Getting up together

Marine Conan · Chapitre 21 sur 68

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Getting up together

Chapitre 20

 

 

J Cosme e tente de changer de position dans le lit inconfortable dans

lequel j’ai dormi une courte partie de la nuit. J’ai dû y être

installé à presque quatre heures du matin. Les in rmières se sont relayées toutes les deux, trois heures pour véri er ma tension, mes constantes et savoir si je n’avais pas de maux de tête.

Si bien qu’à à peine onze heures, je suis épuisé et ne rêve que d’une chose : retrouver mon chez-moi et ma couette moelleuse. Malheureusement, j’ai encore quelques jours à supporter à l’hôpital.

J’attends le docteur : il ne devrait plus tarder. Il aura sans doute consulté mon dossier, l’ensemble des résultats des examens que j’ai subis cette nuit, et me dira si je dois en repasser d’autres ou pas. Au moins, cela m’occuperait. Il n’y a même pas la télé !

Ma mère a dormi à côté de moi, dans le fauteuil inconfortable, avant de repartir à la maison me chercher des affaires. Elle m’a dit qu’elle m’aiderait à prendre une douche. Si j’arrive à me lever… Le moindre mouvement me tire une grimace de douleur. L’in rmière m’a laissé sous-entendre que je risquais de souffrir pendant plusieurs semaines.

— Cosme Salinger ?

Un homme d’un certain âge pénètre dans la chambre plongée dans une semi-obscurité. Je n’ai pas demandé aux aides-soignantes d’ouvrir. J’espérais somnoler encore un peu.

— Oui ?

— Je suis le docteur Morales, c’est moi qui m’occuperai de vous.

De nouveau un médecin que je n’ai pas eu la chance de rencontrer depuis mon admission. Cette nuit, j’ai dû en voir deux différents. Un des urgences et un autre spécialisé en traumatologie.

— Mes parents ne vont pas tarder, marmonné-je. Il faudrait peut-être mieux les attendre.

— Effectivement. Si tu veux bien, je vais juste t’ausculter un peu et te poser quelques questions le temps qu’ils arrivent.

J’acquiesce. Une nouvelle fois, on me prend ma tension, mon pouls, et même ma saturation. Il observe en plus de cela mes ré exes et mes pupilles à la lumière de sa torche. Je commence déjà à en avoir marre des examens médicaux. Vivement que je sorte. Je déteste les hôpitaux. Moi qui suis toujours hyper prudent, il a fallu que je m’y retrouve ! À cause d’Ange en plus… Sombre crétin ! Qu’est-ce qui lui a pris d’agir ainsi ? Jouer avec un ingue… Je savais qu’il était débile, mais à ce point… Cela dépasse tout ce que j’ai pu imaginer. Comment a-t-il pu en arriver là ?

Je soupire sans me rendre compte que le regard perçant du docteur ne me quitte pas.

— Vous allez bien ? me demande-t-il. Vous semblez un peu

évreux.

— Non, non… Désolé. Je… Je… J’ai du mal à être patient. D’être bloqué comme ça.

Il m’adresse une moue et hausse les épaules.

— Ce n’est que le début, réplique-t-il. Et encore, vous êtes chanceux. Vu la chute que vous avez faite, vous auriez pu vous en tirer avec des blessures bien plus graves. Vous en êtes conscient, j’espère ?

— Oui, bien sûr. J’aurais pu me briser la colonne.

— Et rester paralysé. Un accident peut parfois avoir des conséquences dramatiques.

— Mais je vais bien, non ? Vous avez dit vous-même que j’étais chanceux.

Au moment où il s’apprête à me répondre, mes parents pénètrent dans la chambre. Dès qu’elle m’aperçoit, les yeux de ma mère se remplissent de larmes. Elle était si inquiète quand elle a débarqué en pleine nuit. Je crois que je ne l’avais vue aussi mal.

— Mon bébé ! s’exclame-t-elle sans même faire attention au médecin.

Elle se précipite vers moi et mon père esquisse un mince sourire en s’approchant à son tour. Ils m’étreignent tous les deux avant de se tourner vers l’homme qui s’est reculé le temps de nos retrouvailles familiales.

— Bonjour, lance-t-il avant de se présenter de nouveau.

Pendant une dizaine de minutes, il expose le dossier à mes parents en les informant de mes diverses petites blessures : une légère fracture du poignet, une entorse à la cheville, une fracture vertébrale et une énorme bosse à la tête. Il indique qu’il va devoir me faire subir une autre batterie de tests demain pour véri er que rien ne s’est dégradé depuis les derniers examens et qu’en fonction des résultats et de mon état, je serais susceptible de sortir dans deux jours. J’espère qu’il dit vrai ! Et surtout que tout ira bien. Je n’ai pas envie de rester ici.

Je me sentirais plus serein à la maison.

— Vous pensez qu’il ne gardera pas de séquelle ?

— Non. Votre ls devrait aller beaucoup mieux d’ici quelques semaines. Cependant, il aura sans doute besoin d’une bonne rééducation chez le kiné. Des massages du dos, mais aussi des exercices pour se remuscler. Il va passer beaucoup de temps allongé.

