Getting up together

Marine Conan · Chapitre 53 sur 68

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Getting up together

Chapitre 52

 

Cosme

— Je n’ai pas envie d’y aller, grommelé-je. Quelle idée d’organiser une soirée spéciale Saint-Valentin ?

Ange se tourne vers moi, un sweat à la main. Malgré moi, mes yeux s’attardent sur son torse, nu, nement musclé. J’ai le loisir d’en pro ter à de multiples reprises puisque depuis plus de trois semaines, il vit à la maison. Sa mère et sa sœur sont dans le petit chalet que mon père a aménagé de manière impromptue lorsqu’ils ont trouvé refuge chez nous, suite à une énième dispute avec son père. Quand sa mère est rentrée, il l’a convaincue de ne pas rester chez eux et de venir ici. Elle a accepté. Un miracle, selon son ls ! Mais elle a lu la peur dans son regard et surtout, Felicidad lui a raconté qu’il s’en était pris à elle et que, sans son frère, il l’aurait sans doute frappée. Ça a été la goutte de trop dans une carafe déjà bien pleine.

Même si Ange dort dans la chambre d’amis, il squatte souvent dans la mienne pour mater des séries, jouer à la console ou faire nos devoirs ensemble. J’adore cette nouvelle proximité tout autant qu’elle m’effraie un peu. Parce que chaque jour me prouve à quel point ce mec me plaît. Et j’ai peur qu’il nisse par s’en rendre compte. J’essaie de mettre mes sentiments dans un recoin bien tapi au loin dans mon cerveau, mais ce n’est pas évident.

— Allez, ça va être drôle ! Tu vas voir ! s’exclame-t-il en en lant son haut. Les soirées de Roxanne sont toujours incroyables.

— C’est bien parce que c’est toi, souf é-je.

— Tiens, je te prête ma chemise rouge si tu veux.

J’éclate de rire lorsqu’il me la tend. Comme si ça allait m’aller ! Il fait deux tailles de plus que moi !

— Laisse tomber, j’ai de quoi faire !

Je me lève du lit et me dirige vers ma penderie. Après avoir farfouillé un peu, je nis par trouver un pull léger bordeaux. Ça ira très bien avec mon pantalon noir et mes vans ! Je vire mon tee-shirt et mets rapidement le haut avant de me tourner vers lui.

— Voilà ! C’est fait ! Je suis sortable, c’est bon ?

Il s’approche et pose ses mains sur mes épaules pour me regarder. Comme à chaque fois, ce contact me fait frémir. C’est fou. Je n’aurais jamais cru ressentir ça un jour. Quand j’étais avec Bonnie, je n’ai jamais éprouvé ça.

— Le rouge te va bien. T’es canon, m’assure-t-il. Tu vas sans doute repartir avec une Valentine.

Ou un Valentin… Mais ça, je ne peux pas le dire… Il n’y a que Bonnie, qui est au courant. Et Nicholas maintenant. Ce mec avec qui j’ai matché sur l’appli et rencontré quelques jours après est devenu un ami. On se parle presque tout le temps ! Il est vraiment cool ! Je sens bien qu’il aimerait qu’on passe à la vitesse supérieure, mais je ne suis pas prêt. Admettre que j’aime les garçons et sortir avec sont deux choses différentes ! Cela ne se fera pas du jour au lendemain.

— Toi, ta Valentine, c’est Roxanne. Facile. Tu joues à domicile ! plaisanté-je.

— Monsieur se met aux blagues sportives… Je déteins trop sur toi, attention.

Il me tire la joue en riant comme il aime tant le faire avant que je hausse les épaules en soupirant.

— Je m’abaisse juste à ton niveau pour m’assurer que tu comprennes, répliqué-je en lui adressant un clin d’œil.

— Bon, allez, on y va ! s’exclame-t-il.

***

La soirée bat son plein. Nous y sommes depuis plusieurs heures et je me fais chier. Alors, je bois. Roxanne a préparé des litres de cocktail maison : il est délicieux, sucré comme j’aime. Je n’ai pas l’impression que c’est de l’alcool au fond de mon verre. C’est traître.

Dommage que Bonnie n’ait pas pu venir ! Au moins, ça aurait été plus amusant. Ange a vite disparu avec l’hôtesse de la soirée à l’étage. Inutile de me demander ce qu’ils font… Putain, je suis jaloux. Jaloux à l’idée qu’il soit en train d’embrasser une lle, de la toucher, de lui apporter ce que j’aimerais qu’il m’apporte. Un soupir m’échappe. Je dois arrêter de penser à ça ! Je me laisse choir dans un des fauteuils du salon et sors mon téléphone de ma poche avant de pianoter dessus.

[On se voit samedi prochain ?]

Peut-être est-il temps que je me lance ? Au moins, que j’essaie ! De toute façon, je ne peux pas continuer d’éprouver ça pour Ange. Il ne me verra jamais autrement que comme son bon vieux pote, toujours là pour lui. C’est tout.

La réponse de Nicholas ne met pas longtemps avant de me parvenir.

[Avec plaisir ! :)]

Je souris. À lui, au moins, je plais. Il me l’a déjà laissé sous-entendre !

— Cosme ?

Je me tourne vers Ange, qui me rejoint en n. Il s’assoit sur le bras du fauteuil et se penche vers moi.

— Qu’est-ce que t’as ? me demande-t-il. Wes m’a dit que tu faisais que de picoler !

— Rien… Je me fais chier, c’est tout. Alors, je passe le temps comme je peux.

— Bah viens avec nous là-bas, on va se faire une partie de beer-pong ! Et promis, j’ai bu qu’une bière en arrivant, c’est tout.

Je lui souris et acquiesce.

— OK, je te suis.

