la chambre de Cosme. C’est vrai que j’ai

abandonné la soirée d’hier pour me réfugier ici. Et vu l’heure tardive, j’ai dormi là plutôt que de rentrer à la maison. Ça devient une habitude. Je squatte souvent chez lui. Plus les semaines passent et plus nous sommes proches. Ce mec, que je ne pouvais pas blairer il y a encore un an et que je faisais chier dès que je le croisais, est désormais indispensable à mon équilibre. Il est le seul à qui je réussis à me con er. Même avec Arthur, je n’arrivais pas à parler aussi librement. J’attrape mon téléphone qui traîne sur le sol de la chambre et je lance un coup d’œil sur mes noti cations. Plusieurs messages de nanas sur Tinder et un SMS de Wesley.

[Ne me dis pas que tu as préféré nir la soirée chez ton nouveau pote

plutôt que de continuer à faire la fête avec nous ?]

Je soupire. Wesley n’apprécie pas vraiment Cosme. À vrai dire, les mecs de l’équipe ont du mal à comprendre comment nous avons pu devenir amis, lui et moi. Moi-même, je me pose encore cette question. C’est vrai que rien ne nous prédestinait à nous rapprocher.

[Qu’est-ce que ça peut te foutre ?]

[Tu es pas le genre à te barrer des soirées comme ça, c’est tout.]

[C’est pas de ma faute si tu as invité que des connards… J’ai préféré

jouer à la console avec mon nouveau pote comme tu dis !]

[C’est toi le connard !]

Je souris malgré moi avant de me tourner vers Cosme, encore endormi. Il a viré le drap qui recouvrait son corps et je me retiens de lui chatouiller le ventre. Je sais qu’il est hyper sensible. Son torse pâle et mince ressemble à celui d’un ado prépubère. Il est si n. Comparé à moi, on dirait un môme.

— Pourquoi tu me regardes ?

Il a ouvert les yeux sans même que je le remarque. Ses prunelles claires me xent, encore ensommeillées.

— Tu as l’air d’un farfadet, plaisanté-je.

— Petit con, va, proteste-t-il. T’es réveillé depuis longtemps ?

Je secoue la tête.

— Il y a une dizaine de minutes. T’as bien dormi ?

— Oui, comme un bébé ! s’exclame-t-il en bâillant. Mais je serais bien resté davantage au lit. On s’est couché hyper tard hier.

— C’est clair ! Désolé d’avoir squatté comme ça d’ailleurs. Je me suis imposé.

C’est vrai que je ne lui ai pas trop laissé le choix. Mais Cosme n’est pas du genre à me virer. Il sait qu’en ce moment j’ai besoin de lui. Depuis que j’essaie d’arrêter de boire, ou en tout cas de réduire, c’est dif cile pour moi. Je ne pensais pas que ce serait si dur. Je ne m’étais pas rendu compte de la place qu’avait prise l’alcool dans ma vie. J’en étais devenu dépendant. J’avais besoin d’être bourré pour me sentir bien.

— T’inquiète, ça m’a fait plaisir ! Allez, c’est le week-end. Je suis sûr que ma mère a fait des pancakes.

— Oh putain, j’adore ta mère ! Je crois que je vais venir dormir ici tous les samedis ! m’écrié-je.

— Si tu veux, mais tu devras passer l’aspirateur. C’est ma corvée imposée, grogne-t-il.

— Pour quelques pancakes, je suis prêt à tout.

Il se redresse et s’étire en bâillant.

— Je vais dans la salle de bains et, après, t’y vas ? me propose-t-il.

— Oui, OK !

Cosme en le son jean et il sort de sa chambre. Je reprends mon téléphone. Wesley m’a écrit un nouveau message.

[T’es vraiment chez Cosme alors ?]

[Bah, oui !]

[T’es nul. Tu ne viendras pas à la soirée de Thomas vendredi

prochain ?]

Je ré échis un instant. Ça ne me tente qu’à moitié. Une fois de plus, je vais devoir résister aux nombreux verres que me proposeront mes potes. D’un côté, je ne veux pas renoncer à toute vie sociale à cause de ça.

[Si, peut-être ! Avec Cosme.]

Bon, je ne lui ai pas encore demandé. Mais il m’a dit hier qu’il serait prêt à m’accompagner si besoin.

[Vous vous quittez plus ! Tu vas en faire ta nouvelle meuf ou quoi ?]

[Ta gueule.]

Je pose mon téléphone en soupirant. Quel con, celui-là ! Mais il n’a pas tort. Je passe tout mon temps avec Cosme maintenant.

— Ça y est, je suis prêt ! À toi !

Il est vêtu d’un jean noir et d’un sweat vert sapin qui fait ressortir ses yeux clairs. Ses cheveux sont encore mouillés et ébouriffés.

— OK. J’y vais !

Je quitte sa chambre et me dirige vers la salle de bains. Après une douche rapide, je me sèche et en le mes vêtements de la veille avant de le rejoindre.

— Bon, on va prendre le petit-déjeuner ? J’ai la dalle ! grogné-je.

— OK.

Nous nous rendons dans la cuisine où ses parents prennent un café en discutant joyeusement.

— Tiens, Ange. Ça fait plaisir de te voir ! Quoi de neuf ? me demande sa mère avec un sourire.

— Pas grand-chose. J’ai pro té de l’hospitalité de votre ls après une soirée pourrie hier. J’espère que je ne vous dérange pas !

— Mais non. C’est une joie de t’avoir à la maison. Installez-vous, je vais vous servir.