Je soupire. Je m’en doutais, mais l’apprendre de sa bouche me désole. Moi qui pensais faire du vélo chaque jour durant mes vacances d’été, tout tombe à l’eau… Super planning…

Ma mère, devinant mon désarroi, pose sa main sur mon genou et m’adresse un regard tendre.

— Mon chéri, ça va aller, m’assure-t-elle. Je vais bien m’occuper de toi, tu verras.

— Je ne vais pas m’attarder plus longtemps, annonce le docteur.

Il tourne les talons et avant de quitter la chambre, me jette un dernier coup d’œil.

— À la moindre douleur persistante à la tête, vous me faites appeler immédiatement, d’accord ?

— Oui, bien sûr.

Il claque la porte derrière lui et je repose mon dos contre l’oreiller que ma mère a réajusté. Je me sens épuisé. D’ailleurs, j’ai du mal à garder les yeux ouverts.

— Tu veux qu’on te laisse un peu dormir ? me demande mon père.

Je secoue la tête. Ils sont venus pour moi. Je ne vais pas leur dire de partir quand même.

***

Lorsque je me réveille, ma chambre est baignée de lumière. Maman a dû relever les stores. Mais où sont-ils ? J’ai dû m’endormir. Je tourne la tête : Ange est installé dans le fauteuil, à côté de mon lit, les prunelles closes.

— Qu’est-ce que tu fous là ? grogné-je. Où sont mes parents ?

Il sursaute et ses iris se xent sur moi, perçants. Il met quelques secondes avant de réagir. Sans doute le temps de comprendre où il est et pourquoi il y est !

— Ils en avaient marre de te voir pioncer, ils se sont barrés, me répond le jeune homme avec un léger rictus.

Devant ma mine surprise, il pouffe et secoue la tête.

— Mais non, t’en fais pas, ta petite maman va vite revenir. Elle fait un aller-retour pour te ramener un repas digne de ce nom. Apparemment, tu t’es plaint de la qualité de la cantine.

Je ne m’en souviens même pas. Quand est-ce que j’ai balancé ça ?

— Comment tu vas ? me demande nalement Ange d’une voix plus sérieuse.

Je grimace et hausse les épaules.

— Bof, je survis. Mais je t’avoue que j’ai connu mieux !

— Qu’est-ce que le docteur a dit ? Tu sors bientôt ?

Ange a l’air pressé d’entendre mes réponses. Il doit culpabiliser de me voir dans ce lit d’hôpital, la tête enrubannée et la cheville semi-plâtrée.

— C’est une histoire de quelques jours, pas plus, souf é-je. Je ne garderai pas de séquelle. Juste un mauvais moment à passer. En gros, ils prennent leurs précautions. S’assurer que je n’ai pas un traumatisme crânien. Un truc comme ça.

Je n’ai pas compris tous les mots du médecin. Il a surtout parlé à mes parents. D’ailleurs, je devais déjà somnoler à ce moment. Je ne sais plus. C’est un peu ou. Apparemment, c’est normal. Entre le choc, les médocs et la fatigue, je risque d’avoir quelques petits trous de mémoire.

— OK… Ça me rassure, lâche Ange après quelques secondes d’un silence pesant. J’ai pas dormi cette nuit. À chaque fois que je fermais les yeux, je te revoyais dans ce fauteuil… Je ippais. Putain, Cosme, j’ai eu si peur.

Je baisse la tête, un peu mal à l’aise. Que lui répondre ? En même temps, si je suis là, c’est de sa faute. C’est facile d’être ippé maintenant. Il aurait dû y penser avant de se pointer un ingue sur la tempe !

— Tu peux respirer un coup, c’est bon. Tout va bien. En n, ça ira mieux dans une semaine déjà. Je vais juste devoir faire un peu de rééducation. Mon été est foutu, mais je suis en vie et tu n’auras pas ma mort sur ta conscience. Zen.

J’ai été un peu sec dans ma réponse, mais je ne peux m’empêcher de lui en vouloir pour ce qu’il s’est passé. Il a agi comme un crétin

ni. J’ai encore du mal à comprendre comment il a pu en arriver à

une telle extrémité.

— Je viendrai te voir cet été, m’assure-t-il avant de se lever.

Il fait quelques pas dans la pièce surchauffée et s’approche de la fenêtre pour lancer un coup d’œil à l’extérieur.

— Je suis désolé, je vais devoir y aller. Isma m’attend pour s’entraîner.

— Tu n’as pas à t’excuser, murmuré-je. Tu ne me dois rien, Ange. Je vais bien, tu peux retourner à tes occupations.

Il hoche la tête et se dirige vers la sortie. Il ouvre la porte, et avant de quitter la chambre, se tourne vers moi :

— À bientôt.

— Bon été, me contenté-je de lâcher.

Il disparaît et je soupire. Je ne sais pas comment je dois prendre sa visite ni sa promesse de venir me voir cet été. Se sent-il aussi coupable que ça ? Veut-il alléger sa conscience en passant du temps avec moi pour s’assurer que je vais mieux ?

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