Pendant plus d’une heure, nous jouons à des jeux à boire stupides, mais je me rends compte que je m’amuse. À moins que l’alcool ingurgité m’aide à me sentir aussi joyeux. Je plaisante avec Ismael et Wesley comme si c’étaient mes potes de toujours ! Je gagne même au beer-pong !

— T’assures, Cosme ! me félicite Roxanne. Tu as dépassé le maître.

Elle me désigne Ange d’un signe de tête avec un petit sourire. J’ai cru comprendre qu’elle était amoureuse de lui, même si elle avait appris à se contenter des miettes qu’il lui laissait. Pauvre lle. Encore une qui espère recevoir le grand amour de la part du Mexicain ! Un peu comme moi… Sauf que je ne me berce pas d’illusions. Il n’y a rien à attendre de lui.

Il arrive près de moi et m’agrippe par l’épaule.

— On y va ? me dit-il dans l’oreille. Ça me saoule de pas pouvoir picoler autant que les autres. Je suis plus dans l’ambiance, ça y est.

Je pose mon regard sur lui. Ses prunelles sont voilées. Je le connais maintenant, je sais ce que ça signi e. Il n’est pas bien. Il est beaucoup plus fragile qu’il ne veut le montrer.

— OK, allons-y !

Je lui attrape le bras et nous saluons rapidement les gens qui tentent de nous retenir. Une fois dehors, dans la rue, nous faisons quelques pas. Le brouhaha de la soirée s’estompe. Mais je me sens encore euphorique. Je me tourne vers lui et lui souris.

— Ça va mieux ? lui demandé-je en m’approchant de lui.

Il hausse les épaules.

— Je ne sais pas trop, souf e-t-il. J’ai envie de redevenir comme avant. Pouvoir picoler un peu, m’amuser sans craindre de vriller dès que j’ai trop d’alcool dans le sang.

Il marque une courte pause avant de reprendre :

— Regarde, tu as bu je ne sais combien de verres et ça te réussit. Tu as été hyper sociable, drôle, de bonne humeur…

— Dis tout de suite que je ne suis pas drôle d’habitude !

Il laisse échapper un ricanement et secoue la tête.

— Y a que Bonnie et moi que tu fais rire, mon pauvre Coco, se moque-t-il.

— Tant que je t’amuse, ça me va. Je m’en fous des autres…

Son regard se fait plus sérieux et il me dévisage soudain avec surprise. Mais avant qu’il ne puisse répliquer, je plaque mes lèvres contre les siennes. C’est plus fort que moi. Ça échappe à mon contrôle. Mes bras se nouent autour de son cou quelques secondes et je laisse ma langue glisser dans sa bouche à la rencontre de la sienne. Sauf qu’il nit par me repousser, incrédule.

— Cosme… Qu’est-ce que tu fous ? s’écrie-t-il. Merde, tu m’as embrassé. Tu m’as roulé un patin !

Je m’écarte vivement. Bordel, qu’est-ce que j’ai fait ? Je dois avoir les joues cramoisies.

— Je… Désolé, je… J’ai trop bu, bafouillé-je.

Il pouffe en levant les yeux au ciel.

— Je sais que je suis irrésistible, mais tu t’es trompé de personne. C’est plutôt la petite Lucy que tu aurais dû embrasser. Elle t’a bouffé du regard toute la soirée.

J’ai envie de hurler. De lui dire toute la vérité. Que c’est lui que je veux, lui qui m’attire. Que ce baiser, ce n’était pas une erreur ni l’alcool. Juste mon corps qui parlait, mon cœur aussi. Parce que ce que je ressens à cet instant est indescriptible. J’ai l’impression d’avoir les jambes en coton. Des papillons dans le ventre. Un simple contact sensuel, quelques secondes à peine, et me voilà comme dans une foutue comédie romantique. Je crève déjà de goûter de nouveau à ses lèvres. Merde. Comment je peux oublier ce mec ? Alors qu’on vit ensemble, que je passe mon temps avec lui. Et de toute façon, je suis incapable de m’éloigner de lui.

— Tu devrais boire plus souvent, ajoute-t-il, les yeux rieurs. Ça te réussit plutôt bien de te lâcher comme ça.

— Tu ne m’en veux pas ? osé-je demander.

— Mais non. On fait tous des conneries avec l’alcool. Surtout que tu n’as jamais autant picolé que ce soir.

Il passe son bras autour de mon épaule et se penche vers moi :

— En tout cas, je me souviendrai de cette Saint-Valentin : premier baiser avec un mec.

Il pouffe de nouveau. Pour lui, ce n’est rien d’autre qu’un geste lié aux cocktails. Il ne se doute pas que c’est plus que ça.

— Ange ? chuchoté-je.

— Quoi ?

Il attrape les clés de sa voiture et ouvre la porte. Planté devant lui, j’hésite quelques instants avant de secouer la tête.

— Non, rien. Laisse tomber. Je crois que je ne boirai jamais plus comme ça, marmonné-je. J’ai juste envie d’aller me coucher.

Il acquiesce et m’aide à monter dans le véhicule.

Une fois arrivé, il me raccompagne dans ma chambre et je m’allonge dans le lit, tout habillé. C’est lui qui me retire mon pull et mes chaussures. Il pose la couette sur moi avec un petit sourire.

— Ça va aller, la Belle au Bois dormant ? Tu peux te plonger dans un bon sommeil réparateur, maintenant.

J’acquiesce et mes yeux cillent tandis que je lâche un soupir d’aise.

— Je t’aime, Ange, murmuré-je avant qu’il ne quitte la chambre.

M’a-t-il entendu ? Aucune idée. Les bras de Morphée m’attirent à eux bien trop vite pour m’en rendre compte. Le bruit de la porte qui se referme ne me parvient même pas aux oreilles.

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