Cosme prend place et je m’assois à côté de lui. Elle nous tend deux petites assiettes avec des pancakes dedans.

— Il y a du sirop d’érable, du spéculoos et de la con ture. Faites-vous plaisir !

— Bon, je vais courir ! s’exclame son père avant de déposer un baiser sur les lèvres de sa femme. À tout à l’heure, chérie ! Cosme, cet après-midi, on se fait un saut à la librairie ? J’ai un bouquin à acheter.

— Ça tombe bien. Moi aussi, commente le jeune homme avec un sourire.

J’observe ce tableau familial qui se joue devant moi. Pendant quelques instants, je ne peux m’empêcher de le jalouser. Cosme a tellement de chance : ses parents s’aiment et sont heureux ensemble. Il ne vit pas dans la peur comme moi. Sa mère est épanouie et folle amoureuse de son mari. Ça crève les yeux. Je donnerais tout pour que ma famille ressemble à ça. On en est loin…

— Tu veux du jus d’orange ? me propose mon ami en se servant un verre.

— Non, ça ira. Juste un thé si possible.

— Je te prépare ça, me dit sa mère avec douceur.

Depuis que j’ai passé quasi toutes mes journées d’été ici, elle est adorable avec moi. Toujours souriante, accueillante. Ça fait plaisir ! Elle me rappelle la mère d’Arthur. Il faut dire que Cosme n’a pas beaucoup d’amis. Il m’a avoué que ses parents étaient soulagés de voir qu’il avait en n un pote. Qu’il n’y avait pas que Bonnie dans sa vie. Surtout un mec comme moi : sportif, sociable, dynamique et drôle. Tout le contraire de lui !

— Merci ! souf é-je lorsqu’elle dépose un mug brûlant devant moi. C’est gentil.

— Pas de souci ! Je vous laisse les garçons. Je dois tondre la pelouse et enlever les mauvaises herbes !

— Bon courage ! Et n’hésitez pas si vous avez besoin d’aide, lui proposé-je.

— Avec plaisir, si vous avez un peu de temps après.

Elle disparaît après un dernier sourire et Cosme me fusille du regard.

— Quel fayot ! Tu veux nous imposer une corvée de jardinage ? Sérieusement ?

— Oh, allez ! C’est rien ! Il fait beau. Ça nous fera du bien de prendre l’air.

Il soupire devant mon rictus amusé et secoue la tête.

— Je te déteste, tu le sais, ça ?

— Mais non, tu m’aimes de trop. Je suis ton meilleur pote. En n, le seul d’ailleurs ! me moqué-je.

Il lève les yeux au ciel et croque dans son pancake.

— Bouffe au lieu de te moquer ! Ils sont encore chauds.

Je l’imite et savoure ma première bouchée. Sa mère cuisine à merveille ! Je rajoute une bonne dose de sirop d’érable et continue de dévorer le contenu de mon assiette. Un petit-déjeuner comme ça, c’est exactement ce qu’il me fallait.

— Au fait, vendredi on a une soirée ! l’informé-je. Chez Thomas, un mec de l’équipe.

Cosme esquisse une moue boudeuse. Il n’a pas l’air ravi, mais il acquiesce en haussant les épaules.

— OK. Mais on n’y reste pas longtemps, hein ? Juste quelques heures, histoire de faire acte de présence.

— Oui, nickel. De toute façon, si je ne peux pas picoler, je vais vite me faire chier. On rentrera chez toi et on nira la soirée devant un

lm.

— Ça me va ! approuve-t-il.

Je suis soulagé. J’avais peur qu’il refuse de venir. Ce type d’événement n’est pas son genre. Il déteste les mecs de mon équipe et ne s’est jamais intégré au lycée, mis à part Bonnie et deux ou trois garçons un peu geek. Mais il le fait pour moi. Et ça, ça me touche. Cosme me prouve chaque jour qu’il est un ami digne de ce nom. Pas besoin de blabla. Ses actes suf sent. Il m’écoute, me conseille, me soutient et est prêt à beaucoup de choses pour que je me sente bien. Parfois, je me dis que je ne suis pas à la hauteur de son amitié. Ce mec est un saint par rapport à moi. Je ne fais rien pour lui quasiment.

— Merci, murmuré-je. Sans toi, je crois que je n’y serai pas allé.

— Tu as besoin d’aide pour l’instant, alors, compte sur moi. Je serai là, m’assure-t-il avant de boire une gorgée de son jus de fruits.

J’acquiesce.

— Au fait, tu as réussi à cracker le PC d’Arthur ?

C’est vrai que cela fait plusieurs mois que son ordinateur est ici, chez Cosme. Il y a quelques semaines, il me disait qu’il avait tenté à plusieurs reprises, mais sans succès.

Il grimace et secoue la tête.

— Pas encore, mais je suis proche du but, me dit-il. Au cours d’informatique, j’ai demandé à un mec qui s’y connaît et il va me montrer quelques trucs.

— Génial ! Tyler s’impatiente un peu, je crois. Il ippe que sa mère rentre dans la chambre d’Arthur et se rende compte que le PC a disparu.

— Ne t’en fais pas, je vais essayer de me dépêcher. Je pensais que ce serait plus simple, marmonne-t-il. Dire que j’imaginais être doué.

— Mais tu l’es ! le rassuré-je en riant.

Je lui fais con ance. Il va nir par percer les mystères de ce satané ordinateur et peut-être nous trouver encore quelques sombres secrets sur mon meilleur ami…

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